Journal d'actualité libéral
|
dimanche 10 mai 2026

Audiovisuel public : gabegies et conflits d’intérêt

Temps de lecture : 2 minutes

La commission d’enquête sur l’audiovisuel public s’est achevée mercredi soir sur d’ultimes accrochages entre la patronne de France Télévisions, Delphine Ernotte, et le député UDR Charles Alloncle, dont le rapport dans une quinzaine de jours risque de faire de nouvelles vagues. Il s’agissait de la dernière des 67 auditions de 234 personnes, comme l’animateur Nagui, ou l’homme de médias et milliardaire Xavier Niel, conduites par cette commission sur « la neutralité et le financement » de l’audiovisuel public, dont les travaux ont été émaillés de nombreux incidents depuis leur lancement fin novembre.

Les questions du rapporteur ont souvent mis en difficulté les cadres de l’audiovisuel public, affectés par de soudains trous de mémoire sur l’utilisation de l’argent du contribuable. Parmi de très nombreux exemples, notons l’incapacité des dirigeants de l’audiovisuel à expliquer comment un employé touchant 100.000 euros par an pour un CDI à plein temps a pu aussi être recruté à 60.000 euros par an pour un autre CDI à plein temps en tant qu’adjoint à la mairie de Paris – ou comment un autre cadre a pu toucher des indemnités de licenciement de 400.000 euros avant d’aller travailler avec une firme privée avec laquelle il avait conclu auparavant de juteux contrats, conflit manifeste d’intérêts qui serait sévèrement réprimandé dans le privé.

La séance et les travaux de la commission ont été clos par son président, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons). Désormais, M. Alloncle a une quinzaine de jours pour rédiger ses conclusions et formuler ses propositions d’évolutions, notamment législatives. Il a évoqué l’inscription d’une proposition de loi sur l’audiovisuel public à l’ordre du jour de la « niche » réservée à son groupe à l’Assemblée nationale, le 25 juin. Les 31 parlementaires qui composent la commission voteront le 27 avril pour ou contre la publication du rapport.

En cas de vote négatif, une situation rare, l’ensemble des travaux, y compris les comptes rendus d’auditions et documents transmis, ne pourraient être rendus publics au nom de la commission d’enquête. Le député UDR estime que son travail a permis de découvrir « un système de gabegies largement assumé » dans les 4 milliards d’euros annuels que l’Etat distribue aux chaînes et radios publiques et plus de 9.000 salariés au sein des cinq chaines. Il dénonce aussi un « système de castes et de privilèges », de l’opacité et des conflits d’intérêts dans l’attribution des contrats de France Télévisions aux sociétés de production.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


10 réponses

  1. Et que se passerait il s’il publiait son rapport avant ce principe scandaleux du vote?
    Que M. Alloncle soit courageux jusqu’au bout, qu’il n’attende pas le vote pour le publier, les français le soutiendront.

  2. On sait tous que Mr Alloncle a fait du très bon boulot.
    On sait tous que son rapport va faire des vagues. (Il devrait créer un tsunami mais pas dans ce pays).
    On sait tous qu’ il n’ aura aucun effet.
    On sait tous qu’ il sera enterré.
    On sait tous qu’il servira à caler un vieux bureau dans une alcove sombre, déserte et poussiéreuse !
    C’est ça ce « pays ».
    Rester dans sa fange et tout faire pour que personne ne vienne changer ça !

  3. Bravo à Charles ALLONCLE qui a enfin dénoncé les combinards potentas des TV publiques mais NON « républicaines ». Mais ils feront tout pour effacer le tableau de leurs privilèges monstrueux.

  4. Système de caste, privilèges, opacité, conflits d’intérêts… disons plutôt abus de biens sociaux. Quelques exemples :
    – un animateur de jeux télévisé sur FR3 se fait licencier, perçoit 400.000 euros d’indemnités, est embauché immédiatement par MediaWan – société de production privée – pour présenter le même jeux sur FR3, qui verse alors à MediaWan des commissions de production
    – des animateurs – trop nombreux – d’un talk-show de fin d’après-midi qui posent chacun1, 2 parfois 3 questions à des invités et qui chaque soir dînent aux frais des contribuables
    – ces mêmes animateurs qui passent 10 jours à Cannes pendant le festival du cinéma pour ne pas poser plus de questions chacun, tous frais payés : hôtel, restaurants, coiffeur, maquilleur, probablement robes et smoking, déplacements
    – la liste est trop longue.
    Le risque est que ce rapport ne soit jamais rendu public, et que tous ces abus perdurent.

  5. «  »En cas de vote négatif (des 31 parlementaires de la commission d’enquête), une situation rare, l’ensemble des travaux, y compris les comptes rendus d’auditions et documents transmis, ne pourraient être rendus publics au nom de la commission d’enquête. »
    On hallucine en imaginant ce scenario ! Ce serait une nouvelle confirmation du totalitarisme qui s’est installé dans ce pays sans que les moutons et pigeons ne réagissent…

  6. Le PR ayant appuyé récemment le 3 ème mandat de la présidente de FT le rapport de cette commission finira aux oubliettes comme bien d autres
    S attaquer a l audiovisuel public releve du crime de lese majesté

  7. C’est bizarre, dans chaque déclaration d’impôts, pour les justifier, le gouvernement énumère tout ce qu’il fait pour les Français. Mais il n’a jamais rien dit à propos de l’audiovisuel public, est-ce qu’il nous aurait caché cette forme de corruption légale.
    ?

  8. Comment peut-on espérer réformer un pays tel que la France où la gabegie, voire la corruption, sont en train de gangréner tout ce qui est géré par l’Etat ?
    Trop de personnes vivent de cette situation et n’ont pas envie de voir leurs privilèges supprimés.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.