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jeudi 22 janvier 2026

Grève des contrôleurs aériens : les fonctionnaires privilégiés veulent paralyser (une fois de plus) l’espace aérien

Temps de lecture : 2 minutes

greve 18 sept 2025

Le 18 septembre 2025, les passagers français et européens devront encore subir une grève des contrôleurs aériens. Le SNCTA, syndicat majoritaire de la profession, exige un « rattrapage intégral de l’inflation » pour 2024, comme si ses membres – parmi les fonctionnaires les mieux payés de France avec 96 000 euros de salaire brut moyen annuel, des primes qui représentent plus de 50 % de ce coût salarial brut, une retraite anticipée – étaient les premières victimes de la vie chère. Dans le privé, salariés, artisans ou indépendants subissent l’inflation sans possibilité de bloquer le pays. Les contrôleurs aériens, eux, profitent de leur pouvoir de nuisance pour quémander toujours plus de privilèges, au détriment de centaines de milliers de voyageurs, des aéroports et de l’économie entière.

Ces « mouvements sociaux » à répétition, qui n’ont en réalité rien de social, sont la conséquence d’un état d’esprit corporatiste et d’une culture de la grève alimentés par le statut de la fonction publique.

Un rapport du Sénat a montré qu’entre 2004 et 2016, les aiguilleurs du ciel français étaient responsables de 67 % des jours de grève du contrôle aérien en Europe. Le fait que leur métier soit particulièrement exigeant et stressant est un prétexte plutôt confortable : pas plus tard qu’en juillet dernier, les contrôleurs ont impacté près de 500 000 personnes parce qu’ils s’opposaient à la mise en place d’un système de pointage dont l’objectif était pourtant de s’assurer qu’ils occupent effectivement leur poste.

Toujours selon le Sénat, leur productivité horaire est inférieure à la moyenne européenne. Quant à la performance des services du contrôle de la navigation aérienne, elle est également insuffisante d’après la fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (FNAM). Comme la Cour des comptes l’a déjà relevé, ce statut de fonctionnaire est une exception culturelle française. Le supprimer ne serait peut-être pas une mauvaise chose.

Illustration de couverture © standret sur freepik

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24 réponses

  1. Ces gens n’ont aucun savoir-vivre dans un pays en faillite où il faut se serrer la ceinture eux en veulent toujours plus. Il faut privatiser cette corporation, la privatisation de beaucoup de secteurs n’apportera que du bon !

    1. Parfaitement en phase avec vos propos. Privatisation de cette caste serait une bonne nouvelle mais avec les nazes qui nous gouvernent cela n’est pas près de se réaliser

  2. Exception culturelle française ? La grande majorité des contrôleurs aériens des USA sont des fonctionnaires dépendant de la FAA, et la crise actuelle qu’ils rencontrent est due à des équipements obsolètes et à un nombre très insuffisant de contrôleurs, deux points sur lesquels Démocrates et Républicains sont d’accord

    1. Quasi exception culturelle en Europe, oui. La question n’est évidemment pas de dire que le statut est la cause de tous les problèmes en soi.

  3. Les comportements des aiguilleurs du ciel français sont insupportables.
    Il faudrait une fois pour toutes faire un benchmark avec leurs collègues européens sur leur temps de travail, âge de départ à la retraite, salaires, primes pour enfin les mettre devant la réalité. Après il y a probablement des problèmes spécifiques (outil informatique, formation..). qui doivent pouvoir se résoudre sans prendre le pays en otage. On se met à rêver d’un Reagan français pour balayer tout ça.

    1. Faites aussi un benchmark entre controleurs civils et militaires francais. En 1991 j’ai fait une étude sur les controleurs militaires européens et la France n’était pas brillante.

  4. En effet, c’est une honte. Dire qu’il faut supprimer ce privilège s’est le statut de la fonction publique, il faut le faire au plus vite.

  5. Et voilà une analyse dans le droit fil de Bayrou, monter les corporations les unes contre les autres. Après avoir vilipendé les travailleurs de tous corps (services publics et privés confondus), vous trouvez encore des professions à dénigrer.
    N’y a-t-il pas moyen de construire autre chose plutôt que détruire systématiquement ?

    1. Ce n’est pas « monter les corporations les unes contre les autres » que de dénoncer les problèmes rencontrés au sein d’une même corporation. Ce n’est pas non plus « dénigrer » une profession que de pointer le fossé existant entre les revendications d’un syndicat et la réalité…

  6. Je pense que pour calmer les ardeurs de ces bourreaux de travail , leur rémunération devrait être composée d’une part fixe ( 75% par exemple) et d’une part variable callée sur l’absentéisme de ces messieurs . Droit de grève à 96 mille euros par an c’est honteux . Irresponsables qu’ils sont ,

  7. L’attitude de cette corporation est inadmissible au regard des avantages dont ils bénéficient, des problématiques que traverse le pays, et des difficultés qui impactent beaucoup plus une grande partie des travailleurs.
    J’ai honte pour eux mais je reste persuadé qu’eux n’en éprouvent aucune gêne.

    1. Nous ne bénéficions d’aucun avantage particulier…. Fonctionnaires de l’état, retraite au régime général, 32h hebdomadaire comme c’est la norme en Europe. Après il est vrai que question salaire tout le monde accepte d’aller travailler pour des miettes dans ce pays, libres à eux !

  8. Afin de mieux comprendre, consultez le site du SNCTA

    « Le SNCTA rappelle que :

    le contrôle aérien français est entièrement financé par les plans de performance européens et qu’à ce titre, le rattrapage de l’inflation ne coûte rien au budget général de l’État, ni au contribuable.
    le rattrapage de l’inflation est déjà facturé et payé par les compagnies aériennes et qu’il n’appelle qu’à être fléché dans le prochain projet de loi de finances. »
    L’état français refuse simplement de donner ce qui a été versé par les compagnies aériennes.
    Car le contrôle aérien s’autofinance et ne coûte rien au budget de l’état.
    Ensuite, il faut savoir que le trafic double tous les 10 ans, crise COVID comprise soit une croissance annuelle de 7%. Plutôt productifs non ces contrôleurs aériens ?

    1. Votre commentaire est d’une mauvaise foi assez stupéfiante.

      Voilà ce que je vous réponds :

      – Le coût du rattrapage de l’inflation n’est pas le sujet de l’article.

      – Il est faux de dire que « le contrôle aérien s’autofinance et ne coûte rien au budget de l’État ». Les contrôleurs sont assujettis au régime de retraite des fonctionnaires de l’État, comme le Sénat le mentionne ici : https://www.senat.fr/rap/r17-568/r17-56816.html

      – Puisque vous parlez de productivité : le système de pointage, contre lequel nos chers contrôleurs ont manifesté en juillet dernier, a été mis en place pour une raison, à savoir un incident grave entre deux avions en 2022 qui aurait pu causer la mort d’au moins 179 personnes. https://www.air-journal.fr/2024-04-07-bordeaux-merignac-une-collision-evitee-de-justesse-la-faute-a-un-nombre-insuffisant-de-controleurs-5255010.html

  9. Certaines activités génèrent un fort pouvoir de nuisance, que les organisations syndicales savent exploiter. Citons :
    – les contrôleurs aériens,
    – les éboueurs des grandes villes,
    – les contrôleurs de la SNCF,
    – …
    Leurs grèves réussissent, avec un très petit nombre de grévistes, à provoquer de grosses pertes à leurs employeurs, aux Clients de leurs employeurs, et à la France. Les médias ne citent pas les chiffres, mais s’étendent sur les conséquences humaines de ces actions dont l’efficacité est ainsi décuplée.
    Les contrôleurs aériens ont réussi à obtenir des salaires élevés et à travailler moins que leurs collègues des pays de l’OCDE. La DGAC ne les dirige pas et ne les contrôle pas. Leur force prime le droit. L »abus de droit » n’est pas pour eux.

  10. Alors :
    Le sujet du rattrapage de l’inflation est tout à fait le bon. C’est parce que l’état refuse de régler ce qui est dû, gagné et déjà collecté que ce préavis est lancé.
    En terme d’écart à la question de la grève, parler des retraites alors qu’on parle de la rémunération des agents actifs, c’est plutôt ici le hors sujet.
    Un autre hors sujet est l’incident de Mérignac. Le regroupement de fréquences et de secteurs est une pratique normale en contrôle aérien. Comme toute structure productive, on adapte le système à la demande, ici les contrôleurs en poste, à la charge de trafic. Qu’ils soient en salle de repos ou ailleurs n’aurait rien changé â l’évènement qui est d’une grande banalité. Erreur (ecart à l’intention) lors de la gestion du trafic, correction. Cela arrive régulièrement, c’est humain. Les études sur les facteurs humains sont là pour l’expliquer. Et sachez que c’est l’humain qui rattrape le système
    https://www.caia.net/revue-auteurs-rubriques-numeros/article/les-facteurs-humains-dans-les-accidents-aeriens/1330
    Donc même en dégroupement, le fait aurait pu se produire. Ce qui dérange un libéral c’est qu’on puisse dire à un agent, « rentre chez toi te reposer, ici tu n’es plus nécessaire aujourd’hui ». Mais là nous sommes dans le jugement de valeur. Donc la productivité du contrôle aérien est et resté factuelle vu la croissance du trafic.
    En résumé, le contrôle aérien français est un système très productif, très sûr, peu onéreux (l’unité de service en France est une des plus faible d’Europe). La grève est la conséquence d’un refus de l’état d’appliquer ce qu’il s’est engagé à faire. Elle est surtout utilisée par les pouvoirs publics comme un moyen de stigmatiser les agents que l’on pousse à cette extrémité. C’est bien dommage pour les usagers.

  11. Alors :
    Le sujet du rattrapage de l’inflation est tout à fait le bon. C’est parce que l’état refuse de régler ce qui est dû, gagné et déjà collecté que ce préavis est lancé.
    En terme d’écart à la question de la grève, parler des retraites alors qu’on parle de la rémunération des agents actifs, c’est plutôt ici le hors sujet.
    Un autre hors sujet est l’incident de Mérignac. Le regroupement de fréquences et de secteurs est une pratique normale en contrôle aérien. Comme toute structure productive, on adapte le système à la demande, ici les contrôleurs en poste, à la charge de trafic. Qu’ils soient en salle de repos ou ailleurs n’aurait rien changé â l’évènement qui est d’une grande banalité. Erreur (ecart à l’intention) lors de la gestion du trafic, correction. Cela arrive régulièrement, c’est humain. Les études sur les facteurs humains sont là pour l’expliquer. Et sachez que c’est l’humain qui rattrape le système
    https://www.caia.net/revue-auteurs-rubriques-numeros/article/les-facteurs-humains-dans-les-accidents-aeriens/1330
    Donc même en dégroupement, le fait aurait pu se produire. Ce qui dérange un libéral c’est qu’on puisse dire à un agent, « rentre chez toi te reposer, ici tu n’es plus nécessaire aujourd’hui ». Mais là nous sommes dans le jugement de valeur. Donc la productivité du contrôle aérien est et resté factuelle vu la croissance du trafic.
    En résumé, le contrôle aérien français est un système très productif, très sûr, peu onéreux (l’unité de service en France est une des plus faible d’Europe). La grève est la conséquence d’un refus de l’état d’appliquer ce qu’il s’est engagé à faire. Elle est surtout utilisée par les pouvoirs publics comme un moyen de stigmatiser les agents que l’on pousse à cette extrémité. C’est bien dommage pour les usagers.

    1. Sur les retraites : ce n’est pas du hors sujet, c’est vous qui affirmez que les contrôleurs aériens ne coûtent rien à l’État. Je vous démontre le contraire.

      Ensuite, le fait que l’incident aurait pu se produire « même en dégroupement » n’est pas la question, évidemment que le risque 0 n’existe pas. Il n’empêche que c’est parce qu’il n’y avait pas assez de contrôleurs qu’il a eu lieu dans le cas présent, si on s’en tient aux conclusions de l’enquête.

      Quant à la faible productivité de nos contrôleurs par rapport à leurs homologues, ce n’est pas un jugement de valeur ; c’est mesuré de façon objective et c’est donc factuel (voir les rapports du Sénat).

      En résumé, les contrôleurs aériens français sont prêts à faire grève pour n’importe quel prétexte alors qu’ils ne sont pas à plaindre. Ils donnent une très mauvaise image du pays. C’est la honte internationale.

  12. Il faudrait tout simplement interdire la grève à ces fonctionnaires essentiels aux transports aériens lui même essentiels au fonctionnement de la Nation. Tout comme c’est le cas pour les militaires et les gendarmes. Et cette interdiction devrait s’étendre aux transports ferroviaires.

  13. Ma chère Élodie.
    Prenons les éléments point par point. Concernant Mérignac, vous trouverez le rapport du BEA ici : https://www.google.com/search?q=rapport+bea+incident+merignac&oq=rapport+bea+incident+merignac&aqs=chrome..69i57j33i160.22649j0j4&client=ms-android-xiaomi-rvo3&sourceid=chrome-mobile&ie=UTF-8
    L’armement des positions est un facteur contributif, non causal. Mais, répétons le, les positions n’auraient pas été armées même si les équipes avaient été complètes. Les contrôleurs « off » auraient été ailleurs, en briefing ou simplement en attente d’être sur position quand le trafic aurait nécessité le dégroupement. Ce n’est pas une transgression, c’est la mécanique normale des métiers opérationnels. Par contre, le travail du BEA a été détourné de sa finalité, le traitement technique des évènements sécurité, pour être utilisé dans la longue guerre entre l’administration et le corps des ICNA.
    Concernant le coût des retraites, les ICNA, comme tout les salariés français, sont sous le régime de la répartition. Si nous considèrons une population ICNA de 4000 agents actifs, leur nombre couvre aisément les retraites des départs à la retraites via des rémunérations financées par le BAAC (Budget Annexe de l’Aviation Civile). Il ne s’agit pas d’impôt mais du paiement d’une prestation de service. C’est justement parce que la pyramide allait s’inverser que les OS on demandé une reprise des recrutements dès à présent. Sans cela, le système n’était plus en capacité de fournir le service de contrôle dans le pays le plus survolé d’Europe, ni de s’équilibrer.
    Enfin, parlons du rapport du sénat. Il reprend la tarte à la crème du salaire « exorbitant du droit public ». Oui, c’est vrai pour le régime indemnitaire. Mais le régime indiciaire reste celui de la fonction publique catégorie A, tout à fait normal. Le régime indemnitaire est plus favorable qu’ailleurs, parce que financé par le budget annexe ( donc hors impôts et donc pas à la charge des citoyens). C’est un positionnement idéologique de considérer que le fait d’être fonctionnaire devrait signifier des rémunérations basses. Le Sénat les trouve trop elevées, mais juste comme ça. Pourtant, les salaires des contrôleurs français ne sont pas au niveau de leurs homologues européens. Si vous prenez le NATS, la DFS, Maastricht, ENAIRE, sachez que les salaires sont de 50 à 100 % plus élevés chez eux. Le niveau de formation est cependant équivalent et même supérieur chez nous car les contrôleurs français sont « multi rating » ( capable de faire du contrôle en route et du contrôle d’approche) ce qui n’est pas le cas ailleurs.
    Les grève sont nuisibles, vous avez parfaitement raison. Mais un préavis est toujours proposé comme dernier recours, sur un temps long pendant des discussions qui durent des mois. La pratique de l’administration française est d’aller jusqu’au bout afin de jeter le discrédit sur les agents en montant les usagers contre eux. C’est ce mécanisme qui est regrettable et totalement injustifié en ce qui concerne l’aviation civile qui est une structure économiquement à l’équilibre.

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