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mardi 9 juin 2026

Grands travaux mitterrandiens : tout s’écroule, même et surtout la BNF

Temps de lecture : 2 minutes

François Mittterrand brocardait « l’héritage » de Giscard, mais les conséquences délétères de ses deux septennats continuent à se faire sentir.

François Mitterrand aura à peu près tout raté en tant que chef de l’État. Mais ce qui est longtemps passé inaperçu, ou peu s’en faut, ce sont les incidences des « grands travaux » qu’il a cru devoir mener en héritier mégalomane des monarques absolus, avec l’aide de son ministre de la Culture, l’inénarrable Jack Lang.

Ces dernières années, la presse a mis en exergue les coûts d’entretien et de réparation des colonnes de Buren, de l’Arche de la Défense ou de la Pyramide du Louvre, entre autres. Le Parisien (« La Bibliothèque Mitterrand risque de fermer les portes ») s’est intéressé à la Bibliothèque François Mitterrand (BNF), après que Le Canard enchaîné eut soulevé le lièvre.

En effet, le dernier schéma pluriannuel de stratégie immobilière de la BNF s’alarme de l’état de dégradation de l’énorme bâtiment de 365.000 m2 dans le XIIIe arrondissement de Paris : fuites répétées ; installations de chauffage, de ventilation et d’électricité vétustes ; non-conformité aux normes des personnes à mobilité réduite. En cause un « retard d’investissement historique, aggravé par l’absence de rénovation majeure depuis l’ouverture du site en 1995 ». Le dernier schéma fait état de 55 % d’équipements « en état critique ». Les usagers et les inévitables syndicalistes CGT pointent du doigt l’absence de fonctionnement des ascenseurs extérieurs ; celle des lampes, ce qui oblige certains lecteurs à venir avec « leurs propres lampes frontales » ; ou encore la coupure du chauffage en hiver dernier par mesure d’économie, ce qui a obligé les lecteurs à venir en doudoune et l’administration à distribuer des polaires au personnel (Franceinfo, 7 mai 2026) !. Mais pour le directeur général de l’établissement, tout va très bien, Madame la marquise : « un bâtiment bien conçu qui vieillit bien » !

Rappelons que la dotation annuelle du ministère de la Culture pour la BNF s’établit à la bagatelle de 240 millions d’euros et que le directeur général de la BNF en affecte seulement 6 à 7 à l’entretien. Petit problème : le schéma pluriannuel évalue les frais de rénovation sur 25 ans à… plus de 500 millions d’euros ! Oui, vous avez bien lu : un demi-milliard d’euros ! Un rapport sénatorial sur l’immobilier de la BNF devrait prochainement être rédigé et publié.

Dès lors, que faire, comme aurait dit le camarade Lénine ? Peut-être faudrait-il laisser la BNF se dégrader plus encore avant qu’elle ne s’écroule et sanctifier le lieu en cimetière du socialisme français ?

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14 réponses

  1. J’ai eu l’occasion de travailler à l’Est après la chute du socialisme… c’était un peu comme cela… des grands bâtiments lugubres sans lumière ni chauffage… mais « tout va très bien madame la marquise »… je crois que la différence est que les gens de l’Est avaient au moins un certain romantisme que nous n’avons même plus… le Parisien socialo-gauchiste avec sa lampe frontale et sa doudoune dans la bibliothèque de Tonton-la-Francique me fatigue… et bien le bonjour aux « barragistes » qui ont prévu de voter Mélenchon parce-que le RN est de gauche. On pourra bientôt se servir de la BNF comme décor historique pour tourner des films sur les soviétiques, ah ah ah !

  2. 500 millions sur 25 ans, ça fait 20 millions par an sur la période, ça ne me paraît pas disproportionné par rapport à la dotation annuelle que vous indiquez, par contre c’est plus de 3 fois plus que les 7 millions alloués à l’entretien. Ça me fait penser au Louvre. Les directeurs de ces établissements seraient-ils incompétents ? Et leur mode de sélection et de désignation inapproprié ? Voire le statut de ces établissements, qui devrait être celui d’une entreprise, avec des obligations de résultats.

    1. Je me suis fait la même remarque ; en fait les patrons de ces établissements culturels sont choisis pour leurs compétences disciplinaires et sont effectivement incompétents en gestion immobilière…

  3. Les manipulateurs de gauche ont réussit à donner le nom de ce malfaiteur collabo notoire à près de 400 lieux publics en France.
    Il serait temps de les débaptiser.

  4. mitterrand et attali n’auront pas raté la destruction de la France . Dans ma ville une place porte le nom de mitterrand , quelle honte !

  5. 240 millions d’euros de dotations et 6 à 7 millions pour l’entretien. Reste 233 à 234 millions. Comment sont-ils dépensés ? Que représentent les charges de personnel ? Les achats de livres et documents, les abonnements ? Et le solde ?

  6. L’immense réussite de Mitterrand est d’avoir initié le déclin de la France avec l’introduction des 35 h de travail hebdomadaire qui a posé tant de problème d’organisation à toutes les entreprises qui fonctionnaient en 3X8
    Diminution symbolique du temps de travail marquant le début de la décadence et de l’ère des loisirs dont le pays ne saura plus jamais s’extirper !

    1. Les 35 heures, c’était Jospin sous Chirac, entre 1997 et 2002. Mitterrand n’était plus ni au pouvoir, ni en vie à ce moment là. Il a eu bien des tares, mais pas celle-là, vous pouvez par exemple lui reprocher les 39 heures (Mauroy, 1982), la 5e semaine de congés payés ou la retraite à 60 ans. Ça, c’est lui.

    2. Vous devez confondre avec la retraite à soixante ans. Les trente-cinq heures ont été voté sous Jospin, pendant le septennat de Jacques Chirac.

  7. Tout comme Macron, l’ambition de Mitterand était d’être Président de la République, pas de bien gouverner la France.

  8. Dotation : 240 millions/an dont 6 à 7 millions pour entretien. Comment se décomposent les autres postes de dépense ?

  9. C’est un problème majeur. Nous avons le même au Québec, quoique l’on ait parlé chez moi de routes défoncées, d’écoles et hôpitaux qu’il faudra bientôt démolir parce qu’elles risquent de s’effondrer sur les gens qui y sont. Malheureusement, le sous entretien des structures -incluant infrastructures- ne se voit guère avant que l’ensemble de la structure commence sérieusement à ne plus trop bien fonctionner. Et les gens, règle générale, ne pensent pas à cette nécessaire quoiqu’invisible fonction d’entretien des infrastructures. Alors, les responsables mettent une bonne partie de l’argent nécessaire à l’entretien dans des choses susceptibles de plaire à court terme aux lobbies divers, sacrifiant rapidement la structure aux exigences des uns et des autres.
    La durée de vie optimale d’une structure est délicate à estimer, parce qu’elle dépend de quantité d’hypothèses, dont la valeur temps de l’argent et le coût annuel d’entretien. La durée de vie est atteinte quand le coût de maintien d’une année supplémentaire dépasse ce qu’il nous en coûtera pour la reconstruire.
    Pour la BNF, le montant à dépenser pour augmenter la durée de vie de 20 ans est à peu près égal à ce qu’il en couterait pour la reconstruire. Mettre en place des méthodes d’entretien préventif dès le départ aurait couté moins cher, de l’ordre de 200 à 350 millions d’euros sur une vie de 50 ans.

  10. La France est le dernier pays socialiste de l’Europe. Les autres sont vaccinés et en particulier ceux qui ont vécu le « paradis sur terre des travailleurs » qu’était le bloc de l’Est sous la férule de l’URSS.
    Le résultat:
    – Baisse spectaculaire du niveau de vie (quiconque voyage en Europe peut le constater aisément)
    – Dégradation non moins spectaculaire de tous les services publics (on connaît tous la liste)
    – Absence d’investissement industriel (dénigrement du capitalisme et refus des fonds de pension)
    – Retraites à discrétion de l’Etat (taux de remplacement du revenu de moins de 60% du fait du système par répartition ruiné; on peut le comparer aux 90% du système néerlandais qui a introduit près de deux tiers de capitalisation).

    Quand est-ce qu’on décide de changer et d’adopter des réformes libérales ?

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