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lundi 8 juin 2026

La démographie victime de l’écolo-gauchisme

Temps de lecture : 4 minutes

Partout ou presque, les courbes de natalité s’infléchissent, parfois brutalement. Les causes sont multiples et les politiques natalistes apparemment impuissantes.

Dans les pays développés, le phénomène est désormais endémique : l’Europe vieillit, le Japon se contracte, la Corée du Sud enregistre des taux de fécondité historiquement bas. La France compte désormais plus de décès que de naissances. En Allemagne, en 2025, il y a eu un million de décès et 352 000 bébés ! Même les États-Unis, longtemps portés par un dynamisme démographique envié, voient leur croissance ralentir. La population de la Chine décroît à vue d’œil, victime de sa politique de l’enfant unique et peut-être de son totalitarisme dont les Chinois ne veulent pas pour leurs enfants. Il n’y a plus que dans l’Afrique la plus pauvre que la démographie galope encore.

Les enfants polluent

Ce n’est pourtant pas une forme d’égoïsme capitaliste qui est la cause de cet effondrement. Certes ce basculement est, en un sens, le fruit paradoxal du progrès. Jamais les sociétés n’ont été aussi prospères, jamais les individus n’ont disposé d’autant de choix pour orienter leur vie. Cette abondance a un prix invisible : les jeunes couples redoutent la perte de confort, la réduction du pouvoir d’achat, la contrainte sur leur liberté. L’enfant, autrefois perçu comme une richesse, devient un coût. Certains couples peuvent hésiter à avoir des enfants à défaut de pouvoir payer leur garde pendant qu’ils travaillent o d’obtenir un appartement plus grand pour accueillir le premier ou le troisième. Mais le problème est aussi la fragilité des couples éphémères dont le mariage, qui n’est plus la règle, n’est désormais qu’un acte résiliable à volonté, ce qui suscite la crainte de l’avenir des enfants en cas de séparation.

Plus profondément, le refus d’enfanter, qui s’étend sous la bannière « no kids », doit plus sans doute à la contamination des mentalités par les gauchismes de toutes sortes qui ont désenchanté le monde. L’égalitarisme poursuit son nivellement par le bas qui gâche l’espoir d’une vie meilleure. Le wokisme ambiant renie tout passé et condamne la transmission dans la continuité de laquelle tout enfantement s’inscrit. Les « genrismes » de toutes sortes se condamnent, par contre-nature, à des naissances rares et artificielles. Et leurs enfants à la demande deviennent des accessoires. Au mieux, ces idéologies délétères peuvent aussi servir de prétexte à ceux qui ont pris le parti de vivre de petits boulots occasionnels entre deux voyages autour du monde et que des enfants encombreraient.

S’y ajoute les peurs écologiques de ceux qui préfèrent renoncer à l’enfantement pour ne pas polluer ! Selon un manuel scolaire de référence édité par Nathan, la solution la plus efficace pour sauver la planète, est d’avoir « un enfant de moins ». Aucune des prévisions catastrophiques pour l’humanité annoncées il y a 50 ans par le néomalthusien Paul Ehrlich (La Bombe P / The Population Bomb) et par le Club de Rome ne se sont avérées. Ces cavaliers noirs de l’Apocalypse ont néanmoins gagné les esprits en instillant la peur dans les consciences. Leur vision fixiste, comme celle de Malthus, considère que les ressources de Terre sont limitées et doivent être économisées, rationnées.

L’inefficacité de l’argent public

C’est donc moins l’argent, par manque ou par excès, qui empêche les couples d’avoir des enfants que l’invasion mentale d’une société du doute, d’une culture négative, d’abandon, de repli. Et ce n’est pas l’argent qui leur donnera envie d’en avoir. Le rejet de l’enfant est un refus de s’inscrire dans la durée, une perte de confiance dans l’homme, dans sa capacité à habiter le monde en surmontant les difficultés qui sont le lot de toute vie humaine.

On ne rétablira pas la natalité en multipliant les aides publiques, en allongeant le congé de naissance et en impliquant davantage les pères à la naissance comme le propose le haut-commissariat au Plan . L’argent ne suffira pas à susciter le désir d’enfant, car celui-ci relève d’une décision existentielle avant d’être économique. Pire, la profusion d’aides publiques détruit la responsabilité individuelle sans laquelle l’enfantement n’est plus qu’accident mal venu.

D’ailleurs, les politiques natalistes ne sont guère efficaces. La France consacre des sommes significatives à sa politique familiale : 45 Md€ en 2024 dont la moitié pour des prestations en faveur des familles, 40 % liés à la garde d’enfants et 10% pour accompagner la maternité. Néanmoins, l’indicateur conjoncturel de fécondité poursuit sa baisse ; il atteignait 1,62 enfant par femme en 2024 indique la Cour des comptes. En Hongrie, malgré les mesures instaurées par Orban dès son arrivée au pouvoir, en 2010, la natalité recule et la population est tombée en 2025 sous la barre des 9,5 millions de personnes, avec un taux de fécondité qui a chuté à 1,31 par femme.

L’Homme est la solution

Les écologistes répètent que l’Homme épuise la Terre et nous annoncent la fin du monde. Pourtant depuis qu’ils anticipent la fin des réserves d’or noir, celles-ci ne cessent d’augmenter. De nouvelles sources d’énergie ont été découvertes et d’autres le seront. Chaque progrès engendre des nuisances, des externalités négatives disent les économistes, que le progrès trouve le moyen de combattre. C’est le message que nous a laissé Julian Simon, professeur d’économie à l’université du Maryland (The Ultimate Resource, 1981) affirmant que la véritable ressource inépuisable n’est pas dans le sol, mais dans le cerveau humain. La plus grande ressource, inépuisable, est la créativité humaine : « L’âge de pierre ne s’est pas terminé par manque de pierres ».

La logique mortifère des écologistes voudrait que les hommes arrêtent de vivre pour protéger la vie. Il leur est demandé de devenir les gestionnaires de leur propre déclin. L’humanité grandit en relevant toujours de nouveaux défis, l’inventivité humaine est inépuisable. « Il n’est de richesse que d’hommes » formulait déjà Jean Bodin au XVIème siècle. Certes, la vie humaine est toute d’imperfection. Tout ce que l’être humain consomme, toutes ses actions consument lentement sa vie qui va inexorablement vers la mort. Toute vie, toute pratique sportive, tout exercice professionnel, tout enfantement, toute liberté sont facteurs de risques. Mais précisément, l’homme y trouve son sursaut vital face à ses limites et ses incertitudes.

On ne rétablira une démographie raisonnable qu’en retrouvant le sens de la responsabilité et de l’engagement humain à poursuivre la création sans cesse à restaurer. La crise démographique est d’abord une crise d’espérance. C’est le signe d’un renfermement sur soi-même, une méconnaissance de ce que représente toute naissance : la promesse, disait Hannah Arendt, d’un commencement, singulier, appelé à un renouveau inconnu et continu. Sinon la vie tarira.

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22 réponses

  1. C’est trop gentil de votre part d’imputer des raisons écologiques « vertueuses » à la baisse de la natalité. En réalité, la génération actuelle refuse toute contrainte, privilégie son plaisir individuel immédiat et ne s’inscrit plus dans une tradition familiale qui exige des efforts pour élever des enfants, ce qu’elle se sent d’ailleurs, à juste titre sans doute, incapable de faire.

    1. « imputer des raisons écologiques vertueuses » permet de faire taire les critiques. Sans avoir à « justifier » un choix personnel auprès de gens qui ne sont motivés que par « leur » retraite.

  2. OUI, à l’origine de ce massacre Républicain, mais hélas, petit à petit tout le monde politique s’est emparé de cette idéologie pour profiter des bienfaits que la République leur accorde et pour taxer et contraindre toujours plus la population afin de conserver leurs nouveaux privilèges profondément ancrés jusque dans leurs formations ce qui rend tout retour en arrière particulièrement difficile.

  3. Remarquable article, merci.
    « la véritable ressource inépuisable n’est pas dans le sol, mais dans le cerveau humain »
    On rajoutera que l’énergie étant matière (E=mc2) il reste au cerveau humain à trouver les moyens de dégager toute l’énergie de la matière.

  4. Faire des enfants aujourd’hui est une responsabilité : décider de les lancer dans ce monde hostile où les lois ne sont respectées que par les victimes devient difficile à assumer

    1. Les parents des enfants né dans les années 40 à 45 n’avaient pas le confort d’aujourd’hui et en France on faisait des enfants, il faut simplement se dire qu’aujourd’hui les politiques et les journalistes ont gréé un climat du peur du lendemain se qui ne donne pas l’envie d’avoir des enfants.

  5. Et si l’homme disparaissait de la Terre ? Serait-ce un bien ou un mal ? A part quelques animaux domestiques abandonnés, qui le regretterait ? Peut-être qu’une nouvelle civilisation verrait le jour dans quelques milliers ou millions d’années. Bouddha disait « Rien n’est permanent, tout change »

  6. Je rectifierai pour l’Afrique. Bien qu’ils ont un taux natalité assez élevé, il reste néanmoins que leur taux de fécondité est partout en baisse. Environ de moitié en 40 ans. De plus de 8% à environ 6% sur la même période en Afrique sub- saharienne. Mettre la cause d’un déficit démographique à l’ecologisme- gauchiste est très réducteur. Le déficit du renouvellement des générations ne date pas d’aujourd’hui. Peut-être que c’est aussi les bienfaits de la prospérité due au capitalisme et à l’économie de marché qui à modifié notre niveau de vie benefiquement et nous ont fait quitter les campagnes et fait disparaître les grandes familles rurales et agricoles qui fait crée ce déficit démocratique ( une régulation naturelle par la prospérité? ). Le capitalisme nourri en occident la population avec seulement 5% d’agriculteurs de la population active contre environ 50% % au début du 20ème siècle. Ce serait pas plutôt la prospérité apporté par le capitalisme qui aurait déclenché ce déficit démographiques? Est-ce une fatalité? Les catastrophes sont généralement celles que l’on a pas prévus.

  7. Commencez par exclure ceux qui n’ont pas elevé d’enfants de la retraite par repartition!

  8. Bonjour
    Vous ne parlez pas assez de la forte progression féminine dans les études supérieures avec un niveau de diplôme élevé ;;; il faut pour elles poursuivre une carrière correspondante à leurs études …cela est chronophage … un frein important à combiner naissance et métier.
    En corrolaire , plus de femmes diplômées que d’hommes de même correspondance intellectuelle, ceci explique plus de femmes seules …
    Ça c’est un vrai facteur compliqué à modifier!

  9. Si je trouve qu’il y a des éléments intéressants dans cet article, dans l’ensemble il propose une vision purement euro-centrée d’un sujet qui est mondial : en réalité la transition démographique, qui voit la mortalité baisser de façon importante, avant d’être suivie par la natalité, s’est produite dans chaque pays, indépendamment de tout facteur culturel.
    Les articles d’Yves Montenay, qui était parfois proposés sur ce site, sont éclairants sur les phénomènes à l’œuvre.
    Pour la mention de la Chine : je ne crois pas que personne là-bas refuse d’avoir des enfants « à cause du totalitarisme ». Le refus des enfants est lié à une pratique devenue culturelle (les enfants uniques n’ont pas forcément envie d’en avoir beaucoup), et au coût d’un enfant (logement plus grand, études qui se préparent dès la maternelle).

  10. Vous en avez combien vous des gosses et combien pourriez-vous en avoir au prorata des revenus ? Les riches n’ont qu’à en avoir plus à la place des pauvres. C’est peut être la solution pour qu’on devienne un pays riche ?

    https://www.lejdd.fr/economie/recession-la-france-face-au-risque-de-decrochage-174141
    Et encore tous ces chiffres sont trafiqués !

    Ca fait 50 ans que les socio libéraux en importent des « gosses ». Avec 17% de sous emploi il n’y en a pas encore assez ? UNEDIC « En France, en 2022, 1,3 million de travailleurs déclarent être en situation de sous-emploi. En comparaison,
    2,2 millions de personnes sont au chômage au sens du BIT5 et 1,8 million se trouvent dans le halo du chômage. »

    Si c’est pour faire des crèves la faim, mieux vaut s’abstenir !

    Et ça fait 10 ans que je paye la taxe de séjour touristique dans mon pays aux coquins qui trafiquent les stat et que je ne trouve pas d’avocat (canard) fiscaliste pour me sortir de ce « guêpier » !

    Bien à vous

  11. Excluez-les également de la partie des impôts consacrée à l’éducation, à la CAF, à la santé des enfants….

  12. Toutes les nappes d’eau de ma région sont polluées et la mienne par trois sources de pollutions sans périmètre de protection.

    L’air et l’environnement sont empoisonnés par les nano particules des enfoirés brevetés de constructeurs et le reste de la mafia qui cherche à éradiquer la population quand ce n’est pas à coup de vaccins ou de virus de laboratoire.

    La nourriture est malsaine à moins d’y consacrer 80% de ses revenus pour acheter du bio et le préparer soit même.

    Le niveau scolaire est comparable aux plus dégradés des pays sous développés. Mais on est encore assez intelligents pour comprendre qu’il ne faut pas mettre des enfants dans ce monde toxiques.

    Les « mieux éduqués » ne savent que pondre des taxes tous les 4 matins pour perfuser ce système de débiles.

    Les juges et les avocats sont tous des pleutres et sont incapables de défendre nos intérêts.

    Les crétins de parigots vous parvenez à vous faire voler 17 voitures de luxe avec les clefs et la carte grise.

    Et vous voulez qu’on fassent des gosses dans ce merdier et consacrez votre énergie à taper indistinctement sur les écolo politiques qui sont les même clampins piques assiettes et opportunistes que les autres courants et ceux qui veulent vivre dans un environnement comme celui dans lequel on a vécu pendant des milliers d’années. Sans déconner les lumières !

    La pyramide de Maslow vous connaissez ou seulement celle du Louvre ? Vous encouragez le nivellement par le bas. Ne venez pas en plus vous plaindre. Dieu se rit ..

    Demandez vous plutôt si personnellement vous souhaiteriez venir au monde aujourd’hui et si la réponse est oui, mieux vaudrait aller consulter !

    Bien à vous

    1. Le niveau vie européen n a jamais été aussi élevé……stop aux insupportables pleurnicheries populistes!!!!

  13. Merci pour cet excellent article.
    Il est intéressant de noter que presque tous ceux qui refusent de procréer ont militer pour un système de retraites par répartition.
    Aurait-on affaire finalement à des imbéciles ?

  14. Pour revenir sur le point de la Chine, je vous invite à lire l’article publié par Yves Montenay sur son blog hier (titre : « Démographie : nos retraites en danger ! »).

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