En un temps record, l’Amérique républicaine a changé de cap. Le président Trump vient de s’emparer de près de 10 % du capital d’Intel (entreprise spécialisée dans la conception et la fabrication de semi-conducteurs), soit 433,3 millions d’actions achetées à 20,47 dollars l’unité, représentant un investissement colossal de 8,9 milliards de dollars. Concrètement, Washington convertit en actions des subventions encore non versées : 5,7 milliards issus du Chips and Science Act et 3,2 milliards provenant du programme Secure Enclave. À cette somme s’ajoutent les 2,2 milliards déjà reçus par Intel dans le cadre des subventions CHIPS, portant l’appui total de l’État américain à 11,1 milliards de dollars. Cette entrée au capital d’Intel comprend également un bon de souscription de 5 ans, à 20 dollars par action, pour 5 % d’actions supplémentaires si Intel cesse de détenir au moins 51 % de l’activité de fonderie.
Cette intervention survient alors qu’Intel peine à résister à la concurrence asiatique : TSMC et Samsung en tête. L’entreprise a affiché en 2024 une perte nette de 18,7 milliards de dollars, soit une chute vertigineuse d’environ 1 200 % par rapport à son bénéfice de 1,7 milliard enregistré en 2023. Plus inquiétant encore : le groupe prévoit de réduire de 15 % ses effectifs et d’abandonner ses projets d’investissement de plusieurs dizaines de milliards de dollars en Europe, notamment en Allemagne et en Pologne. Par ailleurs, la valeur boursière d’Intel a chuté de 51,32 % en 5 ans.
Le comble c’est que Trump avait accusé Kamala Harris d’être interventionniste dans l’économie
L’entrée de l’État américain au capital d’Intel intervient aussi après une période de turbulences internes. Le nouveau PDG, Lip-Bu Tan, en fonction depuis mars 2025, a failli être contraint à la démission à cause de ses anciens liens avec la Chine. Trump a finalement renoncé à l’évincer, après que Tan a publiquement réaffirmé sa loyauté aux États-Unis.
Durant les élections américaines de 2024, Donald Trump a accusé Kamala Harris de « socialisme », alors même que l’administration Biden n’a jamais nationalisé d’entreprises. Or, dans ce virage interventionniste assumé, son conseiller économique Kevin Hassett affirme être « persuadé » que d’autres opérations de ce type suivront.
Loin de garantir l’avenir d’Intel, ce « sauvetage » par capitaux publics risque surtout d’enfoncer le groupe dans l’endettement, tout en enfermant l’Amérique dans un modèle de capitalisme d’État inefficace et dangereux pour la liberté économique.
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5 réponses
C’est beau de voir l’opinion de quelqu’un qui ne connait absolument rien de l’histoire Américaine. (FDR, Reagan, GW Bush, Obama, qui ont tous pris des positions dans le prive…pour le rendre au prive). C’est tres Francais; Bravo!
Il est difficile de demander à un journaliste de comprendre l’intégralité des paramètres d’une situation qui peuvent conduire à des décisions que l’observateur lambda, fut-il journaliste, est incapable de comprendre.
Ces mêmes journalistes qui affublaient une nullité olympique du titre pompeux de « Mozart de la Finance ».
Trump fait la même politique que ses prédécesseurs, mais lui le dit tout haut. Il est moins hypocrite. C’est la seule différence ! Mais l’usage du moment c’est de faire du Trump basching.
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5 réponses
C’est beau de voir l’opinion de quelqu’un qui ne connait absolument rien de l’histoire Américaine. (FDR, Reagan, GW Bush, Obama, qui ont tous pris des positions dans le prive…pour le rendre au prive). C’est tres Francais; Bravo!
Bizarre, même le WSJ ne la connaît pas https://www.wsj.com/opinion/and-now-a-new-tax-on-patents-politics-policy-intel-chips-665683e0
Il est difficile de demander à un journaliste de comprendre l’intégralité des paramètres d’une situation qui peuvent conduire à des décisions que l’observateur lambda, fut-il journaliste, est incapable de comprendre.
Ces mêmes journalistes qui affublaient une nullité olympique du titre pompeux de « Mozart de la Finance ».
Trump fait la même politique que ses prédécesseurs, mais lui le dit tout haut. Il est moins hypocrite. C’est la seule différence ! Mais l’usage du moment c’est de faire du Trump basching.
La critique doit être argumentée. La flatterie aussi.