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samedi 14 février 2026

La Chine multiplie les provocations autour de Taïwan

Temps de lecture : 2 minutes

Comme un volcan crachant sa lave à intervalles réguliers, une des zones les plus chaudes de la planète sur le plan géopolitique a connu ce lundi un regain de tension. Pékin a lancé lundi des manœuvres militaires simulant le blocus des ports de Taïwan, qui a déployé ses propres forces en riposte.

L’armée chinoise « utilise des destroyers, des frégates, des chasseurs, des bombardiers et des drones » dans le cadre de ces exercices, qui comprennent « des tirs à munitions réelles sur des cibles maritimes », a déclaré le commandement militaire chinois. Taïwan a annoncé avoir détecté 89 avions militaires, ainsi que 28 navires de guerre et des garde-côtes chinois, à proximité de son territoire. Il s’agit du nombre le plus élevé d’avions chinois signalés en une seule journée depuis le 15 octobre 2024. Surtout, le ministère taïwanais de la Défense a en outre fait état d’une formation de navires d’assaut amphibie chinois opérant dans le Pacifique occidental, sans préciser où exactement.

La Chine considère Taïwan comme faisant partie de son territoire, bien qu’elle n’y ait exercé pleinement sa souveraineté que de 1683 à 1895 (auparavant l’île était possession néerlandaise, puis espagnole, ensuite elle fut sous la tutelle du Japon jusqu’en 1945) et menace de recourir à la force militaire pour s’en emparer.

Cette démonstration de force à grande échelle intervient également après des semaines de disputes diplomatiques entre Pékin et Tokyo au sujet de Taïwan, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi ayant laissé entendre en novembre que son pays pourrait intervenir militairement en cas d’attaque contre cette île. Une déclaration qui a suscité l’ire de la Chine. Les précédentes manœuvres ayant impliqué des tirs réels autour de Taïwan remontaient à avril.

Le scénario d’une invasion de l’île à l’horizon 2030-2040, voire dès l’été 2027 pour le centenaire de l’armée de Pékin, malgré la difficulté de la tâche puisque les navires d’assauts chinois devraient parcourir 180 km sous le feu des Taïwanais, paraît hautement probable aux analystes spécialistes de  la région. Une telle invasion, quoique opérée à près de 10.000 km de Paris, aurait des conséquences majeures. Pas seulement parce que Taïwan concentre la moitié de la production mondiale de micro-processeurs, mais aussi parce qu’elle risquerait de provoquer une déflagration majeure, voire mondiale ; les Etats-Unis seraient confrontés au dilemme d’intervenir, malgré les risques militaires et politiques, ou ne rien faire, quitte à laisser du coup toute la région Indo-Pacifique confrontée à la suprématie d’un nouveau « caïd », Pékin.

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10 réponses

  1. Sans oublier qu’une proportion importante de taïwanais et certains Partis politiques se déclarent officiellement favorables favorables à un rapprochement avec la République populaire de Chine qui, dans ces conditions, attend simplement une année favorable pour intégrer l’île , sans violences inutiles/coûteuses et sans affaiblir les performances de son économie, dans l’état Chinois qui par ailleurs a déjà su absorber Hong Kong après la rétrocession de cette ancienne colonie britannique, sans dommages excessifs.
    D’ici l’année 2030 ou 2035 probablement selon le résultat des prochaines élections taiwanaises sauf coup de Trafalgar d’ici-là.
    Est ce vraiment choquant quand on y réfléchit et qu’on reconnaît le principe d’autodétermination ?
    Les gouvernements occidentaux et leurs alliés de la région sont ils pertinents de s’accrocher ainsi à cette île de Discorde quand on mesure l’état de leurs économies respectives , leurs échecs répétés de politique étrangère et leur taux de surendettement?

    1. C’est une blague ? Hong Kong est devenu une dictature chinoise où toute opposition et liberté est lourdement condamnée !

  2. Je ne crois pas à l’éventualité d’une invasion de Taïwan par la Chine. Au-delà du risque géopolitique, le gain à attendre d’une totale destruction des capacités industrielles de l’île ne serait d’aucune utilité pour la Chine.

    Je m’attends plutôt à ce que Pékin conquière lentement et patiemment Taïwan de l’intérieur, par des biais politiques et économiques. Pendant que le grand cirque militaire, lui, ne sert qu’à faire diversion…

    1. L exemple de l invasion russe en ukraine montre que la rationalité est souvent bel et bien absente des stratégies impérialistes

  3. « La Chine considère Taïwan comme faisant partie de son territoire »; il n’y a pas que la Chine, Taïwan n’a jamais fait de déclaration d’indépendance, jusqu’à la visite de Nixon à Pékin, la communauté internationale considérait que Taïwan représentait l’ensemble de la Chine; après la situation s’est inversée. Donc vu du droit international, c’est bel et bien une province rebelle de la Chine! On peut dire que Taïwan elle-même se considère comme une province chinoise ne reconnaissant pas la légitimité et l’autorité du gouvernement de Pékin

  4. Gesticulations militaires à usage interne. La Chine n’a pas les moyens de prendre Taïwan par la force. L’île de Taïwan et sa topographie donne un avantage énorme à la défense. Il n’y a que 2 fenêtres de tir pour tenter un débarquement: avril et octobre. Il n’y a que 14 plages où un débarquement classique est possible. L’entièreté de la chaîne logistique chinoise jusqu’à leurs ports et leur chantiers navals serait sous le feux des missiles taïwanais venant de positions enterrées. Ça serait un massacre.

    Quant à faire le blocus de l’île du côté de l’océan Pacifique? Bonne chance. Je ne donne pas chère de la marine chinoise confrontée à la fine-fleur des sous-marins américains.

  5. Si on veut , pas nécessairement faux.. mais provocation est un procès d’intention.. Le problème est d’une part le statut de Taiwan; et les déclarations de Pekin… La Chine de façon générale fait étalage de sa puissance militaire…

    mais les USA « provoquent ils » quand ils manœuvrent ici ou là ?
    Ou bien on regarde le façon de façon neutre… ou bien on se choisit un camp et si on fait mieux vaut savoir expliquer pourquoi il est le bon.

    Aurions nous la même analyse si taiwan était communiste et la chine libre???et les r

    Terrain de jeu typique d’un gouvernement qui souhaite une guerre..

    Quand on sait que l’Ukraine laisse de nombreux français indifférents au sens de pas prêts à risquer un centime pour l’Ukraine Taiwan alors…

    1. Les USA sont une démocratie et la Chine n’est pas libre ! C’est une dictature dangereuse et il faudra qu’on se prépare à l’affronter

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