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jeudi 4 juin 2026

Rapport Alloncle : la réaction indécente de la présidente de Radio France

Temps de lecture : 2 minutes

Le rapport de la commission d’enquête sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public eût été une bonne occasion pour le service public de faire son introspection. Comme il était prévisible, il n’en est rien.

Jean-Philippe Delsol a consacré sa dernière chronique (« Audiovisuel public : il ne suffit pas de réformer, il faut privatiser ») au rapport Alloncle. A juste titre, il a regretté le logiciel étatiste du rapporteur et, par voie de conséquence, de nombre de ses propositions. Pourtant, l’importance de la commission aurait dû amener les dirigeants du service public, sur la sellette, à mener une réflexion sur les tares de l’audiovisuel public. A défaut, il aurait dû les inciter à faire profil bas. Eh bien, pas du tout !

Nous n’en sommes nullement surpris. Les auditions desdits dirigeants par la commission d’enquête avaient déjà démontré que la meilleure défense était à leurs yeux l’attaque, en tout cas que la plupart des critiques étaient évincées comme non étayées. Interrogée le 10 décembre dernier, Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions, avait assuré que ses antennes veillaient à « s’adresser à tous, quels que soient son lieu de vie, ses opinions ou son niveau de revenus ». « Une exigence absolue », martelait-elle, car la neutralité et l’exemplarité étaient les « principes fondateurs » du groupe. Le seul problème venait du fait que ces belles paroles ne correspondaient pas le moindrement à la réalité. Mais le meilleur était à venir. Le 17 décembre, c’était au tour de Sibyle Veil, la présidente de Radio France, d’être entendue. Offusquée par les reproches d’« ancrage durable à gauche », elle répliquait que France Inter n’était « ni de droite, ni de gauche » (mais d’extrême gauche ?…). Le lendemain, Adèle van Reeth, la directrice de France Inter, réfutait elle aussi tout « biais de gauche », une « accusation idéologique » qui ne reposait sur aucun fait.

Le rapport publié, la présidente de Radio France en a remis une couche (La Tribune dimanche, 10 mai 2026) : il n’y a pas de problème avec le service public ; le rapport marquerait un « recul considérable de l’indépendance des médias publics » ; « notre rôle est de refléter la diversité et la pluralité des points de vue » représentés par les éditorialistes.

Rappelons en contrepoint que l’audiovisuel public est tenu à une obligation stricte de neutralité et de pluralisme. Etrangement, France Inter ou Franceinfo par exemple n’est jamais accusé de « biais de droite »… Or, au même titre que pour la sécurité, il ne s’agit pas d’une simple « impression », mais de la triste réalité aux frais des contribuables. Comme l’exprimait Jean-Philippe Delsol, les libéraux attendent au plus vite la privatisation de l’intégralité ou de l’essentiel du service public de l’audiovisuel. Une exigence pour mettre à bas la « pensée unique » qui, avec l’école et l’université publiques, fait peser une chape de plomb sur le pays.

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11 réponses

  1. Ces commissions d’enquête c’est de la bureaucratie inutile qui unilatéralement convoque de façon coercitive des personnalités connus du publiques où l’état sort carrément de ses missions régaliennes. Qu’est-ce que ça peut leur f… de comment Pascal Praud devrait gérer les débats de ses invités où d’interroger Patrick Sébastien pour le faire parler pour rien dire? Comme si les animateurs télé étaient des affaires d’état.

    Je vais être un poil excessif dans mes propos quoi que… Mais ces commissions d’enquête sont une inspiration des méthodes soviétiques.

  2. Il n’y a pas d’argent magique(E.Macron le 5 avril 2018) et (S.Lecornu le 9 mai 2026) Et les 3500 milliards c’est pas de l’argent magique? 30 ans de CGT dans mon ex entreprise de 500 à 600 milles euros détournés;Les syndicalistes se vantaient de partir en vacances aux frais du patron.Le financier me disait:de toute façon il faut signer les chèques,on a pas d’alternative!

  3. On avance quand même : Eugénie Bastié sera bientôt sur France 2, bien que sa venue soit contestée par la Société des Journalistes de France Télévision. Ce syndicat (?) estime que « l’information n’est pas une opinion ». C’est à dire que lorsqu’on émet une ANALYSE autre que celle propagée, on fait part d’une opinion.
    Sinon… sur le site de l’assemblée nationale, le tome 1 du rapport est mis en ligne (il y en aura 3). Je souhaitais convertir le fichier pour y prélever le mot « salaire » ou « revenu ». Mais trop laborieux. Et peut-être qu’il s’agit des réserves qui ne seront jamais (?) mises au grand jour.

  4. « notre rôle est de refléter la diversité et la pluralité des points de vue »
    Sauf que ce rôle n’est pas assuré dans sa pluralité.
    Ce n’est pas vraiment non plus le rôle de jouer les amuseurs avec ces jeux débiles dotés de récompenses considérables relève de TV poubelle comme de ces émissions en Live consistant à enfermer des jeunes hommes et femmes pour mater ce qui va se passer.

  5. Malgré tout le bruit fait autour de cette commission on peut craindre qu’une fois de plus le scandale fasse pschiiitttt et pratiquement rien de plus…
    C’est dommage, c’est la France et ses structures dépensières !

  6. Et ? Rien ne changera, nous continuons et continuerons de payer pour ces gens qui se moquent profondément des autres. Pour ces parasites qui profitent de l’argent public et qui comptent bien continuer. Ils ont une nuisance certaine car comme les nuisibles ils se reproduisent vite et pullulent. Réformer ne servira à rien ! Il faut anéantir tout ce système ! Qu’attend t’on ? Ils ont encore de beaux jours devant eux et ils le savent bien. Ce pays coule à cause de sa lenteur de réaction, de sa passivité, de l’ inactivité et de la couardise de ces dirigeants. Et nous on trinquent.

  7. C’est très possible que l’audio visuel public soit plutôt de gauche… Mais cela ne me gène pas, car je ne l’utilise jamais !

  8. C’est certain même. Sinon ça tiens de l’ autruche…. Et surtout n’ ayez pas l’ outrecuidance de contredire ses gens ! Ils ont des chaînes orientées mais les « autres » n’ont surtout pas le droit.

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