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dimanche 10 mai 2026

Fraude aux fonds européens : où va l’argent des contribuables ?

Temps de lecture : 3 minutes

L’UE est devenue une telle machine de redistribution qu’elle alimente les fraudes à hauteur de plusieurs dizaines de milliards d’euros chaque année. C’est ce que confirme le rapport annuel du Parquet européen (EPPO). Au total, l’EPPO mène 3 602 enquêtes actives. Il en a ouvert 2030 en 2025, soit 35 % de plus que l’année précédente. Le préjudice est évalué à 67,27 milliards d’euros (à titre de comparaison, le budget 2021-2027 de l’administration publique européenne est de 82,5 milliards).

Le Parquet européen distingue plusieurs catégories d’infractions : fraudes aux recettes (TVA, douanes), fraudes aux dépenses liées ou non aux marchés publics (agriculture, infrastructure et développement urbain, éducation, santé, affaires sociales…), participations à des organisations criminelles, blanchiment d’argent, corruption… En valeur, les fraudes à la TVA et aux droits de douane représentent presque les deux tiers des dommages financiers (plus de 45 milliards d’euros), mais en volume, il y a presque 2,5 fois plus d’enquêtes de fraudes aux dépenses qu’aux recettes.

Selon la procureure européenne Laura Codruța Kövesi, ces chiffres sont appelés à augmenter dans les prochaines années, à mesure que les enquêtes progressent et que de nouveaux mécanismes de fraude sont identifiés.

Plans de relance, subventions, marchés publics : les guichets de la fraude

Les pays les plus impliqués dans les enquêtes ne sont pas forcément ceux qui causent le plus de dommages financiers. En volume, l’Italie arrive largement en tête (991 enquêtes), suivie par l’Allemagne (361) et la Bulgarie (267). En valeur, l’Italie domine toujours (28,71 milliards d’euros), loin devant la Roumanie (6,05 milliards) et la France (5,94 milliards).

Les fraudes concernent de nombreux programmes européens. Le plan de relance NextGenerationEU, lancé pendant la pandémie de Covid-19, est aujourd’hui l’un des principaux terrains d’enquête : 518 dossiers étaient en cours à la fin de l’année 2025. L’écrasante majorité est directement liée à l’instrument financier de NextGenerationEU, appelé la « facilité pour la relance et la résilience » (FRR). Ils représentent environ 21 % des enquêtes pour fraude aux dépenses européennes, pour plus de cinq milliards d’euros de dommages. Ce chiffre n’est pas surprenant : la FRR subventionne de nombreux domaines comme la santé (prescriptions illégales, fraudes au remboursement de dispositifs médicaux), l’environnement (fraudes aux subventions de panneaux photovoltaïques), les entreprises (fraudes aux crédits d’impôts à travers de fausses sessions de formation)…

Même chose pour les programmes agricoles. En 2025, le Parquet européen a arrêté 37 suspects impliqués dans de la fraude aux subventions à grande échelle et dans du blanchiment d’argent, dont le dommage est estimé à 19,6 millions d’euros. Selon un rapport de la Cour des comptes européenne, 10,9 % des irrégularités signalées comme frauduleuses entre 2016 et 2020 relevaient de la politique agricole commune (PAC), pour un total de 226,5 millions d’euros. Liens entre entreprises non communiqués, bénéficiaires inéligibles sollicitant des aides, falsification de documents, simulation d’activités… Pour la Cour, ces chiffres ne donnent toutefois pas « une image complète du niveau de fraude détectée dans les dépenses financées par l’UE ».

Enfin, d’autres affaires visent également des dispositifs nationaux partiellement financés par des fonds européens, tels que MaPrimeRénov’ pour la rénovation thermique des logements et des bâtiments. En France, un dossier doit être jugé prochainement en vertu de la procédure ci-dessous décrite : le Parquet européen, qui a relancé l’enquête en 2023, soupçonne un détournement de plus d’un million d’euros.

Redéfinir le périmètre d’intervention de l’UE pour attaquer le mal à la racine

Créé en 2021, le Parquet européen est implanté dans 24 pays membres, via des procureurs européens délégués, pour lutter contre la fraude aux fonds européens et traduire, devant les juridictions nationales, les auteurs d’infractions pénales portant atteinte aux « intérêts financiers de l’Union ». Cette expression pose problème dans la mesure où elle sous-entend que l’UE serait une entité supérieure aux membres qui la composent, alors qu’en pratique, c’est bien l’argent des citoyens européens (donc des citoyens de chacun des États membres) qui est détourné et leurs intérêts qui sont bafoués.

Il ne s’agit pas seulement d’un problème de prévention et de répression : si autant d’argent est détourné, c’est aussi parce que l’UE étend toujours plus son domaine de compétences et crée des incitations qui favorisent la recherche de rente. Cette évolution confirme certaines critiques formulées depuis longtemps à l’égard de l’intégration européenne. Les compétences partagées entre l’UE et les États membres couvrent désormais des secteurs aussi variés que le marché unique, l’emploi, l’agriculture, l’environnement, les transports, l’énergie, la santé… Toutes les craintes de Margaret Thatcher se sont ainsi réalisées : l’UE est devenue une superstructure bureaucratique, une sorte de super-État qui légifère et réglemente tous azimuts, en contradiction totale avec l’idée d’un organe aux compétences encadrées. C’est pourquoi la lutte contre la fraude ne peut se limiter au renforcement des instruments répressifs. Elle suppose de réexaminer le périmètre d’intervention de l’UE et la logique de redistribution massive qui accompagne l’extension de ses compétences. Car tant que l’Europe restera une machine à subventions et à programmes publics, elle continuera d’offrir aux fraudeurs un terrain particulièrement fertile.

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11 réponses

  1. Apres cela, les français doivent comprendre que l’Europe les mène dans le mur. La France n’a pas besoin de cette Europe, elle a des atouts uniques que lui vole cette Europe. Il lui suffit de se débarrasser du communisme rampant qui la détruit en virant une classe politique corrompue par le clientellisme et le carrierisme.
    Un espoir apparaît: Reconquete avec Sarah Knafo. La politique honnête existe nous venons de la rencontrer.

    1. Vous parlez de l’Europe, mais c’est bien de l’UE dont il est question ici. Au passage, Thatcher était pro européenne.

    2. L’Europe à bien besoin d’un coup de réformes. Mais mettre sur le dos de l’UE les problèmes français comme le font Reconquête, le RN et les Philippe de Villiers c’est se qui va envoyer la France dans le mur. Plusieurs pays de l’UE se portent pas si mal.

  2. En 1992, j’avais eu un entretien à titre privé avec un homme politique à propos de travaux relatifs à des projets et une réflexion de sa part m’avait marqué. A un moment de la conversation, il me dit en parlant de l’Europe (institution): « Il y a de l’argent à prendre » ce qui dénotait clairement la façon dont nombre de politicards considèrent l’institution européenne. D’ailleurs, lui-même avait fait financé par la même institution un projet pour une somme importante et qui n’a servi à rien sinon à partiellement remplir ses poches et le faire bien voir localement !

  3. C’est une bonne nouvelle :
    Les principes généraux de l’économie sont respectés, à savoir que l’économie planifiée génère systématiquement de la fraude et de la corruption.
    Il est normal que les escrocs de tous poils cherchent à en bénéficier et qu’ils se multiplient.
    Faut-il que nos concitoyens honnêtes soient bêtes pour ne pas s’en rendre compte !

  4. La TVA n’est pas récupérable par l’UE, mais par les Etats européens et la fraude à la TVA, rien qu’en France, représente plusieurs milliards chaque année. C’est valable pour ce que nous consommons en interne, comme pour tout ce que nous importons. L’Europe n’a rien à voir là-dedans et sa caisse est alimentée par les droits européens. Alors accuser l’Europe et lui faire un procès en y fourrant pêle-mêle droits et taxes dans sa bosse n’est pas honnête. Et sans l’Europe, que pèserait la France devant ces mastodontes que sont les USA, la Chine, l’Inde et autres ? le village d’Astérix, mais sans potion magique. Et combien de siècles a t-il fallu pour construire la France ? Alors cracher sur l’Europe qui n’a que quelques décennies, c’est faire preuve d’immaturité ou peut-être d’impatience… Les râleurs bien souvent ne sont pas des bâtisseurs.

    1. Fermer les yeux n’a jamais sauvé personne! Ce sont les dérives de l’UE qui sont dénoncées, il faut revenir à une Europe des nations. Ursula et la commission outrepassent leurs prérogatives!

  5. A la fraude nationale s’ajoute la fraude européenne. Le contribuable gagne sur les deux tableaux…

  6. Normal que l’UE (les contribuables de cette union)soit victime d’une fraude colossale, chaque état participant y a placé ses recalés aux élections nationales et autres magouilleurs corrompus pris la main dans le sac

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