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dimanche 18 janvier 2026

La « méga loi » de Trump : une once de courage dans un océan de lâcheté

Temps de lecture : 4 minutes

Les vieux pays industriels souffrent tous, à des degrés divers, d’un même mal : leur endettement public s’envole sous l’effet de prestations sociales qu’aucun parti n’ose contrôler.

Dans la « mega loi » de près de 1000 pages que Donald Trump a réussi à faire voter de justesse par le Congrès, ce mal n’est hélas pas vraiment combattu. Au contraire, une énorme occasion de réformer l’État providence, et son régime général de retraite (Social Security) qui avance inéluctablement vers la faillite pour des raisons démographiques, a été perdue.

En revanche, dans le domaine de l’assurance maladie subventionnée (Medicaid), en théorie au profit des foyers les plus pauvres, un ajustement est tenté. Les démocrates et leurs loyaux serviteurs de l’establishment médiatique ont tout fait pour l’empêcher. Medicaid, qui couvre 71 millions de personnes, coûte près de 900 milliards de dollars par an. L’ajustement voté par le Congrès représente, sur 10 ans, un peu plus d’une année de crédits alloués à ce programme. Ce serait un massacre à la tronçonneuse, si l’on en croît le Washington Post.

L’application d’une règle de bon sens

En jouant sur les mots, avec une malhonnêteté déjà éprouvée sous Ronald Reagan, les zélés journalistes analysant le débat politique ont tenu à qualifier de « réductions de dépenses » et de « coupes sombres », des économies légitimes qui ne font que ralentir une augmentation des dépenses.

Les républicains ont en fait simplement osé mettre en pratique au niveau fédéral une règle de bon sens déjà expérimentée en Géorgie : les personnes pauvres, en âge de travailler, et physiquement capables de travailler, ne pourront bénéficier d’une couverture d’assurance maladie gratuite (programme Medicaid) que si elles travaillent au moins 80 heures par mois.

Faute de travail dans le secteur marchand, ces 80 heures peuvent être effectuées dans des activités de service public au profit de leur communauté. Les mineurs et les handicapés échappent à cette nouvelle obligation, ainsi que les femmes enceintes et les adultes qui ont un enfant à charge de moins de 14 ans. Les défavorisés qui ne travaillent pas mais sont inscrits dans une école pour une formation professionnelle sont exemptés aussi. Ce n’est pas le New York Times ou CNN qui l’aurait signalé.

Pour l’Américain aux revenus modestes, qui est obligé de débourser plusieurs centaines de dollars par mois pour être partiellement et mal assuré, ces nouvelles dispositions sont plutôt raisonnables. Sans compter que l’électeur moyen comprend mal pourquoi la gauche démocrate tient à ce que les migrants illégaux soient soignés gratuitement par l’État, alors que les résidents légaux et les citoyens américains doivent en revanche y être de leur poche.

Pour les démocrates, quoique fasse Trump, il vole les pauvres

Les  médias américains veulent ignorer cet aspect des choses. Leur objectif prioritaire reste d’occulter à tout prix les quelques bonnes idées que Donald Trump veut parfois mettre en oeuvre. Au lieu d’expliquer la timide réforme de Medicaid, ils ont choisi de répéter le slogan électoral du Parti démocrate : « Trump taille dans le programme Medicaid, vole les pauvres pour mieux faire des cadeaux aux riches ». La presse française, dopée à la dépêche syndicalisée de l’AFP, reproduit ce mensonge partisan. Le clou est enfoncé, au cas où vous l’auriez oublié : Trump = Satan ; démocrates = anges au service du bien. C’est tout ce qu’il vous faut savoir de la politique américaine.

La pression de la gauche est tellement forte, et la version de la spoliation des pauvres par un autocrate milliardaire tellement pratique, que même des élus républicains ont peur de perdre leur siège, alors qu’ils ont toujours été contre l’élargissement sans condition de la couverture de Medicaid.

Les largesses de l’administration Biden

Sous Joe Biden, il était politiquement incorrect d’admettre que la crise du covid touchait à sa fin. Toute dépense publique dans le domaine de la santé, ou présentée comme telle, était par définition une bonne chose. Medicaid est ainsi devenu le programme idéal de conduite de prestations sociales de plus en plus généreuses. À tel point que les dépenses fédérales de ce chapitre ont grimpé de 60% depuis 2019.

En 2021, le président Biden, par décret, a forcé certains États à révoquer les autorisations qu’ils avaient reçues d’imposer des obligations de travail aux bénéficiaires de Medicaid. La gauche a applaudi. Dans la foulée, des États comme la Californie ou le Colorado, ostensiblement au nom de la santé publique mais en vérité pour des raisons électoralistes de ciblage de l’électorat hispanique, ont accordé aux immigrés illégaux la couverture de Medicaid. Ce n’est qu’aujourd’hui, devant la stupeur de leur électorat de base, que les très progressistes gouverneurs de ces États reviennent sur ces largesses.

Plutôt tordre le cou à la vérité que l’admettre

En réaction à ces dérives, la « mega loi » de Donald Trump prévoit toujours, après la mise en place des obligations limitées de travail, que les dépenses au titre de Medicaid grimpent de 15% d’ici 2034. Il n’y a donc pas de réduction du budget de Medicaid. La réforme permet simplement de ralentir la vitesse de la hausse.

Sous la plume de journalistes qui prétendent défendre la « vérité » et combattre la désinformation fascisante de l’administration Trump, l’emploi d’expressions comme « tailler dans le vif », « réduire les dépenses sociales », « découper le filet de sécurité » relève d’une remarquable falsification de la vérité.

Plutôt que de montrer le caractère limité des obligations de travail, les faiseurs d’opinion attitrés ont préféré répéter à tout propos que « plus de 11 millions de personnes vont perdre leur assurance maladie ». Le chiffre provient d’une estimation du Bureau du budget selon laquelle, sur une période de 10 ans, près de 11 millions de personnes qui préfèrent ne pas travailler, bien qu’elles soient valides, ne pourront plus se faire soigner gratuitement aux frais de ceux qui travaillent. Le lecteur ou l’auditeur moyen, lui, comprend plus souvent que du jour au lendemain 11 millions de veuves et orphelins malades vont être jetés à la rue. Les démocrates feront campagne sur ce thème pour les élections de mi-mandat de novembre 2026.

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