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lundi 6 juillet 2026

Hamza, dit « La Douane », ou la démission de l’État-providence

Temps de lecture : 2 minutes

Symbole de l’insécurité pour les uns, victime de racisme et de « grossophobie » pour les autres. Hamza F. est un adolescent de 14 ans qui terrorise les passants aux abords du canal Saint-Martin. Depuis la fin de son année de quatrième, il s’y trouve quotidiennement. On le surnomme « La Douane » : le jeune homme impose un micro-péage de 2€ à ceux qui se trouvent sur son chemin, sous peine d’être arrosés par sa bande, laquelle prend un malin plaisir à filmer leurs méfaits. On peut voir par exemple, dans cette vidéo, un jeune homme totalement aspergé ; un automobiliste handicapé contraint de faire demi-tour après que des jeunes sont montés sur sa voiture ; un cycliste poursuivi et insulté…

Le plus surprenant est la complaisance dont il bénéficie de la part d’une certaine gauche enfermée dans une rhétorique victimaire. Pour son avocate Elsa Marcel, conseillère de Révolution Permanente, une organisation trotskiste, les jeunes comme Hamza n’auraient pas besoin de se baigner dans le canal si tous les musées et les cinémas étaient gratuits. Pour Mediapart, Hamza est victime de racisme et de « désenfantisation ». Pour Libération, son exposition médiatique le rend vulnérable aux « bouffées racistes de l’extrême droite ».

Le problème, c’est qu’Hamza ne se contente pas de jouer ou de sauter dans l’eau : il harcèle les passants, les rackette, les menace avec des stylos, les frappe, bloque des femmes dans les urinoirs, défie la police, vole dans les magasins, vole les scooters des livreurs, entre par effraction dans le domicile d’inconnus et les insulte, agresse des touristes… Il est d’ailleurs connu des services de police depuis 2025. Récemment, c’est un homme qui a porté plainte pour une agression ayant eu lieu deux ans auparavant. Quel regard protecteur peut-on poser sur un adolescent qui lance violemment une trottinette sur un bateau de touristes, alors que certains se trouvent à l’extérieur ? Hamza aurait pu blesser sévèrement, voire tuer quelqu’un. Mais il faudrait faire preuve de bienveillance et de mansuétude : qui n’a jamais jeté une trottinette sur un bateau de touristes étant jeune ?

La réaction majoritaire, qui réclame fermeté et sanctions, n’a donc rien d’une panique morale fascisante. Un tel discours aurait été banal il y a 50 ans, mais la culture de la victimisation empêche certains de voir le réel.

Nous assistons en réalité à une double démission : la première est bien entendu celle des parents, qui dénoncent un « déferlement de haine » au lieu d’éduquer leur fils. Le père, éhonté, considère qu’Hamza « ne fait de mal à personne ». La seconde est celle de l’État-providence, qui s’occupe de tout mais ne parvient plus à assurer sa mission première, la sécurité, même lorsque l’on parle d’un collégien mal élevé en surcharge pondérale.

Dans un pays à la justice fonctionnelle, Hamza ne serait pas systématiquement relâché à chaque garde à vue. Ses parents n’auraient plus droit aux allocations familiales et seraient condamnés au remboursement de l’intégralité des dégradations et des rackets. En attendant, si le travail des policiers ne débouche sur aucune condamnation suffisamment dissuasive, si la justice peine à mettre des mineurs délinquants hors d’état de nuire, ce grand voyou en devenir finira, tôt ou tard, par causer des dommages bien plus graves.

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