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jeudi 22 octobre 2026

Google paie 400 titres de presse et augmente les liens sans qu’aucune loi ne l’y oblige

Temps de lecture : 2 minutes

Google a publié il y a quelques jours deux annonces qui, mises côte à côte, valent mieux que quinze ans de contentieux. La première : son programme de licence «  News AI  » compte désormais plus de 400 publications dans le monde, que Google rémunère pour l’usage de leurs contenus. Parmi les derniers entrants, Axios, CNN, le Financial Times et Forbes, ainsi que des titres locaux américains comme le Texas Tribune, le Post and Courier ou Oil City News. La seconde : Google a nettement augmenté le nombre de liens dans ses réponses générées par l’intelligence artificielle, et les place plus haut dans la page. Autrement dit, la firme paie des journaux qu’aucun texte ne lui impose de payer, et remet les liens que ses propres résumés automatiques avaient fait disparaître.

Il ne s’agit évidemment pas de philanthropie. Les réponses de Google sont fabriquées à partir des pages qu’il indexe : si les sites cessent de publier, il perd la matière dont il fait ses résumés, et contrairement aux assistants conversationnels, qui ne renvoient presque personne vers les sites, il ne peut pas se permettre de laisser le web se vider. Google a besoin des médias, et les médias ont besoin de Google.

Comparons maintenant avec la méthode française. Ces dernières années, Google a dû payer en France 500 millions d’euros d’amende en 2021 et 250 millions en 2024, soit 750 millions encaissés par le Trésor public et non par les journaux, auxquels s’ajoutent les droits voisins versés aux éditeurs, estimés à 25 ou 30 millions par an pour la presse quotidienne et régionale.

Au titre des droits voisins, Google paye pour afficher un extrait et un lien : l’éditeur touche de l’argent, mais le moteur a désormais intérêt à citer moins, voire à ne plus citer du tout. Le programme annoncé le 15 octobre fait l’inverse : l’éditeur fournit un contenu enrichi, Google le paie pour cela, et chacun obtient ce qu’il cherchait, une matière exploitable pour l’un, de l’argent et des liens vers ses pages pour l’autre.

Ces initiatives plaident pour la concurrence. Ce qui a fait bouger Google en octobre, ce n’est pas une amende : c’est l’apparition d’assistants comme ChatGPT, Perplexity ou Copilot, qui répondent à la question posée mais sans renvoyer vers les sites. La meilleure protection de la presse n’est donc pas la bienveillance du moteur, ni les sanctions prononcées contre Google, mais l’existence de concurrents crédibles, ce que la réglementation devrait favoriser au lieu de punir et d’organiser le partage d’une rente.

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