Les tensions, non négligeables depuis des décennies, voire des siècles, entre Pékin et Tokyo ont encore franchi un palier ce mardi, dans la continuité de l’agitation déclenchée par la déclaration de la chef du gouvernement nippon, Sanae Takaichi, selon laquelle le Japon pourrait être obligé d’intervenir en cas d’invasion de Taïwan par la Chine communiste. Le ministère chinois du Commerce a annoncé mardi interdire l’exportation de biens et technologies à potentiel double usage, civil et militaire, vers 20 sociétés et organismes accusés de « participer au renforcement des capacités militaires du Japon », dont des filiales de Mitsubishi.
Sont notamment visés le constructeur naval Japan Marine United, Mitsubishi Heavy Industries Aero Engines (moteurs aéronautiques), Kawasaki Heavy (avions de combat), IHI Aero Space (missiles) et l’agence spatiale japonaise (opératrice de fusées).
Concrètement, cette interdiction de la Chine s’applique aux entreprises basées sur le sol chinois, mais prohibe aussi la fourniture aux entités japonaises de tels biens fabriqués en Chine par toute organisation basée à l’étranger. Pékin a déjà décidé il y a quelques semaines un durcissement des contrôles commerciaux et recommandé à ses ressortissants d’éviter le Japon comme destination touristique.
« Ces mesures visent à contrer les tentatives de remilitarisation et les ambitions nucléaires du Japon. Elles sont totalement légitimes, raisonnables et légales » et « n’affectent pas les échanges économiques et commerciaux normaux », a indiqué un porte-parole du ministère chinois. Tokyo, lui, dénonce des sanctions « inacceptables et profondément regrettables ». En poste depuis octobre, Mme Takaichi avait annoncé à l’automne vouloir accélérer la hausse des dépenses militaires du pays, afin que celles-ci atteignent, avec deux ans d’avance, l’objectif de 2% du PIB. En outre, Tokyo, pour sa part, évoque depuis l’automne le déploiement de missiles sol-air sur son île méridionale de Yonaguni, à 110 km de Taïwan. Un programme qui ne serait toutefois pas achevé avant cinq ans.
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