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jeudi 15 janvier 2026

François Mitterrand : 30 ans après sa mort, l’héritage lourd d’un État hypertrophié

Temps de lecture : 2 minutes

Il y a trente ans, le 8 janvier 1996, disparaissait François Mitterrand, premier président socialiste de la 5ème République. Pour beaucoup de ses admirateurs et successeurs, comme François Hollande ou Jean-Luc Mélenchon, il reste associé à l’abolition de la peine de mort et à plusieurs projets présidentiels. Il faut respecter sa mémoire, mais il est impossible de faire l’impasse sur son passage à l’Elysée, dont les conséquences pèsent encore lourdement sur la prospérité de la France.

L’élection du 10 mai 1981 marque une rupture brutale. Entre 1950 et 1980, le niveau de vie des Français avait triplé, porté par le développement industriel et les réformes de marché. À son arrivée, Mitterrand, à contre-courant des libéralisations menées par Thatcher et Reagan, met en œuvre le Programme commun avec les communistes. Il nationalise de nombreuses banques et plusieurs grands groupes industriels, tout en élargissant considérablement le rôle de l’État. Ainsi, la dépense publique passe de 48 % du PIB en 1980 à 56,1 % en 1995, la dette publique de 20,7 % à 55,5 % du PIB (soit une augmentation de 175 %), et les prélèvements obligatoires de 39,9 % à 42,3 % du PIB.

Les conséquences économiques sont immédiates. Entre 1981 et 1984, le franc a connu une perte de valeur de 100 % face au dollar et de 50 % face au mark, obligeant Jacques Delors, alors ministre de l’Économie, de dévaluer le franc trois fois. Sous les deux septennats de Mitterrand, le taux de chômage est passé de 5,1 % en 1980 à 9,6 % en 1995. Le pouvoir d’achat réel moyen a également baissé, une première depuis la Seconde Guerre mondiale.

Dans l’éducation, les réformes égalitaristes affaiblissent durablement l’école, avec une hausse de la dépense intérieure d’éducation (DIE) de 6,6 % du PIB en 1980 à 7,8 % du PIB en 1995. Le rapport Legrand de 1983 impose l’égalitarisme au détriment de l’excellence, contribuant à produire des générations moins performantes sur le marché du travail.

La fiscalité est multipliée, avec notamment des taxes sur l’essence et le téléphone ou encore la création de l’IGF (Impôt sur les grandes fortunes, ancêtre de l’ISF). La fonction publique explose, avec une augmentation d’environ 14 % du nombre de fonctionnaires entre 1980 et 1995 (de 3,9 millions à 4,45 millions). L’État devient hypertrophié, comme le soulignait Jean-François Revel : « un régime de concupiscence, de dilapidation et de corruption ».

Sur le plan social, Mitterrand impose la retraite à 60 ans. Mais lui-même admet, à la télévision, que « Le danger (des retraites) n’est pas pour aujourd’hui il est pour après l’an 2000 […] Je pense que ce seront mes successeurs qui auront à s’en occuper ».

La France après Mitterrand reste largement endettée, avec un chômage structurel élevé, des dépenses publiques record, un système éducatif affaibli. À côté de cela, François Mitterrand fut un politicien-stratège, mais aussi un idéologue de l’étatisme, laissant une France moins libre, plus rigide, plus dépendante de l’État que lorsqu’il l’a trouvée.

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32 réponses

  1. N’oublions jamais que Mitterrand a organisé la répression en Algérie et fleurissait fidèlement la tombe de Pétain… voilà pour la « gauche morale »…

  2. « une perte de valeur de 100% face au dollar » me fait penser à Trump annonçant des baisses de 500% sur les médicaments : tout aussi mathématiquement faux, le franc n’ayant pas perdu toute sa valeur

    1. Il fallait comprendre une division par deux du franc face au dollar (celui ci est passé de 5 Francs à 10 Francs à cette période) avec des conséquence lourdes sur les importations.

  3. Ce litteraire prétentieux, manipulateur, imbu de lui même, collabo notoire, est responsable de pratiquement tous les maux qui détruisent la France d’aujourd’hui. On a donné le nom de ce malfaiteur à près de 400 lieux publics en France !
    Savez vous combien de lieux publics portent le nom de Jacob Perkins, inventeur du groupe frigorifique moderne qui permet la conservation des aliments, la climatisation, le chauffage à faible consommation etc. un bienfaiteur de l’humanité ?
    Réponse: Zéro!
    Il est pourtant le sauveur de milliards d’individus. Il aurait mieux fait d’écrire un bouquin…
    Je demande que tous les lieux publics portant le nom de « François Mitterand » soient rebaptisés « Jacob Perkins ».

    1. Bravo, Mitterrand restera dans ma tête de jeune mère de famille, celui qui nous a mis dans les premières difficultés financières… Le premier fossoyeur de la République..

  4. La phrase convenue « il faut respecter sa mémoire » a le don de me hérisser le poil. Au nom de quoi la mémoire de ce sinistre et catastrophique personnage devrait elle être respectée ?

    Outre le terrible passif indiqué dans l’article, il faut y rajouter l’implication décisive pour l’adoption du traité de Maastricht, fossoyeur de notre souveraineté et mettant en place cette aberration qu’est l’Euro.

    On peut y aussi rajouter la montée savamment orchestrée du FN et de l’antiracisme, piège qui empoisonne la vie publique encore aujourd’hui et qui empêche, entre autres, tout débat serein sur l’immigration.

    Il faut également rappeler que, par son action auprès des communistes pendant les années 70, FM a empêché tout « Bad Godesberg à la française » et arrimé le PS au marxisme le plus archaïque.

    Il faut enfin y rajouter les nombreuses affaires de favoritisme, de népotisme, de prévarication et de corruption, affaires qui ont fini par « normaliser » l’idée que tous les moyens étaient bons. Sans parler des décès suspects.

    Et j’en oublie.

    Bref, son action politique, tout au long de sa vie, a été un désastre pour la France. Pas de quoi respecter sa mémoire.

    1. En tant que libéral, j’estime que le débat politique exige le respect de tous, y compris de nos adversaires idéologiques. À mon sens, pour élever le niveau du débat public, nous ne devons pas salir ni insulter la mémoire de nos opposants, comme le fait actuellement une partie de la gauche avec Brigitte Bardot, mais nous en tenir aux faits.
      Bien évidemment, mon opinion reste discutable.

      1. Point de vue éminemment respectable.
        Mais je ne salis ni n’insulte la mémoire de personne ; je ne fais que relater des faits.

        Par ailleurs – je prends volontairement un exemple outrancier – écririez vous « Il faut respecter la mémoire de Staline, mais… »

        1. Chacun fixera le degré de respect comme il l’entend, mais nous sommes bien d’accord pour dire que Staline n’en mérite aucun

  5. « Il faut respecter sa mémoire, »
    Ça se discute, pourquoi respecter la mémoire de celui qui enclencha déclin définitif du pays ? Cet homme fut un désastre national, comme le fut le Maréchal Pétain après la drôle de guerre.

    1. C’est qui le responsable du déclin? Celui qui l’a créé ou celui qui le savait et qui n’a pas tout fait pour y mettre fin?

  6. Bilan négatif que je partage. Dire que le programme commun avait été étudié précisément (d’après un édito récent de J.Attali dans Les Echos) et de se rappeler les conséquences désastreuses sur le plan économique, ça fait froid dans le dos quand ce même Attali souligne que le programme de la NUPES nous amènerait au désastre économique!
    Cette expérience de planification et de centralisme de notre économie devrait amener nos dirigeants politiques à oublier ces lubies de “l’autre modèle “ et réfléchir à des restructurations organisationnelles et de management des services publics et collectivités. Il y aurait beaucoup plus à gagner.

  7. Il y a eu quatre dévaluations du franc et, en 1987, une dévaluation masquée puisque la France convainc ses voisins à la monnaie forte (Allemagne, Pays-Bas) à réévaluer leur monnaie.
    Si le franc avait connu une perte de 100% par rapport au dollar, il ne vaudrait plus rien! En passant de 4,2 à 9 en cinq ans, il perd en réalité un peu plus de 50% de sa valeur!

  8. Miterrand ou le premier démolisseur de la France. Ne pas oublier qu’il fut ministre de Petain décoré de la francisque…. Mais cela a été bien éludé en 1981 sinon il n’aurait jamais été élu : la gauche qui élit un ancien petainiste ….il faut lire les livres de Jean Montaldo … ça remet bien les choses en place .

    1. Socialisme et national-socialisme ont parfaitement « cohabité » durant la période de Vichy, avec de nombreux ministres issus de la gauche.

  9. Ce président qui avait tous les défauts a littéralement ruiné la France. Les socialistes, incultes en économie, ne savent que créer des dettes et encore des dettes. Les français qui ont élu ce président sont de vrais innocents !
    Seuls de vrais libéraux du secteur privé pourront sauver la France de la faillite et surtout pas les politiques à 80 % socialistes !

  10. Mitterrand est psychologiquement un pourrisseur, qu’il s’agisse de ses affaires personnelles ou des affaires publiques. Séducteur sans réelle séduction, manipulateur sans réel objet, il n’a rien laissé que des places pour ses affidés et des dettes et des difficultés au reste du pays. Tacticien politique sans scrupule d’un opportunisme et d’une mauvaise foi sans limite, partouzeur compulsif, sa vie n’aura été qu’une suite de comportements vicieux désespérants pour son entourage. Il lègue au pays :
    – Maastricht, la fin de la France souveraine
    – l’abolition de la peine de mort, c’est à dire le crime partout triomphant.
    – Un pays durablement ruiné par la démagogie, sans enfants, et sans travail.

    « Tout est faux » dans la mitterrandie, « sauf l’argent et les aventures d’un soir » aurait dit Gaston Defferre en rigolant lors d’une grande soirée marseillaise où il fêtait « son premier milliard ».

    Tout n’est pas négatif : il a pris du plaisir à compromettre le socialisme et à humilier Mendès-France et Rocard, deux fausses gloires qui avaient relevé sa vilénie. Il y avait de quoi. Il n’avait pas de doute sur ce qu’il était ni sur ce qu’ils étaient.
    La preuve que l’époque est folle est qu’ils restent tous les trois à moitié divinisés, à gauche, tous les trois sans aucune raison. Mendès est le responsable direct du désastre de Dien Bien Phu, Rocard a porté les valises du FLN, Mitterrand a défait la France.
    On a perdu tous nos grands écrivains ou presque. Mais on publie en édition de luxe avec de l’argent public les lettres d’amour ampoulées et lourdingues du « beau François » à Catherine Langeais la mémère sans intérêt des interludes télévisés.
    Tableau !

    1. Apres la défaite de Dien Bien Phu, P Mendes France devient président du conseil en juin 1954 et conclut la paix avec l Indochine puis prépare l indépendance tunisienne et marocaine
      Avant, de debut 1953 jusqu a juin 1954 il y a eu R Mayer ( rad soc) puis J Lagniel ( Cnip)

    2. Sans oublier des meurtres de Coluche et Bérégovoy. Le coup du camion et le suicide… Quelle hypocrisie et quel cynisme.

      Ce mec n’est ni plus ni moins qu’un assassin qui ne vaut pas mieux que les chefs des mafias de tout poil.

      Il a encore toute sa cour qui l’adule et sont prêts à continuer ses frasques, à commencer par « Melenchon pas tout » qui est sur les starting-blocks pour faire encore pire que cette purge.

      À vomir.

  11. Le seul domaine que Mitterrand a libéralisé est l’audiovisuel. En même temps il n’avait pas le choix. La France était submergée par la naissance des radios pirates. Il aurait fallut un milliard de flics pour les fermer.

  12. Ce qui m’étonne est qu’il a fallu 30 ans pour s’apercevoir de ce désastre !
    J’ai 86 ans ,j’en ai vu et j’en ai vu ,mais alors lui…!

  13. Tres habile tacticien F Mitterand a su jouer a merveille avec tous les vieux travers francais pour enclencher une mécanique folle qui fonce joyeusement a bride abattue vers le mur avec l assentiment d une belle majorité de franchouillards
    Nous avons les hommes politiques que nous méritons!!!!!

    1. Ses coups tordus pour tromper le client (l’électeur) relèvent plutôt de l’art du camelot que de l’habileté !

    2. Je serais plus indulgent que vous.
      L’interface du peuple avec le réel ce sont les médias. Et la gauche (je rappelle que « gauche » en terme de métier signifie « tordu ») à noyauté les médias pour mieux « tordre » la réalité avant de la présenter au peuple. Maintenant c’est la justice qui est sous contrôle.
      Un peuple trompé ne peu que faire de mauvais choix, mais en est il responsable,
      Nous avons Macron, élu grâce a un coup d’état médiatico-judiciaire, qui en atteste.
      Par contre, en ce qui concerne sa réélection, je ne l’explique pas. Mais, le peuple peut aussi se tromper et comme on dit:
      -Trompe moi une foi… honte à toi!
      trompe moi deux fois… honte à moi » !

  14. Miterrand a détruit la vraie gauche en France pour faire la place à la Mondialisation libérale. Il a menti sur Tout et ceci jusqu’à la fin de sa vie où certains rideaux se sont ouverts sur cet individu cultivé, adroit, capable de toutes les trahisons pour être le ROI. Paix à son âme.

  15. L’époque Mitterand est celle dans laquelle les entreprises ont fait leur révolution de productivité. Mitterand leur en a volé une grosse partie pour s’éviter la réforme de l’état. La dérive économique a commencé la.
    Hollande explique dans son dernier livre à quel point les socialistes sont incompétents dans le domaine économique , (ce qui ne l’empêche d’ailleurs pas de prétendre devenir au pouvoir)

  16. C’était le choléra et aujourd’hui on a la peste !
    Dans la place pour ronger de l’intérieur.
    Deux broyeurs et destructeurs méthodiques de ce pays.
    Ils ont très bien travaillés ; mission accomplie !

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