La conclusion du dernier rapport de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse), publié vendredi 20 février 2026, confirme la situation financière très fragile de La Poste. Selon l’autorité de régulation, les coûts des missions de service universel (SU) se sont situés en 2024 dans une fourchette comprise entre 1,08 et 1,146 milliard d’euros, bien au-delà de la compensation de 500 millions d’euros versée par l’État.
Le rapport rappelle que l’équilibre économique du service universel postal est fragilisé depuis plusieurs années. Le compte du SU en coûts complets est déficitaire depuis 2018, déficit qui s’est accentué entre 2021 et 2023. Et le gouvernement, en bon « sauveur », a instauré en 2021 une compensation annuelle par l’État, variant entre 500 et 520 millions d’euros. La Poste a ainsi reçu 520 millions d’euros en 2021 et 2022, puis 500 millions en 2023 et 2024.
Rappelons que le service universel postal « concourt à la cohésion sociale et au développement équilibré du territoire. Il est assuré dans le respect des principes d’égalité, de continuité et d’adaptabilité, en recherchant la meilleure efficacité économique et sociale. »
Meilleure efficacité économique ? On en doute fort. La Cour des comptes estime que le déficit de l’entreprise publique pourrait atteindre 1 milliard d’euros à l’horizon 2030, illustrant l’ampleur des déséquilibres.
Meilleure efficacité sociale ? On peut également en douter, avec notamment une note de 1,3/5 sur le site d’avis Trustpilot, où les consommateurs se disent, en grande majorité, « mécontents des services de livraison, pointant du doigt des retards importants et des problèmes de suivi des colis. »
Le rapport de l’ARCEP souligne par ailleurs que l’équilibre économique du service universel (SU) est fragilisé par la baisse continue des volumes de courrier depuis 2008. Ce phénomène n’est toutefois pas spécifique à la France : à l’international, la distribution du courrier traditionnel devient progressivement moins viable. Elle a d’ailleurs parfois carrément cessé, comme au Canada – et des solutions de remplacement ont été trouvées dans plusieurs pays. Ainsi par exemple est-elle désormais assurée, au Danemark, par une entreprise privée, DAO.
Plus largement, ces constats montrent que la simple subvention publique ne suffit pas à compenser les faiblesses structurelles de La Poste. La privatisation est l’une des solutions les plus pragmatiques pour éviter que l’entreprise ne reste un lourd fardeau financier pour l’État.
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6 réponses
Je ne peux résister à l’envie de rapporter ce fait qui illustre à merveille ce que dit cet article. Il y a quelques années déjà, dans un petit village, la Poste a démonté la porte de la case destinée à recevoir le courrier en partance d’un bloc CIDEX (boîtes aux lettres individuelles regroupées en batterie près d’un axe routier) privant ainsi la population environnante d’un point d’expédition de courrier physique. Il eut été possible de trouver un sens à cette initiative de la Poste si ses préposés ne continuaient pas à s’arrêter quotidiennement devant le fameux CIDEX pour y déposer le courrier des résidents qui y ont leur boite aux lettres. Se plaindre de la baisse du volume de courrier à traiter tout en s’employant à compliquer gratuitement la vie des gens qui auraient pu continuer à en expédier, voilà une démarche que seule une entreprise subventionnée peut penser à mettre en oeuvre.
L’état oblige La Poste à effectuer des missions diverses et variées que lui même et les autres banques n’assument plus depuis longtemps en octroyant une modeste rémunération ( les derniers 60 millions d’euros que La Poste devait recevoir sont rester bien au chaud pour participation à la dette de l’état ) .
Les services au publics sont assurés du mieux possible avec une très nette détérioration depuis le premier épisode de COVID…
La population gueulait après les fonctionnaires et maintenant que l’on essaye d’embaucher les jeunes par contrat, ceux ci préfèrent toucher le RSA ( cela est valable pour toutes les entreprises ) et rester en dehors du monde du travail.
Et maintenant, on entend que c’était mieux avant !!!
A part râler et diviser la population, ce qui est fait à merveille en France, que nous proposent nos hommes politiques ?
Rien comme d’habitude.
Si La Poste doit être rentable il faut arrêter la distribution 6 jours sur 7, fermer tous les points relais et agences postales, supprimer pas loin de la moitié des bureaux et dégraisser en haut lieu toutes les personnes qui donnent des ordres mais ne connaissent rien aux différents métiers.
J’ai longtemps habité un petit village de Bourgogne de 1 500 âmes, dont le bureau de poste était ouvert tous les jours de 9h à 12h puis de 14h à 17h. Comme les villages alentours.
Quitte à n’être ouvert que pour les retraités ou mères élevant leurs enfants, autant réduire à 1 matin et 1 après-midi par semaine, et faire de même dans tous les villages alentours en alternance : ainsi 1 ou 2 employés seulement pour ces villages, donc belle réduction des coûts. Mais non.
Quand il a été question effectivement de réduire ces horaires d’ouverture, tous les « sauveurs du service public » ont manifesté en bloquant l’unique route principale.
Si les gens se renseignaient sur ce qu’ils paient à travers leurs fiches de paie ou impôts, ils seraient les premiers à réclamer des économies.
Cela me rappelle qu’il y a déjà quelques décennies, il y avait levée de boucliers contre la fermeture envisagée du bureau d’un village du sud-ouest.
Ce bureau recevait, en moyenne, 6 clients par jour….
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6 réponses
Je ne peux résister à l’envie de rapporter ce fait qui illustre à merveille ce que dit cet article. Il y a quelques années déjà, dans un petit village, la Poste a démonté la porte de la case destinée à recevoir le courrier en partance d’un bloc CIDEX (boîtes aux lettres individuelles regroupées en batterie près d’un axe routier) privant ainsi la population environnante d’un point d’expédition de courrier physique. Il eut été possible de trouver un sens à cette initiative de la Poste si ses préposés ne continuaient pas à s’arrêter quotidiennement devant le fameux CIDEX pour y déposer le courrier des résidents qui y ont leur boite aux lettres. Se plaindre de la baisse du volume de courrier à traiter tout en s’employant à compliquer gratuitement la vie des gens qui auraient pu continuer à en expédier, voilà une démarche que seule une entreprise subventionnée peut penser à mettre en oeuvre.
L’état oblige La Poste à effectuer des missions diverses et variées que lui même et les autres banques n’assument plus depuis longtemps en octroyant une modeste rémunération ( les derniers 60 millions d’euros que La Poste devait recevoir sont rester bien au chaud pour participation à la dette de l’état ) .
Les services au publics sont assurés du mieux possible avec une très nette détérioration depuis le premier épisode de COVID…
La population gueulait après les fonctionnaires et maintenant que l’on essaye d’embaucher les jeunes par contrat, ceux ci préfèrent toucher le RSA ( cela est valable pour toutes les entreprises ) et rester en dehors du monde du travail.
Et maintenant, on entend que c’était mieux avant !!!
A part râler et diviser la population, ce qui est fait à merveille en France, que nous proposent nos hommes politiques ?
Rien comme d’habitude.
Si La Poste doit être rentable il faut arrêter la distribution 6 jours sur 7, fermer tous les points relais et agences postales, supprimer pas loin de la moitié des bureaux et dégraisser en haut lieu toutes les personnes qui donnent des ordres mais ne connaissent rien aux différents métiers.
La Poste doit être rentable ou fermer.
Quand on va à la Poste, on a toujours l’impression de déranger. Les femmes sont presque aimables mais les hommes…
J’ai longtemps habité un petit village de Bourgogne de 1 500 âmes, dont le bureau de poste était ouvert tous les jours de 9h à 12h puis de 14h à 17h. Comme les villages alentours.
Quitte à n’être ouvert que pour les retraités ou mères élevant leurs enfants, autant réduire à 1 matin et 1 après-midi par semaine, et faire de même dans tous les villages alentours en alternance : ainsi 1 ou 2 employés seulement pour ces villages, donc belle réduction des coûts. Mais non.
Quand il a été question effectivement de réduire ces horaires d’ouverture, tous les « sauveurs du service public » ont manifesté en bloquant l’unique route principale.
Si les gens se renseignaient sur ce qu’ils paient à travers leurs fiches de paie ou impôts, ils seraient les premiers à réclamer des économies.
Cela me rappelle qu’il y a déjà quelques décennies, il y avait levée de boucliers contre la fermeture envisagée du bureau d’un village du sud-ouest.
Ce bureau recevait, en moyenne, 6 clients par jour….