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mercredi 26 août 2026

La CFDT est-elle un syndicat réformiste ?  

Temps de lecture : 2 minutes

Une interview de sa secrétaire générale, Marylise Léon, invite à se poser la question.

La CFDT véhicule fréquemment une image positive dans la masse des syndicats de salariés. Il s’agirait d’un syndicat moderne, raisonnable, avec lequel on pourrait discuter et ce, ajoutent d’aucuns, à l’encontre de la plupart de ses homologues. Si la CFDT, comme son nom l’indique, est une confédération et que les pratiques locales peuvent être contrastées, les déclarations de sa secrétaire générale sont logiquement scrutées. Et le moins que l’on puisse dire est que l’interview que vient de donner sur RTL Marylise Léon le 25 août ne manque pas d’interloquer.

Dès l’entame de l’interview, elle n’a pas hésité à appeler en faveur d’une taxation des héritages « dès le premier euro ». Autrement dit, il n’y aurait plus de successions exonérées. Or, actuellement, les successions en ligne directe bénéficient d’un abattement à hauteur de 100.000 euros. Bien entendu, Marylise Léon a justifié sa proposition par l’invocation de la « justice sociale » -dont l’appellation pourrait être plus clairement changée en « justice socialiste »…-.

Les propos n’ont pas manqué d’être commentés à l’aune de la lourdeur de la fiscalité dans notre pays en général et de sa spécificité en matière d’impôt sur les successions en Europe tout particulièrement, mais nul n’a posé la question essentielle : de quoi Mme Léon se mêle-t-elle ? Car enfin appartient-il à une syndicaliste de se prononcer sur ce type de sujet ? En effet, un syndicat a pour objet la défense des intérêts de ses adhérents ; un syndicat de salariés a donc pour objet de défendre les intérêts professionnels des salariés qui y adhèrent. En l’espèce, Mme Léon ne se comporte pas comme une syndicaliste, mais comme une femme politique. Certes, elle ne détonne pas dans le milieu, puisque la plupart de ses homologues font de même, à commencer par la communiste Sophie Binet de la CGT (voir notre article du  décembre ).

Autre point de polémique : la secrétaire générale de la CFDT a indiqué sans ambiguïté qu’il n’était pas question de « parler aux candidats d’extrême droite » et tout particulièrement à Marine Le Pen. Elle n’a en revanche pas clairement exprimé pour quelle raison elle ne le ferait pas, mais il est aisé de trouver l’explication : le RN ne serait pas un parti appartenant à « l’arc républicain ».

Ce qui étrange, c’est que Marylise Léon n’a pas parlé des Ecologistes et plus encore de La France Insoumise. Or, en attisant quotidiennement la haine et en flirtant (et parfois plus) avec l’antisémitisme comme LFI, en soutenant la légitimité des actes de résistance au cas où la candidate du RN l’emporterait lors de la prochaine élection présidentielle comme l’ont affirmé tant des cadres de LFI que, récemment, des personnalités Ecologistes, les partis à la gauche de la gauche sont-ils vraiment des partis « républicains » ? A tout le moins, peuvent-ils s’enorgueillir d’un « républicanisme » plus achevé que celui de la droite de la droite ?

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