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samedi 18 avril 2026

Greenpeace licencie : l’activisme écologiste ne rapporte plus comme avant

Temps de lecture : 2 minutes

Dans un communiqué du 26 mars 2026, Greenpeace France a annoncé la réduction d’environ un quart de ses effectifs, qui passeront de 138 à 106 salariés. L’association pro-écologie en donne la raison : « Alors que Greenpeace France est financée exclusivement par des ressources issues de dons privés, elle a enregistré une croissance des dons plus faible ces dernières années. »

Il est vrai que les chiffres ne sont pas au beau fixe, les trois derniers rapports de l’association l’attestent. En 2022, les ressources ont crû de 4 % par rapport à 2021, pour atteindre 29,9 millions d’euros mais en 2023, la hausse n’était plus que de 3,3 % (30,8 millions d’euros), puis de 2,1 % en 2024 (31,5 millions d’euros). Parallèlement, le nombre d’adhérents a diminué de 24 000 en quatre ans, passant de 248 000 en 2020 à 224 000 en 2024.

Selon Greenpeace, cette baisse serait due à trois facteurs principaux. Le premier est le « contexte économique tendu » en France, qui limiterait la capacité des citoyens à contribuer. Le deuxième est une décision de la Cour de cassation en septembre 2025, qui a contraint l’association à beaucoup réduire ses collectes de dons dans la rue. Le troisième est la difficulté à joindre les donateurs par téléphone afin de les inciter à adhérer ou renouveler leur adhésion.

Ces explications sont certes plausibles, mais externes. À aucun moment, Greenpeace ne se remet en question. Or, ses méthodes spectaculaires et « choc » divisent l’opinion publique. La manifestation du  10 mars dernier, lorsqu’une dizaine de militants ont perturbé l’ouverture du Deuxième Sommet mondial sur l’énergie nucléaire à Paris, n’a pas été du goût de tout le monde. Elle s’inscrit à rebours du contexte actuel, qui redonne au nucléaire un rôle indispensable à notre survie.

Greenpeace a toujours défendu ce type d’actions musclées. L’association soutient d’autres mouvements adeptes de méthodes du même genre, comme Just Stop Oil, dont deux militantes avaient lancé de la soupe sur Les Tournesols de Van Gogh, ou encore Extinction Rébellion, qui a bloqué à plusieurs reprises des espaces publics très fréquentés à Paris, artères, places, ronds-points… L’ impact médiatique est toujours important, c’est le but, mais ce type de militantisme spectaculaire apparaît de plus en plus comme un repoussoir.

Le modèle économique (mais aussi social) de Greenpeace semble aujourd’hui presque à bout de souffle. Une  approche plus mesurée, favorisant l’échange et non l’idéologie, servirait sûrement davantage l’association, mais rien n’indique qu’un tel changement soit à l’ordre du jour.

Les résultats des écologistes aux municipales montrent pourtant que ce type d’écologie, idéologue, culpabilisante, punitive et tonitruante, pourrait avoir atteint ses limites. Le sujet est suffisamment préoccupant pour que l’on s’y consacre avec la raison plutôt qu’avec des a priori qui ne mènent à rien.

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12 réponses

  1. L’écologie est à la politique ce que fut le stalinisme à la démocratie mais vert au lieu de rouge !

  2. En réponse à question Google. :  » ….. Sans parler des salaires plutôt confortables des cadres de direction. En octobre 2025, Greenpeace France a publié une offre d’emploi pour remplacer Jean-François Julliard, son directeur exécutif. Salaire proposé, 90 000 € à 120 000 € par an »:

    Où l’on voit que l’activisme écolo rapporte, enfin rapportait semble t-il. « Ça eut payé, mais ça paie plus…. »

  3. Ce week-end, un événement sur les océans dans ma ville. Greenpeace y avait un stand. J’en suis resté loin, loin, loin : aucune envie d' »échanger » avec des gens que je vois comme matrixés (et qui me voient sans doute de la même manière…)

  4. Enfin une association financée intégralement par des dons privés qui doit s’adapter aux circonstances économiques présentes et ne quémande pas de l’argent public voire davantage d’argent à l’état.
    Une exception dans le paysage associatif hexagonal.
    Faut il se satisfaire de la baisse des dons, aisément compréhensible, alors qu’une quarantaine de personnes vont perdre leur travail dans le contexte économique et social que nous connaissons ?

    1. On trouve ceci sur le site de Greenpeace France :
      « Faire un don à Greenpeace vous donne droit à une réduction d’impôt de 66% des sommes versées, dans la limite de 20% du revenu imposable (si vous êtes imposable).  »
      Ce qui fait que Greenpeace est financé à 66% par l’état.

    2. Bien que n’appréciant pas trop les méthodes d’action de Greenpeace, je suis d’accord avec vous pour apprécier qu’elle ne profite pas d’argent public (sauf si les dons ouvrent droit à crédit d’impôt, ce que j’ignore n’étant pas donateur).
      Ce qui me surprend, c’est que cette association se dise en difficulté financière, alors que ses ressources ont quand même augmenté toutes ces dernières années, modestement il est vrai mais en ligne avec l’inflation. Autre question : la baisse du nombre des adhérents est-elle compensée par une augmentation du montant moyen du don ? Peut-être pourrais-je trouver ces informations dans son rapport annuel, que j’avoue ne pas avoir bien envie de lire…

    3. Leur « travail » consiste trop souvent à détruire celui de nombreux autres par des campagnes de dénigrement partisanes écolo-marxistes.

    4. Ce n’est pas du travail ils vivent aux crochets de la société, et sont responsables de la mort de milliers d’enfants par leur opposition au riz doré qui aurait permis de les sauver de la carence en vitamine A des gens nourris au riz!

  5. L’Ecologie n’est pas une profession !
    Ils seront beaucoup plus crédible s’ils s’investissent sur leurs loisirs…

  6. L’argent russe ne rentre plus aussi bien chez ces pastèques. Et il serait bon de leur couper toute subvention publique, ce qui n’est pas encore le cas, n’oublions pas le canal de financement des formations proposées par ces petits malins, largement subventionnées.

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