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dimanche 6 septembre 2026

La dette publique domine désormais la politique monétaire

Temps de lecture : 2 minutes

L’envolée de la dette publique donne à la politique budgétaire des États une influence croissante sur les conditions monétaires.

Au début du mois, la dette fédérale brute des États-Unis a dépassé 40 000 milliards de dollars. Quelque 10 000 milliards s’y sont ajoutés au cours des quatre années et demie écoulées. Un tel niveau d’endettement engendre une situation de plus en plus difficile : il n’est plus aussi aisé, pour le Trésor américain, de placer ses titres lors des adjudications tout en préservant une liquidité de marché suffisante.

Pour améliorer cette liquidité, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a annoncé que son département doublerait le volume de ses rachats de titres à longue échéance. Cela ne change rien sur le fond, mais offre au marché un répit à court terme.

Parce que le dollar est la première monnaie de réserve mondiale, il demeure plus facile pour les États-Unis de placer leurs bons du Trésor que pour d’autres pays d’écouler leur dette souveraine. Le Japon est le premier détenteur étranger de titres du Trésor américain. Or le gouvernement japonais, lui-même lourdement endetté, souhaite que ses fonds de pension nationaux réorientent une partie de leurs placements des obligations étrangères vers la dette publique japonaise — ce qui accentue encore la pression sur le Trésor américain.

« La création monétaire n’est plus le monopole des banques centrales. »

Des problèmes semblables existent dans toutes les grandes économies européennes. Le cas le plus grave est celui de la France, deuxième économie du continent : pour la première fois, les rendements des obligations d’État françaises sont passés au-dessus de ceux de la dette italienne comparable. Le Royaume-Uni connaît lui aussi des difficultés.

Selon les chiffres officiels de la dette, c’est l’Allemagne qui rencontre le moins de problèmes. Pourtant, ses infrastructures ont été négligées pendant des années, tandis qu’une numérisation insuffisante et des choix énergétiques malavisés pèsent lourdement sur la productivité et les services publics.

Ray Dalio, l’un des investisseurs les plus respectés au monde, a averti qu’une crise de la dette publique pourrait approcher. Une chose est certaine : parce que les niveaux d’endettement et les dépenses publiques sont si élevés, les trésors nationaux exercent désormais sur les marchés et la politique monétaires une influence supérieure à celle des banques centrales.

La création monétaire n’est plus le seul fait des banques centrales émettant de la monnaie, ni des banques commerciales accordant des prêts classiques. De plus en plus, elle procède de l’expansion de la dette publique.

Lire l’article en anglais

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