Alors que le président américain Donald Trump tente d’obtenir un accord de paix entre l’Ukraine et la Russie, Poutine continue de lancer des missiles sur les villes ukrainiennes en ciblant la population civile. Dans ce contexte, la lecture de l’ouvrage d’Aurélien Duchêne permet d’y voir plus clair sur la stratégie de la Russie et les objectifs politiques et géopolitiques de Vladimir Poutine.
Auteur en 2021 de Russie : la prochaine surprise statégique ?, le consultant en géopolitique et défense et chargé d’études au think-tank Euro Créative nous livre son analyse du système politique clanique poutinien, de l’état de la société russe, des motivations de l’impérialisme russe et de ses capacités à les réaliser.
L’auteur dénonce à la fois l’aveuglement occidental des dernières années sur le régime russe, mais aussi le faux réveil face à la menace : « On continue largement de se tromper sur les raisons qui ont conduit la Russie de Poutine à une telle dérive, des ressorts du régime à la guerre contre l’Ukraine. Et l’on continue de sous-estimer jusqu’où pourrait aller cette dérive » (p.16). Il pointe le fait que la Russie, malgré le poids de la guerre et les sanctions occidentales, est résiliente et peut continuer à financer son effort de guerre pendant encore plusieurs années. D’ailleurs, les dépenses militaires russes sont généralement sous-estimées. Si l’on compte l’effort militaire en parité pouvoir d’achat, ce qui est le mode de calcul le plus pertinent pour l’auteur, les dépenses militaires de la Russie s’évaluaient en 2019 à plus de 117 milliards d’euros, contre 44 pour la France. A la veille de l’invasion de l’Ukraine, elles montaient même à 200 milliards de dollars. Avec les coûts cachés, en 2023, ce montant atteignait 294,6 milliards de dollars selon l’International Insitute for Strategic Studies. Selon M. Duchêne, l’économie de guerre russe semble solide sur le long terme, et bien que l’armée de Poutine subisse de lourdes pertes, elle se reconstitue assez vite grâce notamment à son immense parc de matériel militaire issu de l’époque soviétique. Qui plus est, la Russie se réarme massivement, à un rythme supérieur à celui des pays occidentaux. Le matériel russe, même neuf, est déclassé technologiquement par rapport aux équipements européens et américains, mais le but de l’armée russe est d’user les lignes ukrainiennes par le nombre. « Désormais, la Russie produit en majorité de l’armement de génération intermédiaire, ce qui lui permet d’en fabriquer en masse à des coûts abordables. » (p.169)
L’auteur évoque la possibilité d’une opération russe dans une ville frontalière des pays baltes
La Russie possède, et possédera à l’avenir, une armée de masse capable de combattre dans la durée, et qui aura appris de ses erreurs en Ukraine. Aurélien Duchêne se pose alors la question : va-t-on vers une guerre entre la Russie et l’OTAN ? La Russie, face à toute l’OTAN, perdrait. Pour autant, la Russie ne veut pas nécessairement déclarer directement la guerre à l’OTAN, mais la défaire, et pourrait notamment tester l’alliance sur l’article 5. Elle use déjà de façon répétée les pays de l’alliance, par des attaques hybrides et des provocations envers les nations voisines. L’auteur évoque en particulier le cas des pays baltes, dont une partie de la population, d’origine russe serait « susceptible d’être manipulée par la Russie dans le cas d’une attaque hybride (comme une tentative de déstabilisation politique), voire d’une agression armée. » (p.87) Déjà , l’Estonie a essuyé plusieurs actes de malveillance, comme une cyberattaque qui paralysa tout le pays en 2007, bien avant l’agression en Ukraine. L’auteur évoque la possibilité d’une opération russe dans une ville frontalière des pays baltes peuplée majoritairement de russes, au nom de la protection des populations russophones et du monde russe… comme la propagande du régime poutinien le diffuse pour l’Ukraine.
Pour conclure son ouvrage, Aurélien Duchêne disserte sur les possibles fins du conflit russo-ukrainien. Si un accord de paix était trouvé il ne serait notamment pas inenvisageable que cette dernière reprenne les hostilités quelques années plus tard, après s’être renforcée, et cela malgré des « garanties de sécurité » accordées à l’Ukraine. A ce moment-là , un affrontement avec l’OTAN serait hautement probable.
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En 2026, lisez Mises !
Une réponse
Mais, bon sang, Reveillons-nous !!
Son but ,C’EST L’EUROPE !!!
UN NOUVEAU RIALTA A DEUX !!
Les américains, en d’autres temps, ont échoué avec le plan Marshal. Avec «  » »l’Europe bisounours » » », les délices de Capou, ça vous parle?? La chute de Rome…..
Poutine essai, lui aussi, tout simplement, l’Ukraine n’est que la pointe de son l’épée, IL N’Y AURA JAMAIS LA PAIX!!! Si la FRANCE, ET L’ANGLETERRE NE S’ETAIENT PAS DOTÉES DE L’ARME NUCLÉAIRE, essayez de m’expliquer où en serions-nous actuellement!! Je pense que ça va vous être très très difficile !!