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vendredi 28 août 2026

« Karl Marx : la fin de son système », par Eugen von Böhm-Bawerk

Temps de lecture : 3 minutes

Eugen von Böhm-Bawerk, né en 1851, est un disciple convaincu[1] de Carl Menger, père de l’école autrichienne d’économie. Les écrits de Böhm-Bawerk feront de lui l’un des auteurs les plus influents de cette école de pensée libérale. Nous vous proposons ici la chronique de la première traduction en français d’un de ses livres, Karl Marx : la fin de son système, publiée en 2026 par la toute jeune et ambitieuse maison d’édition Ephyra. L’œuvre originale publiée en 1896 est, comme son nom l’indique, une critique de l’idéologie marxiste qui fait suite à la publication du troisième volume du Capital de Marx.

Dans son ouvrage, Böhm-Bawerk démontre l’incohérence du système marxiste et attaque Marx sur le concept de la « valeur travail » qui repose sur aucune preuve empirique et sur des arguments biaisés et confus. Se basant sur des extraits (parfois longs) des écrits de Marx, il démonte pièce par pièce la théorie marxiste dans toute son inanité. En réalité, comme le prouve Böhm-Bawerk, les trois volumes de Marx sont une succession non seulement d’incohérences mais de contradictions majeures.

« A partir de cette position exclusive, selon laquelle la quantité de travail serait l’unique déterminant des rapports d’échanges, il déduit dans deux volumes les conclusions les plus importantes et les plus concrètes : sa théorie de la plus-value et sa dénonciation de l’organisation capitaliste de la société. Puis, dans le troisième volume, il développe une théorie des prix de production qui reconnaît substantiellement l’influence d’autres déterminants également. Mais, au lieu d’analyser en profondeur ces autres déterminants, il se contente constamment de pointer triomphalement les cas où son idole, la quantité de travail, exerce, réellement ou selon lui, une influence […] Il reste silencieux sur l’influence simultanée des autres déterminants […] Pourtant, les passages où il reconnaît ces influences ne manquent pas dans son ouvrage. » (p. 75) Marx, en justifiant sa loi de la valeur, met sous silence d’autres facteurs déterminants dans la formation des prix alors qu’il reconnaît pourtant ces influences.

Mais la critique de Marx ne s’arrête pas à pointer du doigt les incohérences ; elle va plus loin et s’attaque aux fondements même de l’erreur marxiste. Toute la théorie marxiste ne repose sur aucun fait. « Son système n’est pas en prise avec les faits. Marx n’a pas déduit des faits les principes fondamentaux de son système, ni par un empirisme solide, ni par une analyse économique et psychologique rigoureuse ; il ne l’a fondé sur rien de plus solide qu’une dialectique abstraite. C’est là le défaut radical du système marxiste dès sa naissance […] Le système suit une direction, les faits en suivent une autre » (p. 118)

Karl Marx arrive à la conclusion que « le travail seul crée la valeur » par une démarche qui vise à éliminer toutes les autres véritables composantes du prix comme l’utilité, l’offre et la demande, etc. C’est quelque part cela qui différencie le libéralisme du marxisme/communisme : la première doctrine repose sur les faits, l’action humaine chère à l’école autrichienne, tandis que la deuxième est un produit purement idéologique et constructiviste, sans prise avec le réel. Ce n’est pas pour rien si au XIXème siècle, le terme « économiste » désignait l’école libérale. Marx ne décrit pas les choses telles qu’elles sont, mais telles qu’il voudrait qu’elles soient, en s’imposant des contradictions permanentes… comme la gauche en général.

Dans sa conclusion, Böhm-Bawerk estimait que le système marxiste n’avait pas d’avenir durable : « Parmi tous les systèmes scientifiques, ceux qui reposent sur une dialectique creuse comme le système marxiste sont les plus certainement condamnés » (p. 136). Malheureusement, dans le siècle suivant la parution de son livre, le marxisme a enfanté certaines des pires tyrannies. Plus grave encore, malgré le passif de cette idéologie, qui non-seulement ne fonctionne pas, mais qui en plus engendre les pires horreurs, le marxisme bénéficie toujours de défenseurs acharnés. Ces négationnistes sont présents dans les universités, les médias, le milieu associatif et les responsables politiques. Dans notre pays, un parti d’extrême-gauche cumule les bons scores aux élections et son candidat pourrait être au second-tour de la présidentielle de 2027. Le combat contre le socialisme doit toujours être mené, et fermement. Cette traduction bienvenue apporte une pierre à l’édifice humaniste antimarxiste.

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[1] Il n’a pour autant jamais travaillé avec lui ni sous sa direction

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