Pour lutter contre le narco trafic, des dizaines de trafiquants particulièrement dangereux, comme Mohamed Amra, ont été sur décision du ministre de la Justice, transférés dans les nouveaux quartiers de sécurité de la prison de Vendin-le-Vieil pour y être soumis à un régime de détention renforcé.  Depuis, nombre de détenus concernés multiplient les recours contre ces transfèrements. L’un d’eux, Philippe K, serbe, l’a contesté devant le tribunal administratif de Lille, lors des audiences des 25 et 26 août derniers, notamment parce qu’il ne pouvait plus avoir accès à « la télévision dans sa langue ». D’autres motifs évoqués sont moins légers, mais néanmoins guère sérieux.
La Cour Européenne des droits de l’Homme admet que toute détention régulière entraîne évidemment une restriction à la vie privée et familiale de l’intéressé.
Mais elle n’exclut pas que l’éloignement de la famille, par exemple, puisse, dans certaines circonstances spécifiques, constituer une ingérence dans la vie familiale du détenu. En France, sont en principe considérées comme non susceptibles de recours les décisions de changement d’affectation d’une maison d’arrêt à un établissement pour peines (CE, 14 déc. 2007, n° 290730), mais pas l’inverse. Et le changement d’affectation est contestable par le détenu lorsqu’il s’accompagne « d’une modification du régime de détention entraînant une aggravation des conditions de détention » (CE, 13 nov. 2013, n° 355742) comme en cas de rejet d’une demande de changement formulée par le détenu lui-même (CE, 13 nov. 2013, n° 338720).
Le choix du lieu d’emprisonnement ne devrait en aucun cas pouvoir être discuté par la personne incarcérée
 Il n’est pas anormal que la détention ne prive pas le détenu du droit de recourir contre certaines situations, par exemple s’il subit des violences ou autres atteintes à son intégrité. Un délégué du Défenseur des droits est d’ailleurs présent dans chaque prison pour aider les personnes détenues à faire respecter leurs droits. Mais le choix du lieu d’emprisonnement ne devrait en aucun cas pouvoir être discuté par la personne condamnée à réclusion.
De même qu’il serait nécessaire que dans toutes les prisons, et pas seulement dans les nouveaux quartiers ultra-sécurisés, les détenus cessent de pouvoir disposer de téléphones portables et continuer de gérer leurs trafics à distance. A cet égard, il s’agit sans doute de changer la loi, mais surtout de faire évoluer les conditions de détention.
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8 réponses
« Il n’est pas anormal que la détention ne prive pas le détenu du droit de recourir contre certaines situations »
En français et pas en langage politique novlangue ça donne quoi ?si ce n’est pas normal, c’est normal alors ? Donc « il est normal que la détention autorise le détenu à recourir contre certaines situations ? »
Essayer de ne pas tomber dans les mêmes travers linguistiques que ceux que vous dénoncez… les double, voire triple négations rendent le texte incompréhensible.
Rien à voir avec la novlangue ici, c’est juste du français de bon niveau. L’idée de base : « la détention ne prive pas le détenu du droit de recourir contre certaines situations », sous-entendu, il est privé de beaucoup de choses mais pas de tout. Votre début de phrase « la détention autorise » ne veut rien dire, car la détention prive, elle n’autorise à rien (sauf si vous considérez que le détenu a encore le droit de se nourrir et qu’on pourrait le lui retirer).
A partir de la notion : « la détention ne prive pas » à laquelle est accolé un droit de justice, qui peut paraître paradoxal dans ce cas, employer « il n’est pas anormal » prend alors toute sa valeur.
La phrase est parfaite, elle ne choque pas quand on ne la sort pas de son contexte, surtout avec la phrase en gras située juste avant. Même s’il faut la relire pour bien en comprendre la signification.
C’est la chance de notre langue, très riche, beaucoup de vocabulaire, qui permet d’exprimer les idées les plus fines, les plus infimes pensées, les raisonnements les plus pointus, comme ici. Même s’il faut alors de bonnes bases pour comprendre toute ces nuances pleines de saveurs.
Mais il est vrai que l’école ne permet plus cet apprentissage, qu’on est tombé dans le français du slogan, du mot-valise, perdant par là -même notre capacité de nuance, d’argumentation et donc de réflexion.
Il me semble que les personnes détenues le sont suite à un choix de vie qu’ils ont fait, et que leur détention en est la conséquence, pour eux comme pour leur famille.
Si leur famille est victime de leur incarcération, ce n’est que de leur fait et ce ne doit pas être une raison de plus pour alléger leur peine.
Ils connaissaient parfaitement les risques encourus, bien que minimisés par une justice laxiste, et si ils se trouvent bafoués, ils devraient s’intéresser un peu aux conditions de détentions qui sont appliquées dans les prisons japonaises, par exemple.
À quand le retour à la peine de mort (une fois de plus, merci la gauche boboïste) le retour aux pays de tous les envahisseurs venus chez nous illégalement, le retour à l’instauration de nos frontieres n’en déplaise à tous les clowns de Bruxelles et au Frexit, demandé par un grand nombre de Français ?
Encore faut-il avoir le courage politique, mort depuis plus de 50 ans depuis l’arrivée de Giscard…
Cela libérerait des places de prison et ferait beaucoup de bien à bon nombre de nos concitoyens..
Il y a détenu et détenu ! quel est le détenu que vous ciblez ? Pour moi tous les détenus ne se valent pas. Un exemple simple : Un terroriste est-il un détenu courant ? pour moi non ! Ce genre de personnes doivent être jugées par un tribunal spécial et la peine doit être capitale, l’exécution. On peut discuter de la méthode mais en règle générale c’est la mort. Je peux m’expliquer mais cela ne servira à rien vu l’état catastrophique de la France.
Je considère les protestations qui semblent se multiplier parmi les détenus de ce nouveau quartier de haute sécurité de Vendin-le-Vieil comme autant de signes que notre système carcéral marche ENFIN dans le bon sens, quoique je suis persuadé qu’il reste encore timide. Et j’applaudirai le jour où ce type de quartier de détention se généralisera à l’ensemble du système carcéral français.
Si Gérald Darmanin aura été un bien piètre ministre de l’Intérieur, force est de constater que ses premiers (et sans doute derniers, au vu de la situation politique actuelle) pas comme Garde des Sceaux auront été extrêmement encourageants, prouvant que l’immobilisme en la matière n’est absolument pas une fatalité.
Il ne s’agit pas de Collégiens que l’on gronde pour une leçon mal apprise mais de réels malfrats de haut niveau mais de basse classe qui purgent une peine méritée.
Je reste estomaqué quand j’entends que les détenus qui ont volés, tués, pris en otage, détruis, massacrés la vie de gens soit cocoonés.
Ils ont « le droit » à ça ou à ça ou encore à ça !
Ils ont « le droit » de faire ça !
Et les droits des victimes et de leurs familles ils sont ou ?
Ils ont quoi eux ?
Il leur reste quoi à eux ?
Rien.
Et la réponse bateau « on est des gens civilisés ; ils ont des droits »…. J’en peu plus de l’ entendre !
Le problème c’est qu’ils en on plus que les victimes.
On est dirigé par des gros pleutres, des couards qui tendent l’autre joue et ça va mal finir.