Voilà un syllogisme : la croissance reprend aux Etats Unis ; or les Etats Unis ont pratiqué une relance à grands coups de déficits budgétaires, donc ce sont les dépenses publiques qui feraient la reprise... Oui, mais il faut le dire : c’est dans les secteurs qui n’ont pas bénéficié de la manne fédérale que les créations d’entreprises et d’emplois ont explosé ; de même que dans les Etats qui ont réduit les dépenses publiques (tels certains pays d’Europe). Cherchez l’erreur !
Voilà un syllogisme : la croissance reprend aux Etats Unis ; or les Etats Unis ont pratiqué une relance à grands coups de déficits budgétaires, donc ce sont les dépenses publiques qui feraient la reprise… Oui, mais il faut le dire : c’est dans les secteurs qui n’ont pas bénéficié de la manne fédérale que les créations d’entreprises et d’emplois ont explosé ; de même que dans les Etats qui ont réduit les dépenses publiques (tels certains pays d’Europe). Cherchez l’erreur !
Plusieurs analystes et journalistes ont vanté ces derniers jours la croissance économique américaine face à la stagnation européenne. La raison principale serait, d’après eux, l’extraordinaire relance publique (« stimulus ») mise en place par le président Obama en 2009, lorsque pas moins de 825 Mds de dollars furent injectés dans l’économie. Cette explication ne résiste pas vraiment à l’analyse des faits.
D’abord, si la croissance aux Etats Unis en 2014 connait une hausse du PIB qui varie entre 2.7 % et de 3.2 %, certains pays européens vont, eux aussi, connaître une hausse de leur PIB. Ce n’est pas le cas de la France, mais de l’Allemagne (dont la croissance est estimée à plus de 2 %) et de la Grande-Bretagne (+ 2.5 %). Or ces pays – faut-il encore le rappeler ? – ont fait d’importantes réformes économiques ces dernières années. Comme les Etats-Unis d’ailleurs ; où plus de 720 000 postes de fonctionnaires ont été supprimés au niveau de l’Etat fédéral et des administrations locales entre 2009 et 2013.
La comparaison avec les crises économiques passées nous permet d’examiner également si l’expansion de la reprise économique a toujours été aussi marquée. La crise du début des années 1980 a été suivie par un rebond économique encore plus puissant qu’aujourd’hui : la croissance du PIB s’est élevée en moyenne à 5 %/an, contre 2 % entre 2009 et 2014. Et cela sans la mise en oeuvre de relances publiques de plusieurs centaines de milliards de dollars. De même, la durée de la récession n’avait jamais été aussi longue : 52 mois depuis 2008 contre 33 mois en moyenne pour les crises précédentes. Malgré la baisse du chômage en fin 2013, l’économie américaine a 2 millions d’emplois en moins qu’au mois de janvier 2008. D’après plusieurs rapports récents, 41 % seulement des entreprises, ayant reçu des aides publiques, ont embauché. La majorité des emplois ont été créés surtout dans des secteurs économiques qui n’ont pas été aidés ; comme les nouvelles technologies, le système médical ou même le textile (qui a énormément gagné en productivité au point de relocaliser) et dans les Etats dotés d’une fiscalité et d’une réglementation très favorables à la création d’entreprises tels que le Texas, le Michigan, le Wisconsin ou l’Oklahoma.
La reprise américaine est due, comme d’habitude, à l’esprit entrepreneurial des Américains et non pas à la relance publique.
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