Au moment où le gouvernement qui doit réaliser des économies importantes a mis en avant le risque d’une tutelle par le Fonds monétaire international (FMI), comme la Grèce jadis, ou le Royaume-Uni en 1976, avant que Margareth Thatcher ne vienne sauver son pays, l’économiste en chef de l’institution de Washington, Pierre-Olivier Gourinchas, interrogé mardi soir sur BFM Business, a estimé que la question d’une tutelle financière de la France « pourrait se poser », mais « ni demain, ni après-demain ».
Admettons, mais alors mardi prochain ?
« Il n’y a pas de sujet, (…) actuellement », a-t-il, certes, estimé, mais pour reconnaitre que « si vraiment rien n’était fait, (…) s’il n’y avait aucune volonté d’infléchir la trajectoire de la dette, évidemment qu’à un moment donné, la question se poserait ». Dans la même interview, M. Gourinchas a estimé que le gouvernement français était « très déterminé », dans ses pistes d’économies, même si on peine à discerner des propositions d’ampleur de réduction des dépenses, à ne pas confondre avec des « dépenses fiscales », formule de Bercy pour évoquer la suppression d’exonérations fiscales. Il s’est dit « tout à fait confiant » dans le fait que « le gouvernement et les différents partenaires et les différents partis politiques sauront faire ce qu’il faut ». « Le chiffre annoncé par le gouvernement, (…) à peu près 40 milliards d’économies pour le budget 2026, nous semble tout à fait raisonnable. C’est ce qu’il faut faire », a-t-il aussi dit.
Une mise sous tutelle du FMI soumettrait la France à ses exigences de rigueur en matière de dépenses publiques en contrepartie d’une assistance de l’institution pour éviter une banqueroute, en clair l’incapacité de l’Etat à régler du jour au lendemain les salaires des fonctionnaires, les retraites et les factures auprès des prestataires de services publics. La France n’a plus connu de banqueroute depuis 1794, mais sa dérive des finances publiques est grave : un gros tiers du budget de l’Etat est réglé par de nouveaux emprunts, l’Etat n’a pas équilibré un seul exercice budgétaire depuis 1974, série sans équivalent dans le monde moderne et dans l’Histoire de France hormis sous Louis XIV, qui pratiquait la banqueroute comme expédient.
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4 réponses
Lorsque le général de Gaulle est arrivé au pouvoir en 1958, la France était sous tutelle du FMI….
Je ne comprends pas cette permissivité « bénigne » appliquée par nos voisins : on peut s’endetter sans fin sous leur regard complaisant. Est-ce charitable? Ou veulent-ils se débarrasser d’un voisin incapable et donneur de leoçns?
L’arrivée du FMI n’est pas une question de si, mais de quand. Tout ce que dit ce monsieur ne sont que des visions irréalistes, des souhaits pieux voire des incantations. Et l’inaction et les vélléités de Bayrou nous y conduisent tout droit. Le paquebot fonce et son gouvernail est presque bloqué.
Je plains le futur président de la République et ses ministres. Résorber le désastre ne lui sera guère aisé, surtout que l’actuel locataire de l’Élysée a encore une vingtaine de mois pour l’approfondir un peu plus.
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Lorsque le général de Gaulle est arrivé au pouvoir en 1958, la France était sous tutelle du FMI….
Je ne comprends pas cette permissivité « bénigne » appliquée par nos voisins : on peut s’endetter sans fin sous leur regard complaisant. Est-ce charitable? Ou veulent-ils se débarrasser d’un voisin incapable et donneur de leoçns?
L’arrivée du FMI n’est pas une question de si, mais de quand. Tout ce que dit ce monsieur ne sont que des visions irréalistes, des souhaits pieux voire des incantations. Et l’inaction et les vélléités de Bayrou nous y conduisent tout droit. Le paquebot fonce et son gouvernail est presque bloqué.
Je plains le futur président de la République et ses ministres. Résorber le désastre ne lui sera guère aisé, surtout que l’actuel locataire de l’Élysée a encore une vingtaine de mois pour l’approfondir un peu plus.