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samedi 14 février 2026

Islamisme : une menace réelle, un aveuglement persistant

Temps de lecture : 3 minutes

Une commission d’enquête de l’Assemblée nationale a publié un rapport sur les liens existant entre des représentants de mouvements politiques et des organisations ou réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste. Il n’est pas rassurant.

Issu de près d’une trentaine d’auditions de ministres, agents des services de renseignement, élus locaux, chercheurs, journalistes ou encore responsables politiques, il vise à éclairer les mécanismes de diffusion de l’islamisme en France, bien au-delà de la seule menace terroriste. Dès les premières pages, les rapporteurs rappellent que l’islamisme ne saurait être réduit à la violence armée. Il s’agit d’« une idéologie politique à part entière », qui prétend « organiser la société selon des normes religieuses présentées comme supérieures au droit commun » et n’est pas systématiquement violente.

Comment l’idéologie islamiste se diffuse dans la société française

La première partie du rapport s’attache à une clarification conceptuelle indispensable. L’islamisme y est défini comme « une idéologie politique visant à organiser la société selon une interprétation rigoriste et normative de l’islam », distincte à la fois de la religion musulmane et du terrorisme jihadiste. La commission souligne que la confusion entretenue entre ces notions a longtemps entravé l’action publique, en rendant difficile l’identification d’un phénomène qui « peut se déployer sans recours à la violence » et qui privilégie des stratégies légales, institutionnelles et sociales plutôt que l’affrontement direct.

Le rapport remonte jusqu’aux années 1960 et à l’importation, en Europe, de courants structurés, parfois inspirés des Frères musulmans. En France, ces réseaux ont progressivement investi le champ associatif, éducatif et social. Associations culturelles, soutien scolaire, médiation locale, lobbying, collecte de fonds : la commission décrit un maillage dense de structures qui, sous couvert d’activités caritatives ou sociales, diffusent des normes incompatibles avec la laïcité, l’égalité entre les sexes et la liberté religieuse.

La stratégie est redoutable : formuler les revendications dans le langage des droits fondamentaux, de la lutte contre les discriminations et de l’« inclusion sociale ». Une rhétorique efficace qui rend toute remise en cause politiquement risquée, notamment pour des élus insuffisamment formés ou désireux d’éviter le conflit. Les rapporteurs soulignent ainsi que l’État s’est longtemps concentré sur la lutte antiterroriste stricto sensu, laissant prospérer des réseaux et des discours qui échappent aux outils classiques du renseignement.

Quand les politiques surfent sur la vague islamiste

La deuxième partie du rapport aborde un terrain plus explosif : celui des relations, directes ou indirectes, entre certains responsables politiques et des mouvements islamistes. La commission observe que les alertes émises par les services de renseignement sur des groupes ou des individus ne sont pas toujours suivies d’effets notamment au niveau local. Si des maires font preuve de « démarches proactives » auprès du renseignement territorial avant d’autoriser des projets sensibles, d’autres restent passifs, y compris lorsqu’ils sont informés de la présence d’islamistes.

Il y a plus grave encore : les rapprochements assumés entre partis politiques et islamistes par stratégie électorale, que le rapport dénonce. On les voit surtout à gauche du spectre politique, à des degrés divers (Debout !, Génération.s, La France insoumise, les Écologistes, Nouveau parti anticapitaliste, Parti socialiste, Parti communiste français). Le parti La France insoumise (LFI) est le plus cité en raison de ses prises de position, de ses participations à des mobilisations, voire du soutien de ses membres à des organisations terroristes islamistes à l’instar de Rima Hassan ou de Thomas Portes vis-à-vis du Hamas. Pour Cédric Brun, ancien militant et élu insoumis, les alliances militantes entre LFI et les islamistes « sont observables sur le terrain » et relèvent « non d’une infiltration, mais d’une stratégie électorale délibérée ».

Que faire devant un islamisme structuré ?

Sur le plan juridique, la commission reconnaît que l’essentiel de l’arsenal existe déjà : dissolution d’associations, fermeture de lieux de culte, suppression de subventions, gel des avoirs en cas d’ingérence étrangère… Le problème n’est donc pas tant l’absence d’outils légaux que l’incapacité à lutter efficacement contre un phénomène qui relève avant tout de l’entrisme et du combat idéologique.

Elle insiste, à ce titre, sur le rôle du monde académique dans la diffusion de connaissances sur l’islamisme, ses doctrines et ses stratégies. Toutefois, les rares chercheurs dans ce domaine, comme Florence Bergeaud-Blackler, sous protection policière à cause de ses travaux sur le frérisme, se plaignent de se voir « systématiquement interdire l’accès à l’enseignement universitaire ». De la même manière, Gilles Kepel, professeur des universités spécialiste du Moyen-Orient, a perdu sa chaire de sciences politiques à l’École normale supérieure (ENS) « en raison de son approche critique de l’islamisme ». La commission souligne également l’importance d’une plus grande information du grand public afin de sortir d’un débat polarisé entre « islamogauchistes » et « islamophobes ».

Le rapport a le mérite de nommer un phénomène longtemps minimisé. Il montre aussi, en creux, les limites d’un État qui prétend tout encadrer mais évite soigneusement ses propres angles morts : lutter contre l’islamisme suppose moins de nouveaux dispositifs juridiques que davantage de lucidité et de courage politique – y compris lorsqu’il s’agit de rompre avec des alliances électorales ou des financements publics. En ce sens, la proposition libérale de supprimer les subventions aux associations constitue une piste, peut-être pas suffisante car elles peuvent survivre grâce à de l’argent venu de l’étranger, mais probablement, déjà, plus efficace que ce que l’on appelle pompeusement un « contrat d’engagement républicain »…

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21 réponses

  1. On apprend (Europe 1 ce matin) que la banque islamique s’installe dans le pays, Rien n’est laissé au hasard pour la subversion rampante.

  2. Islamisme, quand le suffixe tend à banaliser le radical. Seuls les crédules se laissent abuser avant de le regretter ensuite amèrement.

  3. Si j’ai bien compté, cela fait 14,5 siècles que le monde mahométan cherche des noises à l’Europe chrétienne. Il fut très longtemps contenu. Depuis le dernier demi-siècle (ça commence avec le premier choc pétrolier, forme d’agression économique des pays arabes producteurs de pétrole, qui reprochent à l’Occident d’être beaucoup trop du côté d’Israël, et pas du côté de la Palestine), on a choisit de se livrer sans coup férir à une civilisation concurrente basée sur une religion conquérante. Cet islam ne fait que profiter de l’opportunité qui lui est offerte par des dirigeants décadent de l’UE.

    1. Vous parlez de la Palestine comme une nation, alors revoyez votre histoire avant JC et vous comprendrez que la Palestine n’est qu’un montage ONUSIEN et rien d’autre. A titre indicatif Jésus est né en Palestine, territoire du royaume Hébreux alors sous occupation Romaine (et non colonisée), et ce territoire a été ensuite occupé par les Arabes qui ont éradiqués les Juifs par la force ou par la conversion, voir l’histoire de la diaspora Juive. Donc la Palestine n’existe pas comme pays.

  4. L’aveuglement de nos politiques est incompréhensible sauf à admettre que le livre « soumission » était prémonitoire de cette situation.

    1. Au contraire nos hommes politiques clairvoyants à très cours terme, agitent démagogie et clientélisme de manière irresponsable

  5. La façon dont le coran traite les femmes suffit a disqualifier cette religion. C’est malheureux pour ceux qui sont tombé dedans, pas par choix mais par leur naissance, mais c’est ainsi. L’indulgence ignorante ou clientéliste de nos politiques à son égard est coupable.
    Lisez le Coran bande d’ignorants, cela vous ouvrira les yeux.

  6. Dans 50 ans, tous musulmans, soumis à la charia, réduits à l’esclavage selon les directives d’un prophète d’Arabie qui vécut il y a 1500 ans. Tous musulmans ou tous morts, n’oublions pas que le Coran permet de tuer les mécréants. Au Moyen Âge, les esclaves chrétiens étaient castrés, pour leur interdire toute descendance Chouette destin pour l’Europe millénaire, avec sa culture chrétienne antérieure à l’islam, qui a tant fait pour créer l’humanité moderne. Et tout cela non pas tant par la puissance physique ou intellectuelle de l’islam, mais par l’amollissement de l’occident et la collaboration intéressée de certains de ses membres. Je suis trop âgé pour voir cela mais je plains mes enfants, tout en espérant, peut-être naïvement, un sursaut salvateur ou une prise de conscience générale.

  7. Quand on lit certains commentaires sur l’article parlant des KFC hallal, on comprend que malheureusement la bien-pensance de ceux qui ne pensent pas loin va permettre à cette idéologie de finir de s’ancrer dans la société française.
    Et de la transformer.
    Comme a dit je-ne-sais-plus-qui : la gauche a bouffé du curé pour désormais lécher les babouches des mahométans.
    Comme je dis moi : on a lutté contre une religion à l’origine de « nos valeurs » pour s’agenouiller devant une autre totalement contraire à « nos valeurs » !

  8. Le « frerisme »a fait preuve d’une intelligence qui fait défaut à nos élites. Celles-ci n’ont pas su protéger nos enfants en abandonnant notre histoire au profit d’un progressisme de bas étage pour assurer l’hégémonie du socialisme. Les imbéciles sont plus facile à manipuler pour des élites décadentes.
    Évidemment le niveau de celles-ci revient en boomerang dans la « gueule » du pays avec l’Islam triomphant.

  9. On doit impérativement éradiquer les Frères Musulmans du pays et réduire au plus vite l’entrée sur notre territoire des Musulmans de quelque nation ils soient, c’est une question de survie de la France, sinon adieu notre nation plus que 2 fois millénaire.

  10. Vouloir exclure des individus sur la base de leur religion relève de la punition collective, incompatible avec le libéralisme et l’égalité devant la loi. Une nation ne se défend pas en abandonnant ses principes fondamentaux.

    1. Sauf si l’on veut imposer cette religion. De toute façon, la religion devrait être un choix personnel, intime et discret.

    2. Le problème est que la dite religion est collectiviste… Contrairement au christianisme, elle ne respecte pas l’individualisme libéral et professe explicitement la soumission temporelle des autres (y compris mécréants) de gré ou de force. Renseignez-vous un peu plus sur le contenu de la doctrine en question. Il existe une différence entre faire un voeu personnel de pauvreté et vouloir imposer aux autres le communisme par la violence… eh bien, c’est pareil avec l’islam. Cela est si vrai que le président égyptien Sissi a demandé publiquement (cf. son fameux discours de 2014) aux théologiens musulmans de résoudre ce problème structurel afin que l’islam puisse s’intégrer un jour dans la communauté humaine mondiale. Donc il ne sert à rien de nous traiter « d’islamophobes » : les intellectuels de ces pays sont les premiers à savoir que l’islam pose un problème spécifique en raison de sa structure collectiviste.

    3. Vous faites l’erreur courante des défenseurs biens-pensants, volontairement ou non : l’islam n’est pas seulement une religion, c’est surtout et avant tout un système politique et de gouvernance de la société. On ne peut lui appliquer les principes de tolérances qui prévalent pour les autres religions, les vraies, celles qui ne concernent que la foi intérieure.
      C’est intéressant que vous citiez l’égalité devant la loi. Vous devez savoir qu’il y a désormais des tribunaux de la charia au Royaume-Uni. Les femmes sont-elles les égales des hommes dans la loi islamique ?
      Pour quelle raison la France devrait-elle accepter de basculer petit à petit dans ce système car, vous le savez parfaitement, l’islam ne tolère pas d’autre loi que la sienne. Avec l’évolution démographique que nous connaissons, si nous continuons de laisser faire, la charia s’appliquera en France dans 50 ans.
      Bien sûr qu’une nation doit se défendre si le nouvel arrivant veut lui faire abandonner à terme ses principes fondamentaux !
      En tant que femme, j’espère bien que mon pays va lutter pour ne pas devenir un pays que les femmes fuient.

    4. C’est sur il vaut mieux les laisser nous détruire et nous remplacer… c’est plus compatible avec l’égalité et les principes fondamentaux…. Ou bien avec la soumission ?

  11. la charia prescrit de ne pas boire de vin et d’estourbir les mécréants… Allô Houston, nous avons un problème !

  12. Tant que les politiques en particulier ceux de gauche et d’extrême gauche refuseront par pur électoralisme d’accepter ce qui est devenu une vérité première : l’islam radical s’est infiltré partout dans toutes les structures tel un saule trop près d’une canalisation l’entortille ses racines et finit par la faire exploser (expérience vécue par un ami).
    Il ne faudrait pas oublier non plus les « bien-pensants » qui veulent supprimer tous les noms de saint des lieux publics et transformer les vacances de Noël en vacances d’hiver ou encore ceux (les mêmes) qui vous souhaitent un Joyeux Réveillon plutôt qu’un Joyeux Noël.

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