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jeudi 30 juillet 2026

L’Arcom veut désormais contrôler les créateurs de contenu et « influenceurs »

Temps de lecture : 2 minutes

Martin Ajdari, président de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), était sur Sud Radio le 28 juillet. Il a tout d’abord rappelé le rôle de cette institution créée en 2022, à savoir « protéger la liberté d’expression » dans le cadre de la loi. M. Ajdari a affirmé que les membres de l’Arcom étaient « plus exigeants avec le service public », lequel est soumis à une « exigence d’exemplarité plus forte » et se doit d’être « ni de gauche, ni de droite ». Cette séquence, plutôt divertissante, s’oppose au constat des téléspectateurs réguliers de l’audiovisuel public, qui le juge partial et plutôt orienté à gauche, comme le montre une étude réalisée par l’Arcom elle-même. Les propos de Martin Ajdari contredisent également les décisions de l’institution : ce sont bien les chaînes privées qui sont le plus sanctionnées, quand elles ne sont pas censurées par l’administration. Le journal Le Monde avait d’ailleurs recensé 52 sanctions contre les chaînes C8 et CNews en 12 ans, dont 16 rien qu’en 2024. Pas plus tard que le 24 juillet dernier, l’Arcom a condamné la Société d’exploitation d’un service d’information (SESI), la structure légale de CNews, à une amende de 200 000 € pour « incitation à la haine » et « discrimination ». L’exigence supérieure à l’égard du service public est donc loin d’être évidente (il suffit de regarder l’intégralité du journal de 20 heures sur France 2 pour s’en rendre compte).

M. Ajdari a également fait savoir que l’Arcom a l’intention de contrôler les créateurs de contenu et les « influenceurs », dont le temps de parole sera pris en compte lors des prochaines élections présidentielles. Le principe est clair : s’ils ont une « diffusion massive », alors l’administration se réserve le droit d’intervenir. Cette dérive est révélatrice de l’idéologie ancrée dans l’esprit de ses membres : les téléspectateurs, auditeurs, utilisateurs ne sont pas des adultes capables d’esprit critique, mais des individus qui auraient besoin de la tutelle d’une autorité supérieure pour se faire leur propre opinion. Mais si l’Arcom, qui n’est autre que le bras armé de l’État, n’est déjà pas capable de faire preuve de neutralité et d’impartialité en matière d’audiovisuel public, pourquoi le ferait-elle sur les réseaux sociaux ? Pour quelle raison les influenceurs classés à droite du spectre seraient-ils traités de la même façon que les influenceurs classés à gauche ? Le véritable pluralisme n’implique pas un contrôle de la parole par l’administration, mais la liberté, pour les citoyens, de choisir eux-mêmes qui écouter et ignorer.

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