L’appel insistant à la « stabilité » dans le discours gouvernemental et dans celui de ses soutiens rencontre un écho bien modeste. C’est que ce terme, étranger à l’inspiration originelle du macronisme, se heurte d’évidence à son bilan négatif et aux conséquences délétères de la dissolution de 2024. Dès lors – pour le moment du moins – c’est le désir de rupture qui se répand dans l’opinion et qui s’exerce contre le pouvoir actuel.
« Stabilité » est l’un des maîtres mots de la séquence politique actuelle. Il revient comme un leitmotiv dans les discours – mi-implorants, mi-impérieux – appelant à soutenir le Premier ministre dans le vote décisif à l’Assemblée nationale le 8 septembre prochain. On l’a entendu aussi bien chez Emmanuel Macron lors du dernier Conseil des ministres franco-allemand que chez Gabriel Attal ; et bien sûr chez François Bayrou dans le véritable carpet bombing oratoire auquel il se livre depuis une semaine et dont il faut saluer la prouesse technique et physique.
L’argument de la « stabilité » ne manque certes pas de poids dans une période aussi troublée sur le plan international que lourde de dangers sur le plan intérieur, dans un pays multi-fracturé et sans majorité parlementaire. Ce thème est d’ailleurs l’une des grandes conditions de toute vie en société et les institutions communes ont précisément pour mission première de la garantir. Car sans stabilité, point de projection possible dans l’avenir pour les communautés comme pour les individus. On connaît la demande répétée (et vaine) des entreprises pour la stabilité fiscale et règlementaire, désormais doublée d’une demande de stabilité politique lors des dernières Rencontres des entreprises françaises (REF).
Dissonance cognitive
Mais employé par le gouvernement, le mot provoque une sérieuse dissonance cognitive chez le destinataire d’un tel discours, tant sont nombreuses les contradictions qui le minent ; ce qui constitue un péché mortel dans toute argumentation.
« Stabilité » appartient d’abord à un registre sémantique opposé au discours fondateur du macronisme, tout empli, saint-simonisme oblige, de « mouvement », de « mobilité », de « dépassement », voire « de révolution » dans un projet politique de rupture affichée avec l’ordre établi : contre l’immobilisme délétère des archaïsmes français, ne fallait-il pas résolument mettre le pays « en marche » ?
Surtout ce mot d’ordre est contredit par la dissolution de 2024 et ses conséquences qui ont justement brisé la (déjà fragile) stabilité politique des années précédentes. Sans oublier les changements incessants de ministres, particulièrement graves pour les ministères chargés du long terme comme l’Education nationale, qui en est à son sixième titulaire en trois ans. Plus encore, le bilan négatif du macronisme dans de nombreux domaines démonétise l’appel à une « stabilité » qui serait synonyme de continuité dans l’échec.
Rétorsion rhétorique
Dès lors, à l’instar de l’autre mot fétiche du pouvoir en ce moment, celui de « responsabilité », l’argument de la stabilité se heurte bien vite à l’écueil fatal en rhétorique, à savoir la perte de légitimité du locuteur au vu de sa pratique et de son bilan qui sapent la crédibilité de son discours. En termes techniques, c’est l’éthos de l’orateur, sa stature à la fois morale et politique, qui sont mis en cause à travers une attaque frontale de son action au nom de ses propres arguments. C’est le principe même de la « rétorsion rhétorique ».
De fait, les adversaires de la macronie n’ont pas tardé à s’engouffrer dans la brèche et à retourner l’argument. On l’a vu avec la diatribe d’Olivier Faure sur le thème : « Les irresponsables, c’est vous » ! « Les ingénieurs du chaos, c’est vous ! etc. » Et la voie est grande ouverte à qui ironisera sur « la stabilité dans l’endettement, dans la délinquance et dans la submersion migratoire, etc… »
Diversion rhétorique
Face un tel péril, il ne restait au Premier ministre qu’à tenter une ultime manœuvre : déplacer le débat sur un autre sujet, aussi passionnel que possible. C’est tout le sens des attaques répétées et inattendues contre les « boomers « dans la bouche d’un homme né en 1951. L’écho considérable de cette confrontation générationnelle dans les médias et sur les réseaux sociaux montre l’incontestable réussite de ce cas magistral de « diversion rhétorique ».
A moins que celle-ci ne provoque, à l’approche de scrutins majeurs, l’aliénation d’un électorat décisif, celui des séniors, qu’Emmanuel Macron avait su rallier massivement à lui depuis le second tour des élections de 2017.
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11 réponses
En voulant faire diversion Bayrou a tiré contre son camp. Qui espère t il rallier ? Les Jeunes ? C’est à se tordre de rire .
Arrêtons de brocarder Bayrou qui n’est que la courroie de transmission de Macron. C’est Macron qui tire contre son camp, tant il est acculé dans les cordes de tous côtés. Ne pas oublier que Macron a aujourd’hui 15% de soutiens donc 85% d’opposants.
cela fait plus de 40 ans que tous nos élus ne font preuve de considération à l’égard des électeurs uniquement au moment des elections ,entre les campagnes c’est l’entre soi, la diaspora parisienne disait à l’époque Raymond Barre ,pendant tout ce temps là, c’est la technocratie qui a pris le pouvoir dans toutes les coursives du gros paquebot France en infantilisant les Français ,au détriment des ingénieurs, scientifiques, entrepreneurs, ouvriers , artisans ,agriculteurs, autodidactes , nous vivons lors les conséquences funestes du paternalisme et du taylorisme , l’état nounou et ses thuriféraires nous ont entrainé à la faillite en détruisant le service public, décourageant lse forces vives de notre pays et en s’enrichissant à nos dépens en dépensant beaucoup plus que ce que nous produisons, en nous divisant pour mieux régner , en nous culpabilisant , s’exonérant de toute responsabilité et de culpabilité, au final l’addition nous est présentée et ces couards s’en sont exemptés , les français doivent faire des efforts , c’est ce que l’on entend à tous les voeux de tous les présidents depuis 1974, mais sont ils encore francais ces braves gens
Tiens donc, la France aurait besoin de stabilité ! Pourquoi ces Messieurs ne s’en sont-ils pas soucié durant des10 ou 15 années précédentes ? Le discours des « en marche » annonçait plutôt un Changement radical ! Un changement dont on peut maintenant apprécier le résultats !
Responsabilité ??? Est-il responsable d »avoir creusé le déficit de la France à ce point, non pas pour investir mais pour abreuver l’assistanat et payer des frais de fonctionnement ? En même temps impôts et taxes pleuvent pour remplir le tonneau des Danaïdes et continuer à gaspiller l’argent des Français !
Plutôt que de s’occuper de notre industrie qui en a grand besoin, nos dirigeants ont réglé des questions de société : mariage et PMA pour tous, bientôt euthanasie, wokisme etc. des domaines ne concernant que des minorités bruyantes et agissantes, sans compter une coûteuse écologie dogmatique…
On ne peut pas résoudre une situation en conservant l’état d’esprit qui a contribué à la créer. Ce n’est pas avec une énième nuance de socialisme, marigot dont on ne sort pas depuis Giscard d’Estaing, qu’on réussira à stabiliser le pays.
Afuera!
Libéralisation doit être le maître mot pour retrouver une économie qui permette au pays de respirer.
Le comble serait que tout le bordel actuel, avec les magouilles des partis et des alliances, combiné avec les egos surdimensionnés de nos super-crétins issus de « Sciences-Po » (Sciences Pol-Pot ?) accouche d’un nouveau gouvernement socialiste alors que le pays est en majorité conservateur !
Les conservateurs arrivent pour la plupart en fin de vie et il faut savoir qu’ayant adopté les méthodes du privé, la gauche a délibérément laissé tomber des marchés électoraux peu porteurs en partant du principe que cet électorat méprisé par le bloc central passera sans transition de la gauche vers le RN qui n’est pas un adversaire trop dangereux car il se « castorise », quoique le stratagème marche de moins en moins du fait de l’érosion de l’électorat du bloc central.
Macron est responsable. C’est certain mais les vieillards dont je suis ont eu grand tort de le hisser sur le pavois par deux fois alors que son jeunisme éperdu pouvait plutôt leur faire craindre ce qui en est advenu. Dès la nomination de son premier PM et son choix des acolytes du pouvoir il était clair qu’il manquait profondément de la moindre culture d’État.
Une autre excellente diversion rhétorique : la danger c’est la Russie, la Russie ne s’arrêtera pas à l’Ukraine, les tentatives de destabilisation de la Russie, il faut se préparer à la guerre avec la Russie….. faisant oublier que le danger, c’est l’islamisme, que cette idéologie mortifère est déjà en guerre contre notre modèle de société, que nos clubs de foot et autres associations sont déjà infiltrés à un point dangereux, sans parler de l’école, du logement social, des prisons…
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11 réponses
En voulant faire diversion Bayrou a tiré contre son camp. Qui espère t il rallier ? Les Jeunes ? C’est à se tordre de rire .
Arrêtons de brocarder Bayrou qui n’est que la courroie de transmission de Macron. C’est Macron qui tire contre son camp, tant il est acculé dans les cordes de tous côtés. Ne pas oublier que Macron a aujourd’hui 15% de soutiens donc 85% d’opposants.
cela fait plus de 40 ans que tous nos élus ne font preuve de considération à l’égard des électeurs uniquement au moment des elections ,entre les campagnes c’est l’entre soi, la diaspora parisienne disait à l’époque Raymond Barre ,pendant tout ce temps là, c’est la technocratie qui a pris le pouvoir dans toutes les coursives du gros paquebot France en infantilisant les Français ,au détriment des ingénieurs, scientifiques, entrepreneurs, ouvriers , artisans ,agriculteurs, autodidactes , nous vivons lors les conséquences funestes du paternalisme et du taylorisme , l’état nounou et ses thuriféraires nous ont entrainé à la faillite en détruisant le service public, décourageant lse forces vives de notre pays et en s’enrichissant à nos dépens en dépensant beaucoup plus que ce que nous produisons, en nous divisant pour mieux régner , en nous culpabilisant , s’exonérant de toute responsabilité et de culpabilité, au final l’addition nous est présentée et ces couards s’en sont exemptés , les français doivent faire des efforts , c’est ce que l’on entend à tous les voeux de tous les présidents depuis 1974, mais sont ils encore francais ces braves gens
Tiens donc, la France aurait besoin de stabilité ! Pourquoi ces Messieurs ne s’en sont-ils pas soucié durant des10 ou 15 années précédentes ? Le discours des « en marche » annonçait plutôt un Changement radical ! Un changement dont on peut maintenant apprécier le résultats !
Responsabilité ??? Est-il responsable d »avoir creusé le déficit de la France à ce point, non pas pour investir mais pour abreuver l’assistanat et payer des frais de fonctionnement ? En même temps impôts et taxes pleuvent pour remplir le tonneau des Danaïdes et continuer à gaspiller l’argent des Français !
Plutôt que de s’occuper de notre industrie qui en a grand besoin, nos dirigeants ont réglé des questions de société : mariage et PMA pour tous, bientôt euthanasie, wokisme etc. des domaines ne concernant que des minorités bruyantes et agissantes, sans compter une coûteuse écologie dogmatique…
On ne peut pas résoudre une situation en conservant l’état d’esprit qui a contribué à la créer. Ce n’est pas avec une énième nuance de socialisme, marigot dont on ne sort pas depuis Giscard d’Estaing, qu’on réussira à stabiliser le pays.
Afuera!
Libéralisation doit être le maître mot pour retrouver une économie qui permette au pays de respirer.
Le comble serait que tout le bordel actuel, avec les magouilles des partis et des alliances, combiné avec les egos surdimensionnés de nos super-crétins issus de « Sciences-Po » (Sciences Pol-Pot ?) accouche d’un nouveau gouvernement socialiste alors que le pays est en majorité conservateur !
Les conservateurs arrivent pour la plupart en fin de vie et il faut savoir qu’ayant adopté les méthodes du privé, la gauche a délibérément laissé tomber des marchés électoraux peu porteurs en partant du principe que cet électorat méprisé par le bloc central passera sans transition de la gauche vers le RN qui n’est pas un adversaire trop dangereux car il se « castorise », quoique le stratagème marche de moins en moins du fait de l’érosion de l’électorat du bloc central.
Macron est responsable. C’est certain mais les vieillards dont je suis ont eu grand tort de le hisser sur le pavois par deux fois alors que son jeunisme éperdu pouvait plutôt leur faire craindre ce qui en est advenu. Dès la nomination de son premier PM et son choix des acolytes du pouvoir il était clair qu’il manquait profondément de la moindre culture d’État.
Ah non, pas tous les seniors.
Moi je n’ai jamais voté pour Macron que j’ai pris pour un jocrisse dès le premier jour où j’ai entendu parler de lui
Une autre excellente diversion rhétorique : la danger c’est la Russie, la Russie ne s’arrêtera pas à l’Ukraine, les tentatives de destabilisation de la Russie, il faut se préparer à la guerre avec la Russie….. faisant oublier que le danger, c’est l’islamisme, que cette idéologie mortifère est déjà en guerre contre notre modèle de société, que nos clubs de foot et autres associations sont déjà infiltrés à un point dangereux, sans parler de l’école, du logement social, des prisons…
https://contrepoints.org/ni-islamisme-ni-wokisme-ni-poutinisme/
Ah non, pas tous les seniors.
Moi je n’ai jamais voté pour Macron que j’ai pris pour un jocrisse dès le premier jour où j’ai entendu parler de lui