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lundi 16 février 2026

Harcèlement anti-IVG en Espagne : la difficile frontière entre la protection et l’idéologie

Temps de lecture : 2 minutes

arton6892

Le Sénat espagnol a adopté une réforme du Code pénal qui permet d’emprisonner ceux qui auraient harcelé des femmes souhaitant avorter afin de les faire changer d’avis. Ils pourront être condamnés à trois mois d’emprisonnement ou à des travaux d’intérêt général pour obstacle à l’IVG via “des actes gênants, offensifs, d’intimidation ou de pression”. Le personnel soignant pourra également être condamné. En France, le délit d’entrave à l’IVG est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende. Ce délit peut avoir lieu en consultation, au téléphone, sur les réseaux sociaux, etc. et consiste à empêcher ou tenter d’empêcher d’accéder à l’IVG. Il peut s’agir, par exemple, de diffuser des informations pouvant induire en erreur sur les caractéristiques de l’IVG et ses conséquences médicales. En Espagne, l’avortement est autorisé jusqu’à 14 semaines, et ce délai est repoussé à la 22e semaine si la grossesse fait courir à la mère des dangers physiques ou psychiques.

A chaque nouvelle loi, tout Etat devrait se demander en quoi elle garantit la sécurité de ses citoyens. Il existe deux questions fondamentales : d’abord la mise en danger effective des citoyens par une situation donnée, ensuite la capacité de l’Etat à enrayer cette mise en danger mieux que les citoyens eux-mêmes. L’Etat doit également veiller à ce qu’écarter un danger n’entraîne pas la survenue d’un autre tout aussi grave.

Les services d’écoute des femmes enceintes en difficulté le savent : les femmes subissent des pressions pour avorter au moins autant que pour ne pas le faire. Entre les parents qui alertent leur fille sur la fin de ses études, le conjoint qui menace sa compagne de la quitter, le médecin qui traite la future mère d’inconsciente, les entraves à la grossesse et les harcèlements des femmes enceintes sont nombreux. Ceux-là ne sont pas punis, parce que les reconnaître écornerait l’image de l’avortement comme un droit fondamental. Cela, les féministes n’en veulent pas. Elles sacrifient donc les femmes enceintes, et au passage leurs enfants, sur l’autel de leur idéologie.

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