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samedi 25 juillet 2026

La France est-elle un pays communiste ?, de Franz-Olivier Giesbert

Temps de lecture : 3 minutes

L’ouvrage n’est pas épais (107 pages), mais il est dense, intelligent, honnête et plein d’humour. C’est un pamphlet incisif et presque désabusé sur la France qui s’habitue au despotisme doux que nous prophétisait Tocqueville. Il serait presque drôle s’il n’était pas aussi triste de constater avec l’auteur la soviétisation de notre pays.

Mais précisément Franz-Olivier Giesbert a écrit ce livre « pour essayer de nous réveiller ». Il dénonce la fascination de nos « élites » pour le marxisme, le collectivisme, le centralisme bureaucratique. Il s’inquiète du nombre, sans cesse croissant, de fonctionnaires inutiles qui ont besoin d’être en bandes pour creuser des trous ou brancher des câbles électriques. « C’est la définition, dit-il, du système communiste : pour une personne qui travaille, il faut toujours cinq ou six inutiles qui supervisent ou surveillent. Des bureaucrates. » Il s’offusque à juste titre du niveau des dépenses publiques, des prélèvements obligatoires et de la dette publique, il dénonce une redistribution abusive et l’inépuisable inventivité technocratique pour créer des normes, des agences, des opérateurs, des règlements, des contrôleurs.

La France est le pays de l’OCDE où l’on travaille le moins : 666 heures par habitant contre 776 en moyenne européenne ! Elle devient le pays où il est interdit de travailler pour satisfaire à une gauche incapable et à des syndicats malfaisants. D’ailleurs, dit Sandrine Rousseau, travailler émet du carbone et est mauvais pour la planète !

Mais comme en Union soviétique, la France et les Français nient la réalité. Ils ne veulent pas voir. Pourtant, observe Franz-Olivier Giesbert avec lucidité, plus les entreprises sont surtaxées, « plus la France se collectivise, plus l’Etat-guichet étend ses tentacules sur la société, et plus le nombre de miséreux augmente, malgré un système français de redistribution réputé performant ». La France qui au début des années 1970 figurait parmi le cinq premiers PIB par habitant du monde est désormais 24ème ou 34ème selon les classements. Mais la vérité n’a plus d’importance. Ce qui compte ce sont les « faits alternatifs », c’est à dire le sens qu’on donne aux faits et l’interprétation qu’on en fait plus que les faits eux-mêmes, comme les photos truquées par Staline représentaient la vérité officielle plus que la réalité.

Franz-Olivier Giesbert a côtoyé la gauche et notamment Mélanchon, avant qu’il ne devienne un idéologue antisémite entouré d’une « noria de petits Goebbels ou Himmler d’extrême gauche et habillés en « bogo » (bourgeois de gauche) » antisémites. Intelligent, Mélenchon, dit-il, est l’un ce ceux qui ont le plus contribué à convaincre les Français que la France presque déjà communiste « serait victime de l’ultra libéralisme ou néolibéralisme, ce qui expliquerait entre autres, l’effondrement des services publics » ! C’est lui encore qui a réussi à récupérer à son profit le concept de « grand remplacement » imaginé par l’écrivain honni Renaud Camus. C’est lui qui encourage tous les mensonges possibles pour autant qu’ils servent la cause. Les Laurel et Hardy français, comme Giesbert nomme Zucman et Piketty, en sont les spécialistes. Ils répètent contre l’évidence que les inégalités ne cessent de se creuser depuis le début du siècle dernier alors que la richesse privée détenue alors très majoritairement en Europe et aux Etats-Unis par le 1% le plus riche, est principalement concentrée désormais dans la classe moyenne.

Franz-Olivier Giesbert nous met en garde. Le péril mélenchoniste n’est pas illusoire. Hitler a pris le pouvoir en peu de temps en instrumentalisant la démocratie naïve. Au Venezuela, Chavez a gagné le pouvoir par la fraude et la violence. La France n’en est pas à l’abri, « il serait temps qu’elle ouvre les yeux » conclut Franz-Olivier Giesbert en citant par ailleurs Péguy pour nous donner un peu d’espérance.

Un livre à mettre entre toutes les mains, y compris et peut-être surtout celles des jeunes générations qui ne sont pas encore dupées par le gauchisme ambiant.

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