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mercredi 27 mai 2026

Ultra gauche : la violence comme stratégie politique

Temps de lecture : 3 minutes

La mort du jeune Quentin en février à Lyon, tabassé par des membres présumés de la Jeune Garde antifasciste, n’est pas un fait isolé : elle s’inscrit dans une continuité où l’ultra gauche, ainsi que l’appelle Christophe Bourseiller, se sert de la violence comme mode d’action politique. Alors que l’extrême gauche intègre des courants révolutionnaires hostiles au capitalisme et aux institutions, l’ultra-gauche renvoie à des mouvements encore plus radicaux, souvent violents. Cette violence peut être dirigée contre les forces de l’ordre, des adversaires politiques, mais aussi des personnes incarnant la « gauche institutionnelle » : le 1er mai 2025 à Paris par exemple, des élus socialistes ont été agressés et accusés de traîtrise par des militants se réclamant de l’antifascisme.

Des justifications théoriques anciennes

Pour comprendre cette normalisation de la violence, il faut remonter aux racines idéologiques de l’ultra gauche et plus particulièrement au marxisme révolutionnaire. Chez Karl Marx et Friedrich Engels, le renversement de l’ordre bourgeois est conçu comme une étape nécessaire de l’émancipation prolétarienne. Si Marx n’élabore pas une théorie systématique de la violence, il parle de renversement violent de l’ordre social traditionnel (Manifeste du Parti communiste, 1848). Cette idée est reprise par Vladimir Lénine, qui théorise la destruction de l’État bourgeois par la violence organisée (L’État et la révolution, 1917). Léon Trotski, de son côté, estime que le terrorisme est un moyen, pour la « classe révolutionnaire », d’atteindre ses fins (Terrorisme et communisme, 1920).

D’autres penseurs ont accordé à la violence une fonction presque fondatrice. Le philosophe Georges Sorel, présenté comme un introducteur du marxisme en France, attribue à la violence prolétarienne une dimension régénératrice : elle permettrait de purifier la société et de restaurer l’élan révolutionnaire des masses (Réflexions sur la violence, 1908).

De la théorie à la pratique

En France, dans ses formes les plus extrêmes, cette légitimation de la violence a pris la forme du terrorisme politique dans les années 1970 et 1980. Le groupe clandestin Action directe en fut l’expression la plus radicale avec Jean-Marc Rouillan, l’un de ses membres fondateurs, condamné en 1989 à la réclusion criminelle à perpétuité pour complicité dans l’assassinat d’un PDG et d’un haut fonctionnaire. Son passé criminel ne l’empêche pas de bénéficier de la complaisance de certaines organisations politiques d’obédience trotskiste : en 2023, Révolution Permanente l’a invité à l’université de Bordeaux en tant qu’« ancien prisonnier politique » pour parler de la prison et de la « répression ».

Le terrorisme d’ultra gauche n’a pas disparu. Il est d’ailleurs loin d’être résiduel. Dans ses rapports sur la situation et les tendances du terrorisme dans l’Union européenne, l’agence européenne Europol distingue le terrorisme de gauche et le terrorisme de droite (en plus du djihadisme et des mouvements ethno-nationalistes de type séparatiste). Elle montre qu’entre 2019 et 2024, 123 attaques peuvent être imputées au terrorisme de gauche au sein de l’UE, contre 16 attaques au terrorisme de droite. Ces deux formes de terrorisme amènent, quasiment, au même nombre d’arrestations : 243 pour les terroristes de gauche, 237 pour les terroristes de droite.

À propos de l’ultra gauche, les services de renseignement décrivent une « violence de plus en plus forte et décomplexée visant prioritairement les symboles institutionnels, au premier rang desquels les forces de l’ordre ». Pour Aurélien Dubuisson, chercheur associé au centre d’histoire de Sciences Po, cette violence est plus difficile à prévenir parce qu’elle n’est pas toujours structurée au sein d’une organisation, comme on peut le voir avec les black blocs. C’est aussi la raison pour laquelle, selon lui, l’extrême gauche est moins visée par les dissolutions d’associations que l’extrême droite (20 vs. 45 en 2025).

Un enjeu démocratique

Les violences de l’ultra gauche ne sont pas une dérive circonstancielle. Elles s’inscrivent dans une tradition idéologique cohérente, nourrie par l’héritage révolutionnaire marxiste et les théories de la violence politique.

Comment une démocratie libérale doit-elle répondre à ces formes d’action qui contestent ses principes mêmes de fonctionnement ? La tradition libérale repose sur la résolution pacifique des conflits par le droit, la délibération et le suffrage. Lorsque la violence devient un mode d’expression politique, elle remet en cause les conditions du pluralisme démocratique. C’est là qu’un problème se pose : la proximité de certains partis avec des groupes violents. Raphaël Arnault, député LFI, a fondé la Jeune Garde Lyon en 2018. Ce groupement de fait, toujours actif sur les réseaux sociaux, utilise la violence comme un « mode d’action généralisé » et a été dissous pour cette raison. M. Arnault a été condamné définitivement en mars 2025 pour « violences volontaires en réunion » et est fiché S.

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25 réponses

  1. Je pense que la prise de conscience ne fait que commencer… Les faits sont accablants : plusieurs des inculpés sont des salariés du groupe parlementaire de LFI. La responsabilité de leur employeur et commanditaire sera certainement examinée : M. Mélenchon lui-même, en tant que chef de parti et commanditaire de la milice, devrait être interrogé par la justice. En vérité, les faits sont extrêmement graves. Il s’agit d’un meurtre en bande organisé commis par des salariés permanents d’un mouvement politique. Ce n’est pas une simple bagarre.

  2. Dans un pays normal, je veux dire une democratie attachée à ses principes, Un Rouillan devrait simplement mourir en prison. Cette peine existe en Italie.

  3. C’est pourquoi on peut légitimement être inquiet de ce qui pourrait arriver si le RN remportait la présidentielle.

    1. Doublement inquiet, soulèvement des banlieues d’un côté et économie qui finira de s’effondrer de l’autre.
      Mais le RN ne gagnera jamais, les macronistes-socialistes des divers Conseils trouveront contre Le Pen ou Bardella une Fillonnade. Seul l’un des leurs a le droit d’aller au bout de la présidentielle.
      Ce sera encore le cas en 2027, jusqu’à ce que les banlieues obtiennent leur président grâce au nombre.

  4. « … montre qu’entre 2019 et 2024, 123 attaques peuvent être imputées au terrorisme de gauche au sein de l’UE, contre 16 attaques au terrorisme de droite » : Il est intéressant de noter qu’au 20h d’Anne-Claire Coudray, le reportage sur « les extrêmes » a consacré les 3/4 du temps à « l’extrême-droite », jusqu’à montrer une photo du maire RN de Fréjus David Rachline en compagnie d’un responsable du GUD, et seulement 1/4 à la violence de l’extrême-gauche en citant la jeune garde et Raphaël Arnault, mais sans mentionner sa fiche S. Alors qu’il est déjà lunaire qu’un triple fiché S soit éligible !
    Ajoutons à cela la mention « militant nationaliste d’extrême-droite » accolé à Quentin dans tous les journaux subventionnés, y compris le Figaro…
    Je me souviens de meetings de Zemmour interdits pour « risque de troubles à l’ordre public » alors que le fauteur de troubles c’est l’extrême-gauche, en revanche les « conférences » de Rima Hassan ne sont pas interdites…
    L’extrême-gauche gagne toujours.
    Idéologie quand tu nous tiens…

    1. Attendre de la macroniste AC Coudray d’être objective peut prendre quelques décennies. Cette journaliste n’a jamais relaté un seul échec de macron et pour les faits liés à l’insécurité elle est pire que EDM, c’est peu dire.
      Le déni, le déni, toujours le déni pourvu que l’on survive !

  5. Une fois de plus, voici un bon article d’Élodie Messéant qui fait calmement et sérieusement un indispensable travail de journalisme d’information : beaucoup de médias grand public devraient s’en inspirer.
    Même si le format de ce texte ne permet pas de développer certains points, il serait particulièrement utile de citer précisément ses sources :
    – Europol : quels sont les références, voire les liens des rapports répertoriant et mentionnant les attaques terroristes d’extrême droite et d’extrême gauche ?
    – Aurélien Dubuisson : quels sont les références, voire les liens de ses études sur les violences de l’ultra gauche ?
    Cela nous permettra de développer et étayer des argumentaires sourcés et documentés afin de battre en brèche la propagande mensongère de LFI et autres anti démocrates terroristes de gauche, lesquels alignent des listes interminables (sans citer des sources fiables) d’agressions perpétrées par des soi-disant « fachos ».

    Face au danger représenté par ces violences « dignes » des brutalités des SA sous la République de Weimar, les démocrates doivent unir leurs forces afin de lutter contre la désinformation et la manipulation d’esprits faibles, ignorants et immatures.

    Encore merci !

    1. Merci Monsieur pour votre commentaire et pour vos encouragements.

      Vous pouvez trouver les sources directement dans l’article concernant les rapports d’Europol et les propos d’Aurélien Dubuisson (ce sont les URLs en rouge). Notre rédaction préfère les intégrer dans des liens plutôt que d’ajouter des références en fin d’article.

      1. Madame,
        Je m’associe au commentaire de Liger, vos articles sont toujours excellents, sérieux et bien documentés, merci pour cet excellent travail.
        J’adhère également aux URL en rouge, qui permettent de voir aussitôt qu’il y a bien une source et d’y accéder dans la foulée ou en fin de lecture.
        Bonne continuation

      2. Oups ! Au temps pour moi en ce qui concerne les liens !

        Merci de votre prompte et courtoise réponse.

        Bonne continuation dans votre si utile travail !

    2. Utiles aux débats, les faits et arguments n’intéressent pas les sympathisants de l’extrême gauche. Pour eux, seule compte la violence, tout débat est exclu.

      1. N’oublions pas Loïk Le Priol, qui, en 2022 à Paris, a tué de six balles DANS LE DOS l’ancien international argentin de rugby Federico Martin Aramburu. Le Priol est un assassin du GUD, proche du FN. Son complice, Romain Bouvier, qui a touché le rugbyman par balles à la cuisse et au flanc, est accusé de tentative de meutre. Les deux suspects sont des militants d’extrême droite au parcours ultraviolent. Mais peut-être les assassins de droite, c’est pas pareil ? Vous n’en parlez pas ?????? Et les assassinats du père Le Pen, en Algérie ???

        1. @ Calanques
          dans l’affaire du rugbyman dont vous parlez, la qualification de crime politique n’a pas été retenue par la justice… c’était une affaire entre particuliers. Quant à l’Algérie, je vous conseille de vous documenter sur Mitterrand : c’est lui qui a organisé, en tant que ministre de l’intérieur, la répression en Algérie.

      2. Certes ; mais le débat et un échange courtois d’arguments documentés a pour but d’éclairer le public, à commencer par les personnes susceptibles de se faire abuser par les mensonges propagandistes des délinquants politiques, comme les gens de LFI, ou par des lamentables bredouillements de leurs idiots utiles et autres compagnons de route, comme tant de politiciens socialistes anxieux à l’idée de perdre des élections parce que les voix de « kamarades » de LFI pourraient leur manquer.

        En démocratie, il est sain et essentiel de (re)prendre la pratique du « débat républicain » modéré mais sans concession sur les faits véritables.

        Une pensée (ou une prière) encore pour ce pauvre gosse, Quentin, assassiné par les SA de Mélanchon…

    3. N’oublions pas Loïk Le Priol, qui, en 2022 à Paris, a tué de six balles DANS LE DOS l’ancien international argentin de rugby Federico Martin Aramburu. Le Priol est un assassin du GUD, proche du FN. Son complice, Romain Bouvier, qui a touché le rugbyman par balles à la cuisse et au flanc, est accusé de tentative de meurtre. Les deux suspects sont des militants d’extrême droite au parcours ultraviolent. Mais peut-être les assassins de droite, c’est pas pareil ? Vous n’en parlez pas ?????? Et les assassinats commis par le père Le Pen, en Algérie ??? Quant à la photo, elle montre des blacks blocs, en un lieu non identifié, black blocs, libertaires dont le but final est de servir le capitalisme en place et le pouvoir politique qui l’accompagne. Mais aussi les officines comme l’IREF

      1. Coucou les vieux cocos staliniens qui applaudissent courageusement aux dizaines de millions de morts soviétiques chinois cambodgiens……comme aux nombreux lynchages de la milice insoumise
        De 1939 a 41 les cocos étaient les alliés des nazis et des petainistes
        Le FLN a commis de très nombreux massacres en Algérie et en France

    4. N’oublions pas Loïk Le Priol, qui, en 2022 à Paris, a tué d’une balle DANS LE DOS l’ancien international argentin de rugby Federico Martin Aramburu. Le Priol est un assassin du GUD, proche du FN. Son complice, Romain Bouvier, qui a touché le rugbyman par balles à la cuisse et au flanc, est accusé de tentative de meutre. Les deux suspects sont des militants d’extrême droite au parcours ultraviolent. Mais peut-être les assassins de droite, c’est pas pareil ? Vous n’en parlez pas ?????? Et les assassinats du père Le Pen, en Algérie ???

      1. Bonjour a toi le factieux… suite a une bagarre alcoolisée dans un bar, Aramburu a été tué par le Priol…..aucun motif politique contrairement au lynchage récent a Lyon commis par la milice insoumise
        Vous ne parlez pas des assassinats commandités par Ben Bella et Boumedienne en Algérie et en France

  6. Que les manifestants extrémistes s’entretuent, c’est toujours ça de moins pour le travail policier.
    Les élucubrations à n’en plus finir ne servent à rien.
    On devrait faire payer l’organisation des manifestations qui coûtent beaucoup d’argent au contribuable. La police ne travaille pas bénévolement.

    1. Ils appellent leurs opposants « extrémistes », ça permet des commentaires comme le vôtre. Ni ce Quentin ni le comité Némésis ne sont d’extrême-droite, ni extrêmes tout court.
      Perso, je remercie le comité Némésis (7 jeunes femmes) de dénoncer les travers de l’extrême gauche et sa complaisance avec l’islamisme qui condamnera les femmes françaises à un avenir que les Iraniennes et Afghanes nous montrent. Le seul tort de Quentin a été de vouloir protéger ces 7 jeunes femmes qui se sont déjà fait frapper lors de manifestations de l’extrême-gauche.
      Vous noterez si vous le pouvez que les manifestations qualifiées à tort ou à raison d’extrême-droite ne coûtent rien au contribuable, ils ne cassent pas et ne brûlent rien.

  7. Cherchons la définition du fascisme:
    Un nationalisme populiste puissant, souvent exclusif, centré sur le culte d’un leader rédempteur et « infaillible » qui n’admet jamais ses erreurs . 2. Un pouvoir politique fondé sur la remise en question de la réalité, l’adhésion aux mythes et à la colère, et la promotion du mensonge.
    Tien, tien…?

  8. Quand tous ceux qui se font insulter par LFI retourneront le compliment et porteront plainte pour diffamation, on avancera peut être ?

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