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jeudi 24 septembre 2026

Industrie française : plus d’aides pour plus de fermetures d’usines

Temps de lecture : 2 minutes

La part de l’industrie dans la valeur ajoutée française n’a cessé de diminuer depuis 2000. À cette date, elle était de 16,8 % — déjà loin des 22,3 % de 1970 et des 30,5 % de 1960 — contre 13,5 % aujourd’hui, indique une récente « note structurelle » de la Cour des comptes. Le rapport précise que « cette évolution se traduit par une perte d’emplois industriels, l’industrie passant de 4,2 millions d’emplois en 2000 à 3,4 millions en 2024 ».

Les objectifs de réindustrialisation sans cesse proclamés, surtout depuis la crise du Covid, sont donc loin d’être atteints. Le solde net des ouvertures et extensions de sites, déduction faite des fermetures et des réductions, n’est plus que de +19 en 2025, contre +88 en 2024. Au premier semestre 2025, la France a même enregistré 44 ouvertures d’usines pour 82 fermetures.

Le rapport insiste surtout sur le manque d’efficacité des aides à l’industrie. Celles-ci prennent deux formes : l’amélioration de la compétitivité-coût, par des réductions de fiscalité ou de charges visant à compenser leur niveau élevé, et le soutien à la compétitivité hors coût, notamment l’innovation et la montée en gamme. L’ensemble se chiffrait à environ 11,5 milliards d’euros par an entre 2015 et 2019, pour atteindre 15,8 milliards sur la période 2020-2024, soit une hausse de 37,4 % en euros courants. Si l’on y ajoute les allègements généraux de cotisations sociales (10,5 milliards), on arrive à 26,3 milliards d’euros par an en moyenne, soit 36 % de plus qu’avant le Covid.

Le rapport analyse l’utilité de ces « aides » et conclut à des résultats très en dessous de ceux espérés. Premier constat : elles « n’ont pas permis de résorber l’écart de compétitivité entre la France et ses principaux partenaires ». Le coût non salarial représente encore 31,4 % du coût du travail industriel en 2023, l’un des niveaux les plus élevés de l’Union. La fiscalité de production reste nettement plus élevée en France (4,6 % du PIB) que dans l’Union (2,5 %).

Second constat : la France affiche le soutien public à la R&D le plus élevé (0,42 % du PIB contre 0,18 % en moyenne dans l’Union) mais n’en tire pas parti.

La Cour propose enfin des leviers pour améliorer l’efficience des aides publiques : une meilleure coordination européenne, la création d’une catégorie réglementaire M1E de petits véhicules électriques bon marché, ou encore des investissements accrus dans les projets importants d’intérêt européen commun, autour de l’hydrogène et des semi-conducteurs. Autrement dit : corriger les effets des subventions par d’autres subventions, et ceux des normes par de nouvelles normes.

Mais le problème n’a jamais été le ciblage des aides, mais leur existence même. Une industrie qui est taxée deux fois plus qu’ailleurs, n’a pas besoin qu’on lui rende une partie de ce qu’on lui a pris. Elle a besoin qu’on cesse de l’étouffer. Moins de subventions pour moins d’impôts : c’est la seule réforme qui vaille.

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