Le 24 mars, Vincent Bolloré, homme d’affaires, industriel et ancien président du groupe Vivendi et de Canal+, a été auditionné par la commission sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public.
Il en a profité pour dénoncer le petit milieu médiatique et le coût de l’audiovisuel public. M. Bolloré s’est dit favorable au « service public », mais pas à ce qu’il coûte 4 milliards. Selon lui, il suffirait de privatiser et il serait alors très simple de retrouver un repreneur. La question est de savoir si l’État est prêt à stopper un tel financement…
M. Bolloré en sait quelque chose : lorsqu’il est arrivé en tant que Président du Conseil de surveillance de Canal+ en 2015, les dirigeants vivaient « comme des seigneurs » et « personne n’avait envie de changer de train de vie ». C’est lui qui a imposé près de 400 millions d’économies pour sauver le groupe de la faillite. De la même manière, en 2022, Canal a refusé de poursuivre le partenariat avec le Festival de Cannes en raison de ses audiences en baisse, ce qui n’a pas empêché à France TV (dont la situation financière n’était pas particulièrement reluisante à l’époque) de dépenser plusieurs millions d’euros d’argent public pour bénéficier des droits.
Le rapporteur Charles Alloncle lui a alors posé la question suivante : ces pratiques ont-elles disparu au sein de l’audiovisuel public, ou se sont-elles simplement déplacées ? Malgré une situation financière de quasi faillite selon la Cour des comptes, France TV a dépensé plus de 100 000 euros de nuitées à Cannes pour la seule année 2023. Sans oublier les frais de réception (jusqu’à 120 000 euros par jour) ou les dépenses exorbitantes comme la rénovation d’une piscine d’un château en Dordogne (un million d’euros). Et pourtant, cette année encore, plusieurs émissions financées par le contribuable se déplaceront au Festival de Cannes, notamment C à vous.
Pour M. Bolloré, « Ils ont envie de faire Cannes parce que c’est sympa d’aller à Cannes ». Fallait-il s’attendre à autre chose ? Cette audition ne confirme pas seulement la gabegie décomplexée qui règne au sein de l’audiovisuel public. Elle permet aussi de prendre conscience d’une chose : M. Bolloré n’est pas tant détesté par la caste médiatique pour ce qu’il incarne (milliardaire, catholique, breton…). Il est avant tout détesté parce qu’il a réussi, avec sa vision de chef d’entreprise, à bousculer l’organisation d’un grand groupe comme Canal +, à rationaliser ses dépenses et à rappeler le principe suivant : il n’y a aucune raison pour que les médias soient préservés des lois qui régissent l’économie.
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8 réponses
Heureusement qu’il y a le groupe Bolloré en France pour permettre d’élargir la pluralité des opinions.
Un vrai plaisir d’entendre ce monsieur
« il n’y a aucune raison pour que les médias soient préservés des lois qui régissent l’économie. »
Ben si, dans une économie socialiste déguisée les média sont hors la loi.
Et ils font parties des apparatchiks, c.a.d?.de ceux qui sont plus égaux que les autres…
Cette caste est gangrenée par les gauchistes!
Un des rares patrons français a prendre ses responsabilités.
Pourquoi « rares patron »? Un vrai Patron, prend ses responsabilités où il disparaît.
c’est la règle dans le privé.
Bien sûr que si vous désignez sous le qualificatif galvaudé de »patron » les chefs de services dans la fonction publique, alors ceux qui prennent leur responsabilité deviennent vraiment rares.
Le gouvernement ne souhaite pas la privatisation du « service public », les différentes stations sont à sa botte. Le beau linge majoritairement de gauche qui sévit sur ces chaînes tiendrait il un discours différent si la tendance basculait peu ou prou à droite à la faveur d’élections à venir ?