Comme Vladimir et Estragon, les deux personnages de Samuel Beckett qui attendent Godot comme un sauveur, les Français attendaient avec une grande impatience l’intervention télévisée de François Hollande. Par rapport à Godot qui est un mystérieux personnage, un inconnu, François Hollande n’est autre qu’un président français de gauche. Mais les deux relèvent finalement de l’absurde. Godot parce qu’il ne viendra jamais et Hollande par ses propositions complètement déconnectées des réalités.
Comme Vladimir et Estragon, les deux personnages de Samuel Beckett qui attendent Godot comme un sauveur, les Français attendaient avec une grande impatience l’intervention télévisée de François Hollande. Par rapport à Godot qui est un mystérieux personnage, un inconnu, François Hollande n’est autre qu’un président français de gauche. Mais les deux relèvent finalement de l’absurde. Godot parce qu’il ne viendra jamais et Hollande par ses propositions complètement déconnectées des réalités.
Au plus bas dans les sondages (à des niveaux jamais atteints même par son prédécesseur, Nicolas Sarkozy), le président français devait faire preuve d’initiative et d’audace au moment où tous les indicateurs économiques de la France sont catastrophiques. Le taux de chômage (10.6 %) atteint des niveaux record. Avec 3,1 millions de chômeurs, le pays est en train de dépasser le niveau de 1997, le plus élevé jamais atteint au XXe siècle. La dette de la France est à 90,2% du produit intérieur brut (PIB) fin 2012, soit 1.833,8 milliards d’euros tandis que le déficit atteint 4.8 % du PIB. L’an dernier, le taux de prélèvements obligatoires a augmenté de 1,2 point à 44,9% du PIB, sous l’effet de la hausse des impôts (+30 Mds d’euros en 10 mois) tandis que les dépenses ont progressé de 2,9%, après +2,1% en 2011. Dans ces conditions, un choc de réformes aurait été le bienvenu. Or, que propose François Hollande pour redresser l’économie ? Après l’échec d’une taxe à 75 % sur les revenus de plus de 1 million d’euros (la proposition a été déclarée inconstitutionnelle par le Conseil constitutionnel), il revient à la charge en annonçant un prélèvement à 75 % au niveau de l’employeur sur la part des rémunérations dépassant 1 million d’euros. Au moment où la Grande-Bretagne, la Suède ou bien le Danemark annoncent de fortes baisses du taux d’impôt sur les sociétés, la France impose lourdement ceux qui font marcher les entreprises. En Allemagne, il n’y a pas d’ISF et le taux d’impôt sur les sociétés ne cesse de baisser. De 30 % à la fin des années 1990, il est passé à 26 % et l’on s’oriente vers 15 % pour 2015-2016. En France, le taux d’imposition sur les sociétés est à 34 %. Il est vrai, le président François Hollande affirme être conscient que les entreprises croulent sous les lourdeurs administratives ou que la cession d’entreprise est trop coûteuse en France par rapport à d’autres pays, mais ses promesses pour y remédier sont floues et n’augurent rien de concret.
Concernant le système de retraite par répartition à la française qui est proche de la faillite (dans les 5 prochaines années, ils manqueront 20 Mds d’euros pour payer les retraites des Français), François Hollande ne trouve rien de bon que de reprendre la bonne vieille proposition de travailler et de cotiser plus longtemps. Jusqu’à 90 ans si l’allongement de la vie continue ? Il ne fait aucune allusion à la capitalisation (horresco referens en France), ni même aux comptes notionnels. La France est le seul pays occidental à n’avoir qu’un seul pilier au sein de son système de retraite.
Ceux qui s’attendaient à un changement de cap de la part de la France ont été largement déçus. Le pays dépense tous les ans 135 Mds d’euros de plus que l’Allemagne qui compte 50 fonctionnaires pour 1.000 habitants contre 90/1.000 en France. Le coût global de ces emplois publics par rapport au PIB est aussi 2 fois plus élevé en France qu’en Allemagne : les dépenses de rémunération publique représentaient 13 % du PIB chez nous, presque le double du chiffre allemand (7 % du PIB).
Malgré cette situation, François Hollande n’a rien proposé pour réformer l’Etat français. Il s’entête à continuer sur la voie des hausses d’impôts et des propositions éloignées des réalités économiques. De Sauveur il s’est transformé en celui qui signe l’arrêt de mort économique du pays.
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