Google a publié il y a quelques jours deux annonces qui, mises côte à côte, valent mieux que quinze ans de contentieux. La première : son programme de licence « News AI » compte désormais plus de 400 publications dans le monde, que Google rémunère pour l’usage de leurs contenus. Parmi les derniers entrants, Axios, CNN, le Financial Times et Forbes, ainsi que des titres locaux américains comme le Texas Tribune, le Post and Courier ou Oil City News. La seconde : Google a nettement augmenté le nombre de liens dans ses réponses générées par l’intelligence artificielle, et les place plus haut dans la page. Autrement dit, la firme paie des journaux qu’aucun texte ne lui impose de payer, et remet les liens que ses propres résumés automatiques avaient fait disparaître.
Il ne s’agit évidemment pas de philanthropie. Les réponses de Google sont fabriquées à partir des pages qu’il indexe : si les sites cessent de publier, il perd la matière dont il fait ses résumés, et contrairement aux assistants conversationnels, qui ne renvoient presque personne vers les sites, il ne peut pas se permettre de laisser le web se vider. Google a besoin des médias, et les médias ont besoin de Google.
Comparons maintenant avec la méthode française. Ces dernières années, Google a dû payer en France 500 millions d’euros d’amende en 2021 et 250 millions en 2024, soit 750 millions encaissés par le Trésor public et non par les journaux, auxquels s’ajoutent les droits voisins versés aux éditeurs, estimés à 25 ou 30 millions par an pour la presse quotidienne et régionale.
Au titre des droits voisins, Google paye pour afficher un extrait et un lien : l’éditeur touche de l’argent, mais le moteur a désormais intérêt à citer moins, voire à ne plus citer du tout. Le programme annoncé le 15 octobre fait l’inverse : l’éditeur fournit un contenu enrichi, Google le paie pour cela, et chacun obtient ce qu’il cherchait, une matière exploitable pour l’un, de l’argent et des liens vers ses pages pour l’autre.
Ces initiatives plaident pour la concurrence. Ce qui a fait bouger Google en octobre, ce n’est pas une amende : c’est l’apparition d’assistants comme ChatGPT, Perplexity ou Copilot, qui répondent à la question posée mais sans renvoyer vers les sites. La meilleure protection de la presse n’est donc pas la bienveillance du moteur, ni les sanctions prononcées contre Google, mais l’existence de concurrents crédibles, ce que la réglementation devrait favoriser au lieu de punir et d’organiser le partage d’une rente.
Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral
Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel
Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.