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vendredi 12 décembre 2025

Grève des contrôleurs aériens : « 272 personnes privilégiées impactent le bien-être de 500 000 Français »

Temps de lecture : 2 minutes

Le jeudi 3 et vendredi 4 juillet 2025, le trafic aérien français a été largement paralysé en raison d’une grève des contrôleurs aériens (ICNA) réclamant « l’amélioration des conditions de travail et des effectifs plus importants ». Une situation qui suscite l’exaspération de Philippe Tabarot, ministre chargé des Transports, invité vendredi matin sur Cnews : « Il faut se rendre compte qu’hier et aujourd’hui, 272 personnes dans notre pays vont impacter le bien-être de plus de 500 000 personnes », souligne-t-il, dénonçant « une minorité qui bloque tout le reste de la population », au moment même où des milliers de familles espéraient partir en vacances. Le ministre mentionne également le risque pour la sécurité : « Il y a une auto-gestion dans les tours de contrôle particulièrement dangereuse pour la sécurité de nos concitoyens ».

Selon un rapport du Sénat du 2 octobre 2024, « les relevés réalisés par la Direction des services de la Navigation Aérienne (DSNA) lors de contrôles inopinés dans les centres de contrôle français montrent qu’au moins 15 % des contrôleurs devant être présents sur site d’après le tableau de service sont absents sur la durée complète de la vacation ».

Toujours selon ce rapport, le salaire brut moyen annuel d’un contrôleur aérien s’élève à 96 000 euros, soit environ 8 000 euros par mois. À cela s’ajoutent de très nombreuses primes : en 2018, la Cour des comptes recensait 137 primes différentes contre 126 en 2010 pour l’ensemble de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC). Entre 2013 et 2018, le montant total de ces primes a progressé de 10 %, atteignant 412 millions d’euros, représentant en moyenne 35 % du coût salarial brut, et plus de 50 % pour les seuls contrôleurs aériens.

Les trois derniers protocoles sociaux ont, par ailleurs, entraîné une augmentation d’environ 80 millions d’euros des charges de personnel de la DGAC. Le nouveau protocole 2023‑2027 est lui estimé à un coût d’environ 100 millions d’euros par an. Ces mesures s’accompagnent d’avantages financiers avec une nouvelle prime mensuelle allant de 80 à 450 euros pour reconnaître les sujétions liées à l’encadrement hiérarchique opérationnel, une prime de fidélisation de 300 euros par mois après 4 ans d’affectation dans des centres moins attractifs, complétée d’une prime annuelle comprise entre 1 200 et 40 000 euros après 10 ans d’ancienneté. En cas de fermeture de service entrainant une mobilité géographique, une prime spécifique variant de 2 500 à 30 000 euros sera distribuée. Enfin, une prime d’intéressement collective pouvant atteindre 1 000 euros par an, qui a coûté 7 millions d’euros en 2023, accordées aux seuls ICNA dans un premier temps. Le protocole 2023-2027 prévoit 696 recrutements de contrôleurs aériens entre 2023 et 2027.

Ces privilèges s’accompagnent d’un régime horaire favorable : en pratique, le temps de travail effectif des contrôleurs aériens serait d’environ 24 heures hebdomadaires, bien en deçà du plafond légal fixé à 32 heures (plafonnés à 1420h contre 1607h pour le régime de droit commun). Autre fait inquiétant relevé par ce rapport : la DGAC ne dispose d’aucune évaluation complète des coûts ou de l’efficacité de ces protocoles, pourtant renouvelés et étendus à chaque cycle.

Philippe Tabarot rappelle par ailleurs qu’« une augmentation de 7 % a déjà été accordée l’année dernière ». Tout en reconnaissant que le métier est stressant, il souligne que « d’autres professions en France le sont tout autant, voire davantage, sans bénéficier du même niveau de rémunération et avec des horaires plus contraignants ». Depuis des années, l’IREF met en lumière les privilèges exorbitants des contrôleurs aériens, illustrant qu’en France quelques centaines de privilégiés peuvent encore prendre en otage la liberté et le quotidien de centaines de milliers de citoyens.

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