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samedi 18 avril 2026

La crise pétrolière en Iran et l’illusion des énergies renouvelables

Temps de lecture : 3 minutes

C’est la panique ! L’intervention militaire dans le Golfe et le blocage du détroit d’Ormuz font flamber le prix du pétrole et du gaz. Mais où sont les énergies renouvelables dans ces moments difficiles ? Normalement, elles auraient dû prendre le relais et satisfaire la demande. Il n’en est rien !

Le prix à la pompe ne cesse de grimper.  Pas un média qui n’en parle. Le prix moyen du gazole dans les stations-service frôle même désormais les 2,20 euros, au plus haut depuis 1985 (dans certaines, c’est… 3 euros !). Le sans-plomb 95-E10 approche de 2 euros le litre. Cette forte hausse s’est répercutée à toute l’économie et stimule l’inflation, laquelle, selon l’INSEE, a accusé +1,7% sur un an et +0,9% pour le seul mois de février. Pourtant, la France, comme d’ailleurs toute l’Europe, dépend peu du pétrole du Golfe (environ 10-11 % des importations en proviennent), contrairement aux pays asiatiques.

Renouvelables, où êtes-vous ?

Donc dans le contexte de cette crise exceptionnelle, il eût été logique de pouvoir compter sur les énergies renouvelables. N’a-t-on pas dépensé depuis des années des dizaines de milliards pour les développer? Ne nous a-t-on pas rebattu les oreilles avec la fameuse et inévitable « transition énergétique » ? Médias, politiques… ils ont (presque) tous servi de relais pour la propagande verte. Et maintenant, mis au pied du mur, que constate-t-on ? Tout bêtement, hélas, que les énergies renouvelables ne peuvent pas remplacer les énergies fossiles et que la crise nous frappe de plein fouet. Les éoliennes, c’est bel et bien du vent face à une réalité pure et dure.

Le mirage du « Zéro émission nette »

Regardons les chiffres. Les combustibles fossiles représentaient 87 % de la consommation énergétique mondiale en 2024, un niveau quasi inchangé par rapport aux années 1970.  La demande mondiale de pétrole, de gaz naturel et de charbon a même atteint des niveaux records en 2025. Une réalité que n’a pas voulu voir, ou dont n’a pas voulu tenir compte, l’Agence internationale de l’énergie qui en 2021 a publié un rapport « Zéro émission nette d’ici 2050 », préconisant de ne plus investir dans les combustibles fossiles. C’est ce qu’on peut appeler de la pensée magique ! Cette année-là aussi, les pays du G7 se sont engagés à mettre fin au financement public des projets d’exploitation des combustibles fossiles à l’étranger… Pensée magique encore ! Car on n’a jamais eu autant besoin d’investir dans les énergies fossiles. Le comble, c’est que la même Agence de l’énergie a publié en novembre 2025 un autre rapport intitulé Perspectives énergétiques mondiales (PEM) dans lequel elle fait preuve d’une très étonnante lucidité. Selon les scénarios – pessimiste ou optimiste – les énergies renouvelables ne représenteront que… 26% ou 31% de l’approvisionnement énergétique mondial en 2050. Avec seulement le solaire et l’éolien, on tombe à respectivement 12 et 16 % ! Nous sommes donc très loin de la « transition énergétique » rêvée par les écologistes et autres experts de pacotille.

Tout cet argent parti en fumée… renouvelable mais improductive !

En France, l’Etat n’a pas ménagé ses efforts pour soutenir les énergies vertes. Un rapport de la Cour des comptes qui vient d’être rendu public dévoile les coulisses des aides et, surtout, des gaspillages. « Afin d’encourager les investissements et d’assurer la rentabilité des installations, écrit la Cour, l’État a mis en place des dispositifs de soutien garantissant aux producteurs, sur des durées généralement de l’ordre de vingt ans, des tarifs de soutien compensant l’écart avec les prix de marché de l’énergie. En France métropolitaine, ces contrats de soutien à la production d’électricité renouvelable et de biométhane ont représenté un coût cumulé de 26,3 Md€ entre 2016 et 2024, avec des variations importantes selon l’évolution des prix de l’énergie, et des engagements financiers à long terme estimés à 87 Md€ fin 2024. » Ce sont des dépenses hors-bilan du fait de leur « imprévisibilité ». Avec quels résultats ? La Cour semble ne pas voir très clair dans toutes ces aides et sa première recommandation est d’élaborer d’un « plan d’audit des filières de production par la Commission de régulation de l’énergie et un tableau de bord de suivi de l’économie des principales filières soutenues budgétairement par l’État ». Une manière de suggérer un vrai contrôle de l’argent public dépensé en faveur des énergies renouvelables.

La crise énergétique que nous vivons devrait ouvrir les yeux des responsables politiques. Force est de constater que l’énergie verte ne nous est d’aucune aide dans cette crise et que nous ne pouvons pas nous passer d’énergies fossiles.

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21 réponses

  1. J’espère que la question des détroits va enfin venir à la conscience des gens. C’est le véritable enjeu de cette guerre (au-delà de la question d’Israël)… Un Iran sanctuarisé par le nucléaire aura le contrôle sur 2 des détroits stratégiques mondiaux (Ormuz et Bal-el-Mandeb). Apparemment ça n’intéresse personne. Trump dit que l’Amérique refuse de continuer à payer toute seule la sécurité et liberté maritime mondiale. C’est pourquoi il invite les pays concernés à s’investir et prendre le contrôle du détroit. Au-delà de la communication très chaotique de Trump, il faut en prendre conscience.

  2. Sans aller chercher les renouvelables, ou sont les Twh de la centrale de Fessenheim?
    -10Md€ d’argent des français cramés d’un trait de plume par l’équipe de visionnaires Macron Philippe…
    -5 millions de tonnes par an de CO2 supplémentaires émis que la centrale évitait… (30 millions de tonnes depuis 2020)
    -500M€ par an d’énergie exportée perdus… (3Md€ depuis 2020)
    … et on veut nous vendre Philippe!

  3. Tant que le parc automobile reste majoritairement thermique, les EnR ne peuvent pas freiner la hausse à la pompe. Je roule élec (nucléaire et ENR majoritairement) et le prix à la pompe ne me concerne pas.
    La transition énergétique est un chantier long de l’ordre du siècle ou du demi siècle.
    Les milliards cités par la Cour des comptes sont des subventions pour bâtir une souveraineté énergétique. À l’inverse, l’achat de pétrole ou de gaz représente une fuite de capitaux permanente vers l’étranger sans création d’infrastructure locale durable.
    Sans aucun doute ces subventions sont très critiquables mais comment assurer cette transition ? Merci de donner des solutions ou simplement dire qu’il ne faut rien faire (ce que je peux entendre).

    1. Le problème c’est qu’on a fait une transition forcée et on a puni » les énergies fossiles !

    2. Souveraineté dont profite la Chine avec ses panneaux solaires ?
      Quant aux voitures électriques, tout le monde n’a pas les moyens

    3. Avec quelle énergie est produite l’électricité qui permet de recharger les batteries des véhicules électriques ? S’il fallait se reposer sur les énergies renouvelables, je ne suis pas convaincu que la production d’électricité serait à la hauteur de la demande.

      Il ne faut pas oublier que le prix de l’électricité en France est indexé sur le coût marginal du gaz, lequel a fortement augmenté. Donc charger sa batterie électrique au final sera impacté de la même manière que mettre un carburant fossile dans le réservoir de son véhicule.

    4. Bien d’accord, le véhicule électrique me paraît être l’avenir : on peut faire de l’électricité de 1000 façons (charbon, pétrole, gaz, renouvelables, hydrauliques avec recharge….) Honte à ceux qui ont truqué les tests de pollution du diesel et retardé l’électrification, ce qui donne aujourd’hui une prime à ceux qui ont acheté chinois.

      Par ailleurs le solaire est en train de faire un malheur en Afrique, notamment là où il n’y a pas de réseau électrique. Cela permet de faire tourner localement un minimum de pompes, d’ordinateurs, de téléphones (très important en Afrique où le village est loin des banques, des médecins, des clients… bref de tout). Le fait que ce soit payé par les subventions chinoises, donc par les Chinois de base est bien sûr indifférent aux Africains.

  4. Hum, la « transition énergétique » ressemble terriblement à la crise des quatre nuisibles….
    ça ne sert à rien, et ça coûte cher, tout simplement parce qu’il faut compenser financièrement la faible densité énergétique et l’intermittence.

  5. Tout est parfaitement résumé :
     » Les éoliennes, c’est bel et bien du vent face à une réalité pure et dure.  »
    Il faut arrêter de polluer nos paysages et pire la mer avec ces moulins à vent inefficaces…
    Le photovoltaïque à la rigueur que l’on devrait intégrer à chaque nouvelle habitation sans en augmenter drastiquement le coût… 
    Et surtout plus ces infâmes voitures hybrides qui se rechargent en roulant et en consommant au passage plus de carburant à cause du mauvais rendement des alternateurs embarqués. L’ineptie la plus totale pour laquelle nous sacrifions notre belle industrie automobile en sponsorisant l’industrie chinoise, un comble !

  6. Quelques chiffres intéressants pour l’Allemagne :
    500 milliards d’euros dépensés pour la transition énergétique en quinze ans, avec la fermeture de toutes les centrales nucléaires et la dépendance au gaz russe jusqu’en 2022.
    30 000 éoliennes construites , quatre fois plus qu’en France, pour fournir… 2,7% (deux, virgule, sept pour cent) de l’énergie consommée en Allemagne !
    Mais les zecolos ont trouvé une astuce : le bois utilisé pour le chauffage est désormais classé dans les… énergies renouvelables ! Alors qu’il émet du CO2 et une dangereuse pollution aux particules fines !!!

  7. Oh, mais en fait, on ait d’avance ce qu’on va nous dire :
    « C’EST LA PREUVE qu’on a été timorés, qu’on a pas été assez résolument (lire « vite et fort ») dans le développement des énergies renouvelables ». Tien, là, dans la phrase, ça ferait bien d’ajouter « quoi qu’il en coûte », non ?!
    Est-ce qu’on se trompe quand on se dit que ça fait déjà quelques dizaines d’années que pour tous les projets socialistes et écologiques qui ne marchent pas dans le monde, on nous essplique là même chose : que c’est parce qu’on a pas été assez loin, assez vite assez fort. Pourquoi changer une attitude qui marche ?!

  8. Voila ce qui arrive quand des décideurs qui ne viennent pas du monde scientifique prennent des positions uniquement électorales.A quant le réveille nationale?2027? J’ai acquis la conviction que nos pires ennemis ont été notre ignorance des autres peuples,la légèreté qui nous a empêchés de profiter d’occasion favorables,notre entêtement à vouloir réparer tardivement les fautes commises,la division des partis et l’état d’anarchie intellectuelle qui nous paralyse dans les circonstances graves.Le Réveil national/Léon Hugonnet 1886

  9. je plussoie poivre
    combien de fois faut il répéter que :
    à la base , Fukushima était un tsunami et non une catastrophe nucléaire

  10. La transition énergétique est un long chemin. En Norvege, pourtant pays producteur d’énergies fossiles et au Danemark, largement Couvert d’éoliennnes, elle est bien plus avancée qu’ici. Outre l’électrification des véhicules, les ménages programment leur consommation d’électricité en fonction de la production immédiate. Par ce biais ils parviennent à bien utiliser les renouvelables et à un moindre coût pour le consommateur
    On n’échappera pas ici au mix energetique en cours de construction, nucléaire, renouvelable et fossile. A ce jour on ne sait pas faire sans le fossile pour les ajustements de production rapides et les très grandes puissances motorisées

  11. Vous avez raison, la France est à la traine. À titre de repère, le Royaume-Uni et l’Allemagne sont à 58 % d’électricité renouvelable, l’Espagne à 51 %, l’Italie à 37 % et la France à 25 %. Vous êtes très fort: vouloir magnifier le fossile alors qu’on voit dans quel degré de dépendance est la France. C’est dans l’air du temps: transformer une défaite en victoire.

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