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jeudi 5 mars 2026

La discrimination positive n’a pas été bénéfique, bien au contraire

Temps de lecture : 3 minutes

russie

Assiste-t-on à la fin de la discrimination positive ? Il faut l’espérer tant cette idéologie a fait du mal. A l’IREF, nous l’avons écrit plusieurs fois et avons souvent dénoncé le favoritisme racial ou social. La discrimination positive, qui a pris son plein essor à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix, encourage le racisme antiraciste et l’égalitarisme crée en réalité des inégalités. Le travail et le mérite sont sacrifiés au nom de la race, du sexe et la situation sociale.

Il faut donc apprécier les premières mesures de Trump concernant le wokisme, le politiquement correct et l’ « affirmative action ». Il veut que tout le monde soit sur un pied d’égalité,  les Noirs (et autres minorités) pouvant très bien réussir sans politiques spéciales en leur faveur. Il a raison, la preuve en est apportée par la période qui a précédé cette vague de hautement bonnes intentions. Selon une analyse détaillée réalisée par Jason L. Riley, chercheur au Manhattan Institute, au cours des deux premiers tiers du XXe siècle, bien avant que la discrimination positive et l’élargissement de l’État-providence ne soient mis en place pour venir à la rescousse des Noirs, ceux-ci ont fait des progrès significatifs dans la société américaine. Les écarts d’éducation se sont réduits, les revenus ont augmenté et la pauvreté a reculé. En 1940, les Blancs de 25 à 29 ans étaient en moyenne scolarisés 3,6 années de plus que les Noirs. En 1960, les deux groupes avaient progressé, mais les Noirs encore plus que les Blancs et l’écart s’était réduit de plus de moitié, à 1,7 années. La plupart des emplois de bureau exigeaient, comme aujourd’hui, un diplôme d’études secondaires. Entre 1940 et 1960, le pourcentage de Noirs possédant ce diplôme a plus que triplé, augmentant là encore à un rythme bien plus rapide que chez les Blancs. A la fin des années 1960, de plus en plus d’universités ont commencé à assouplir leurs critères d’admission pour accueillir des étudiants noirs.  Mais après 1970, le taux relatif d’obtention de diplômes universitaires par les Noirs a chuté, puis stagné, et n’a jamais retrouvé sa trajectoire ascendante antérieure. Il est aujourd’hui inférieur à celui des Blancs par rapport à 1970.

Le constat est similaire en ce qui concerne les revenus des Noirs. En 1939, le revenu annuel médian était de 360 ​​$ pour les hommes noirs et de 1 112 $ pour les hommes blancs (ces chiffres sont nominaux, non ajustés en fonction de  l’inflation). En 1960 : respectivement 3 075 $ et 5 137 $, soit une augmentation de 568 % pour les Noirs contre 362 % pour les Blancs. Si l’on restreint le champ d’observation aux femmes, pendant la même période, l’augmentation a été de 418 % chez les Noires et 275 % chez les Blanches. .

Tout cela, c’était avant la discrimination positive et la législation sur les droits civiques du milieu des années 1960. Reprenons le revenu annuel médian sous un autre angle : entre 1940 et 1970, celui des hommes noirs est passé de 41 % à 59 % de celui des hommes blancs, soit une augmentation de 18 points. Entre 1970 et 1995, elle n’a été que de 8 points supplémentaires, pour atteindre 67 %. Chez les femmes, c’est encore plus spectaculaire. Le revenu médian des Noires était à 36 % de celui des Blanches en 1940, à 73 % en 1970. Entre 1970 et 1995, c’est la chute :  leur salaire n’a augmenté que de 16 points supplémentaires.

Conclusion sans appel : les revenus des Noirs ont progressé à un rythme beaucoup plus rapide avant la discrimination positive. Les Noirs ont réalisé de plus grandes avancées à l’ère des politiques de discrimination raciale, et malgré elles, qu’à celle des mesures de discrimination positive. La démonstration de Jason L. Riley en déconcertera certainement plus d’un…

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8 réponses

  1. Bonjour,
    Je partage tout à fait votre avis sur les méfaits de la discrimination positive (quelle idée absurde et humiliante !).
    Néanmoins, les chiffres évoqués ne témoignent-ils pas d’un effet d’asymptote dans l’évolution des courbes ?
    Je suis persuadé que vous êtes dans le vrai, mais dubitatif sur l’interprétation des chiffres mentionnés. J’imagine que l’étude sur laquelle vous vous appuyez doit être plus documentée et que vous n’en avez extrait que quelques chiffres afin d’illustrer la conclusion de l’auteur.
    Quoiqu’il en soit : arrêtons ces politiques ineptes et merci à l’iref de les dénoncer !

  2. Le fait même d’ajouter « positive » à « discrimination » est loufoque : si une discrimination est « positive » pour les uns, elle est « négative » pour les autres. Qu’est-ce qui qui justifie l’emploi d’un terme plutôt que l’emploi de son opposé ?

  3. Cher Nicolas ,
    Qui peut ne pas partager cet avis . Mais le plus bel exemple de la discrimination positive n’est il pas la distinction fiscale opérée avec ceux qui par leur travail paient plus d’impôts que les autres .

  4. Favoriser une personne parce qu’elle est noire ou arabe est du racisme qui ne se base pas sur les compétences mais sur l’origine .Vous feriez vous opérer par un médecin ayant eu ses diplômes par discrimination positive ? Par exemple ajouter 4 points d’office a un étudiant parce qu’il est noir !!
    Ou un pilote d’avion qui a une mauvaise vue mais a qui on donnerait des points en plus à son examen ?!!!

  5. La discrimination positive a eté appliquée à l
    Entrée des grandes écoles !!’
    Le résultat final a été catastrophique .Et a sûrement privé des peurs français blancs qui étaient capables .

  6. …est passé de 41% à 59% soit un écart de 18 points .Enfin un « journaliste » qui ne confond pas % et points !
    C’est tellement rare que cela mérite d’être souligné !

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