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vendredi 14 août 2026

La France est-elle un pays communiste ?, de Franz-Olivier Giesbert

Temps de lecture : 3 minutes

L’ouvrage n’est pas épais (107 pages), mais il est dense, intelligent, honnête et plein d’humour. C’est un pamphlet incisif et presque désabusé sur la France qui s’habitue au despotisme doux que nous prophétisait Tocqueville. Il serait presque drôle s’il n’était pas aussi triste de constater avec l’auteur la soviétisation de notre pays.

Mais précisément Franz-Olivier Giesbert a écrit ce livre « pour essayer de nous réveiller ». Il dénonce la fascination de nos « élites » pour le marxisme, le collectivisme, le centralisme bureaucratique. Il s’inquiète du nombre, sans cesse croissant, de fonctionnaires inutiles qui ont besoin d’être en bandes pour creuser des trous ou brancher des câbles électriques. « C’est la définition, dit-il, du système communiste : pour une personne qui travaille, il faut toujours cinq ou six inutiles qui supervisent ou surveillent. Des bureaucrates. » Il s’offusque à juste titre du niveau des dépenses publiques, des prélèvements obligatoires et de la dette publique, il dénonce une redistribution abusive et l’inépuisable inventivité technocratique pour créer des normes, des agences, des opérateurs, des règlements, des contrôleurs.

La France est le pays de l’OCDE où l’on travaille le moins : 666 heures par habitant contre 776 en moyenne européenne ! Elle devient le pays où il est interdit de travailler pour satisfaire à une gauche incapable et à des syndicats malfaisants. D’ailleurs, dit Sandrine Rousseau, travailler émet du carbone et est mauvais pour la planète !

Mais comme en Union soviétique, la France et les Français nient la réalité. Ils ne veulent pas voir. Pourtant, observe Franz-Olivier Giesbert avec lucidité, plus les entreprises sont surtaxées, « plus la France se collectivise, plus l’Etat-guichet étend ses tentacules sur la société, et plus le nombre de miséreux augmente, malgré un système français de redistribution réputé performant ». La France qui au début des années 1970 figurait parmi le cinq premiers PIB par habitant du monde est désormais 24ème ou 34ème selon les classements. Mais la vérité n’a plus d’importance. Ce qui compte ce sont les « faits alternatifs », c’est à dire le sens qu’on donne aux faits et l’interprétation qu’on en fait plus que les faits eux-mêmes, comme les photos truquées par Staline représentaient la vérité officielle plus que la réalité.

Franz-Olivier Giesbert a côtoyé la gauche et notamment Mélenchon, avant qu’il ne devienne un idéologue antisémite entouré d’une « noria de petits Goebbels ou Himmler d’extrême gauche et habillés en « bogo » (bourgeois de gauche) » antisémites. Intelligent, Mélenchon, dit-il, est l’un ce ceux qui ont le plus contribué à convaincre les Français que la France presque déjà communiste « serait victime de l’ultra libéralisme ou néolibéralisme, ce qui expliquerait entre autres, l’effondrement des services publics » ! C’est lui encore qui a réussi à récupérer à son profit le concept de « grand remplacement » imaginé par l’écrivain honni Renaud Camus. C’est lui qui encourage tous les mensonges possibles pour autant qu’ils servent la cause. Les Laurel et Hardy français, comme Giesbert nomme Zucman et Piketty, en sont les spécialistes. Ils répètent contre l’évidence que les inégalités ne cessent de se creuser depuis le début du siècle dernier alors que la richesse privée détenue alors très majoritairement en Europe et aux Etats-Unis par le 1% le plus riche, est principalement concentrée désormais dans la classe moyenne.

Franz-Olivier Giesbert nous met en garde. Le péril mélenchoniste n’est pas illusoire. Hitler a pris le pouvoir en peu de temps en instrumentalisant la démocratie naïve. Au Venezuela, Chavez a gagné le pouvoir par la fraude et la violence. La France n’en est pas à l’abri, « il serait temps qu’elle ouvre les yeux » conclut Franz-Olivier Giesbert en citant par ailleurs Péguy pour nous donner un peu d’espérance.

Un livre à mettre entre toutes les mains, y compris et peut-être surtout celles des jeunes générations qui ne sont pas encore dupées par le gauchisme ambiant.

12 réponses

  1. Dans les années 90 j’avais calculé grossièrement que l’état prenait en impôts TVA et charges:
    – La moitié du fruit du travail d’un ouvrier
    – Les deux tiers du fruit du travail d’un technicien
    – Les trois quarts du fruit du travail d’un ingénieur.
    J’en avais deduit que la France était un pays communiste…
    Et ça ne s’est pas arrangé !

  2. merci
    Que les lucides et honnetes gens qui soutiennent cette reflexion convainquent les honnetes gens toujours aveugles par les « nobles » sentiments d’une ideologie qui ne servent que la soif du pouvoir des leaders et non les causes qu’ils disent defendre.
    Et l’on pourra esperer une candidature unique liberale au dessus des partis qui devrait l’emporter au second tour.
    Nous sommes condamnes à l’esperance!

  3. Hélas ! Cette vérité effroyable nous condamnant au dégoût de cette gauche glorifiée
    de la bêtise absolue et de la destruction du « monde libre ».
    Mélenchon, le Danton et sa guillotine !!!!!

  4. Il faut absolument que j’achète cet ouvrage qui traduit avec les termes d’un professionnel les errements et dérives que je perçois dans le délitement de notre société française. Comment avons-nous pu tomber aussi bas ? Une explication paraît s’imposer : la politique est devenue un métier où les prétendants à « l’assiette au beurre » se déchirent et s’écrasent au détriment de l’intérêt du pays puisqu’ils font d’abord passer les leurs car enfin, ils ne sont pas à plaindre tous autant qu’ils sont à ferrailler à grands coups d’amendements plus ou moins farfelus rien que pour faire avorter un projet de loi qui souvent est finalement voté par un hémicycle vide aux deux tiers et parfois pis encore. Est ce pour cela qu’ils sont payés ? Et la présidente de l’Assemblée dont la rémunération et les avantages inhérents à la fonction me feraient m’arracher les cheveux si j’en avais encore !! Un mot du gouvernement qui piétine et monte des usines à gaz telles que le chèque-carburant, un vrai parcours du combattant pour l’obtenir et une iniquité flagrante à l’égard du Français moyen qui ne roule pas assez ou n’habite pas assez loin… C’est là une mesure indigne d’un gouvernement qui se contente d’à peu près mais se garde bien de toucher au monstre de la dépense publique. Quant au président de la république dont tout un chacun aura pu mesurer les résultats inversement proportionnels au débit de parlotte qu’il nous aura asséné pendant déjà 9 ans. Oui voilà je suis très remonté et je remercie l’IREF qui m’aura permis de l’exprimer.

  5. L’état continue son emprise tentaculaire. Il fait créer dans chaque département un Service Public Départemental de l’Autonomie, ou Ce nouveau service public est mis en œuvre solidairement par les acteurs institutionnels et professionnels agissant pour le soutien à l’autonomie des personnes âgées, des personnes en situation de handicap et de leurs aidants à l’échelle départementale.
    On avait déjà les CCAS, les MDPH, les communautés 360 etc…
    Plutôt que de chercher l’amélioration de l’existant, l’Etat en rajoute une couche.
    Cherchez l’erreur !!!!

  6. Le vice inhérent au capitalisme est l’inégale répartition des richesses ; la vertu inhérente au socialisme est l’égale répartition de la misère. (Churchill dixit il y a bien longtemps)
    On y va tout droit – et pas seulement depuis Macron 1er !

  7. Pourquoi les Français ne sont pas sortis des Après Guerre ou tous devaient être géré par une autorité
    Pas divine! Mais instaurer par une supposé élite nommée! Sachant géré la Pénurie pour conserver tous les pouvoirs du fournisseur vendeur et non du Client acheteur et payeur!

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