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mardi 30 juin 2026

Audiovisuel public : pour Delphine Ernotte, le contrôle démocratique est une menace

Temps de lecture : 2 minutes

Un résultat d’exploitation prévisionnel à -72 millions d’euros en 2025, un pluralisme de façade, des avantages compétitifs par rapport aux groupes privés, des conflits d’intérêts dans l’attribution de contrats à des sociétés de production… Le rapport sur l’audiovisuel public a démontré la gestion catastrophique de France Télévisions. Delphine Ernotte, présidente-directrice générale, sera tout de même reconduite, pour un quatrième mandat, à la présidence du Conseil exécutif de l’Union Européenne de Radio-Télévision (UER), le lobby des médias labellisés « service public ».

L’UER, association professionnelle internationale, est bien évidemment libre de nommer ses membres. C’est la déclaration de Mme Ernotte qui nous a interpellés : elle s’est inquiétée des « graves menaces » auxquelles les « médias de service public » sont confrontés. À quoi peut-elle bien faire référence ? Au fait que l’audiovisuel public soit enfin sommé de rendre des comptes aux contribuables qui le financent malgré eux ? L’esprit de caste qui y règne serait-il de nature à faire obstacle à l’exigence basique du contrôle démocratique ? L’opposition farouche à la commission d’enquête et les attaques personnelles subies par le rapporteur Charles Alloncle ont pourtant montré la nécessité d’un tel contrôle. Une entreprise majoritairement financée par des dotations publiques ne devrait pas le redouter ; elle devrait, au contraire, y voir une exigence normale de transparence et de responsabilité. Par ses déclarations, Delphine Ernotte entretient une confusion entre un prétendu intérêt général et la préservation des privilèges des médias de France Télévisions. Des privilèges tellement ancrés dans la vie politique française que la Cour des comptes aurait retardé la publication d’un rapport afin de ne pas entacher la reconduction de Mme Ernotte en 2025.

À entendre les dirigeants de France TV, le véritable danger ne serait pas les déficits ou les conflits d’intérêts relevés par les parlementaires, mais le fait que quelqu’un ose enfin poser des questions. Cette conception du service public est pour le moins singulière : bénéficier chaque année de plusieurs milliards d’euros d’argent public sans accepter de rendre des comptes… Dans une démocratie fonctionnelle, le contrôle des organisations financées par tous ne constitue pas une menace. C’est précisément la contrepartie de leur financement.

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5 réponses

  1. Elle pourrait ne pas avoir tort….
    La démocratie ,ne garantit « rien. ».

    Il faut en revenir à la vraie question, pourquoi un service public audiovisuel?

    Quelle mission? pour quel prix? .et contrôlé comment?

    Il ne reste comme affirmation « tenable » que le « pluralisme!!!  » avec une définition arbitraire.. et imposé d’ailleurs aux chaines privée!!
    Il est vrai qu’avec de l’argent on a une possibilité de changer les opinions des gens donc agir sur la politique.. Sauf que ce souci concerne aussi l’argent public…

    L’idée dune entité « neutre » qui va juger de cela est loin d’être simple , mieux vaut d’ailleurs des règles qui évitent que les décisions soient soumises à la subjectivité un peu comme le juge contraint par la loi… sauf que pour la justice, on a aussi des problèmes..
    Bizarrement on oublie qu’un des problèmes de la démocratie est que les gens ne votent pas pour ce qui est juste mais pour ce que les gens pensent dans leur interet, raison pour la quelle des démocraties deviennent « ingouvernables ».

    On a même dépassé le stade où un consensus peut se former sur des valeurs communes.. Il ne reste presque rien…

    La téloche public devrait être le plus petit dénominateur commun la téloche de LFI , la téloche du zemmour… téloche de rousseau, téloche des propalestiniens et des pro Israël des pro russe et anti russe.. donc quoi? la météo?

  2. Bien d’accord avec vous: quand on reçoit de l’argent public, on doit rendre des comptes au pays. Surtout quand on est service public. Mais votre appel à un contrôle démocratique est surprenant: deviendriez-vous collectivistes ?????
    Si vous voulez être cohérent, les entreprises privées qui perçoivent ou ont perçu régulièrement plus de 200 milliards d’euros publics de la part de Macron, devraient elles aussi rendre des comptes au pays, non ????

    1. Faire une commission d’enquête parlementaire sur France TV, c’est du collectivisme pour vous ?

      Vous ne pouvez pas mettre sur le même plan une entreprise presque intégralement financée par l’argent public et les entreprises privées qui reçoivent ponctuellement des subventions.

  3. Si l exigence de contrôle et de rendre des comptes fonctionnent pour le service public , ce en quoi je suis totalement d accord , alors cette règle doit s appliquer à l ensemble des élus tout partie confondus et tout mandat.

  4. Dans son esprit démocratique Madame Ernotte est ouverte à toutes les pensées proches des siennes.

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