Locke nous dit que les individus ont accepté de se soumettre à une autorité et une justice communes, un Etat, pour protéger leur propriété. Ce fut aussi pour vivre en sécurité. Mais désormais, plus personne n’est en sûreté. Les enfants sont livrés au risque d’abus dans les écoles, les rues de nos villes deviennent dangereuses, la drogue n’épargne plus les villages…La violence prospère comme le fruit de décennies de laxisme gauchiste ou progressiste. Ça n’est pas inéluctable.
Un animateur de l’école Alphons Baudin à Paris, mis en cause à la suite d’attouchements graves sur une dizaine d’enfants, a été jugé le 26 mai dernier. Il encourt dix ans d’emprisonnement mais le parquet n’a requis que trois ans de prison dont un ferme. Le meurtre de la jeune Lyhanna à Fleurance aurait sans doute pu être évité si les services de justice et de sécurité avaient fait leur travail. Le coupable présumé, Jérôme Barella, était accusé depuis 2017 de plusieurs affaires d’attouchements ou crimes sexuels, notamment sur la petite Rosa dont la mère avait déposé plainte contre lui pour viols répétés en 2024/2025, expertises médico-légales à l’appui. Mais les méandres de la justice et de la gendarmerie attendaient sans doute l’irréparable !
Une situation intolérable
Après les violences, à un niveau inédit (mortiers lancés sur les policiers, destruction des propriétés…), perpétrées le 30 mai à la suite du match PSG-Arsenal, il y a eu 800 interpellations et 572 gardes à vue. Les journaux de la gauche bien-pensante ne parlent que de débordements d’après match. Les journaux de la gauche bien-pensante ne parlent que de débordements d’après match, voire d’« émeutes festives » ! Il s’agit pourtant bien de violences urbaines graves. Malgré des peines sévères requises par le procureur, une semaine après les évènements trois individus seulement avaient écopé de peines de prison ferme !
La préfète s’est dite impuissante dans l’Hérault pour empêcher une rave party sur des propriétés privées les 6 et 7 juin derniers. On ne peut pas bloquer toutes les routes, disaient les commentateurs ! Début mai, dans le Cher, un terrain militaire, dangereux au surplus, a été envahi par une autre rave party sans que l’armée soit requise pour simplement défendre sa propre propriété et la sécurité.
Il y a probablement un problème de moyens. Dans un rapport publié en 2024, la commission européenne pour l’efficacité de la justice (CEPEJ) observait que les crédits affectés en France aux tribunaux, aux parquets et à l’aide judiciaire sont parmi les plus faibles de l’Europe ; et que la France compte 11,3 magistrats pour 100 000 habitants contre 12,2 en Italie, 14 en Belgique ou encore 24,17 en Allemagne. Les crédits d’engagement de la police et de la gendarmerie pour 2026 représentent 0,85% du PIB. La France consacre à la sécurité et la justice environ 1,7% du PIB contre près de 33% affectés à la protection sociale : 20 fois moins. Le domaine régalien est dépourvu au profit du social. Mais les moyens n’expliquent ni n’excusent pas tout.
Le maquis pénal
Les lois et règlements sont touffus et confus. Les textes se cumulent et parfois s’annulent les uns les autres. Il faudrait remettre à plat la loi pénale, la simplifier, y instituer sans doute des peines minimales, faciliter le travail des magistrats plutôt que d’accumuler les procédures pour protéger les coupables avant de penser aux victimes : complexité des règles de rétention administrative, errances informatiques au sein des tribunaux, chevauchement des textes… Karine Brunet-Jambu a été violée pendant trois années, près de Rennes. Elle a appris début mai que l’homme, condamné en 2018 par la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine à 30 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de 20 ans, allait sortir de prison et s’installer près de chez elle. « La justice n’avait pas d’autre possibilité », il est libre au bout de huit ans, s’est excusé le parquet de Caen, parce qu’il a bénéficié d’une confusion avec des peines antérieures !
Il y a encore des problèmes de procédure. Dans l’affaire Lyhanna, les parquets de Toulouse et d’Auch se renvoient la balle. Le dossier de plainte contre l’agresseur présumé a été transmis de l’un à l’autre par la poste et, dit un procureur, les délais de transmissions sont longs et les greffes sont surchargés. Et s’ils utilisaient internet ?
On manque peut-être de magistrats, mais on manque surtout de magistrats diligents et compétents. Est-il normal que 70 000 plaintes pour abus sexuels sur mineurs traînent dans les services judiciaires ? Il faudrait peut-être que les magistrats ne soient pas embauchés à vie, que ceux qui sont fainéants, négligents, insouciants… soit aisément licenciables pour faute plutôt que de se contenter, dans ce cas, de leur adresser un blâme ou de les muter. Il faudrait d’abord les former autrement en ouvrant les voies d’accès à la magistrature.
Interdit d’interdire
Au-delà, le laxisme pénal n’est que le fruit mur du laxisme culturel et éducatif. A vouloir interdire d’interdire, la gauche soixante-huitarde a propagé une culture de l’irresponsabilité. C’est elle qui a favorisé les abus sexuels entre amis des Oliver Duhamel et autres Poivre d’Arvor avant d’en banaliser la pratique au nom d’une liberté devenue licence. Ce sont les produits de cette déchéance morale qui veulent imposer aujourd’hui une permissivité que favorise la confusion des genres sexuels en faisant disparaître les limites de l’ordre naturel.
La production législative, de tous bords, et la pratique judiciaire sont également intoxiquées par les relents du marxisme qui considère que les individus sont moins coupables que la société qui les a conduits à l’acte. S’ensuivent tous les moyens tendant à déresponsabiliser les auteurs de crimes et délits : réductions de peines, usage abusif du sursis, réflexe anticarcéral, excuses de minorité ou pour démence (affaires Ousmane Diallo et Alban Gervaise)… On se souvient de l’exonération de condamnation prononcée après le meurtre en 2017 de Sarah Halimi par Kobili Traoré au nom de « Allah Akbar » : il n’était pas coupable car il s’était drogué !
Il faut construire de vraies prisons, réhabiliter la responsabilité des comportements, des magistrats comme des personnes mises en cause, la rigueur dans l’application des peines, la simplicité et la lisibilité des textes… Il faut une volonté, des moyens et du courage.
Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral
Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel
Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.