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dimanche 7 juin 2026

Réseaux sociaux : la nouvelle tentation de contrôle de la parole

Temps de lecture : 2 minutes

La télévision, la radio, les réseaux sociaux : l’État semble incapable de tolérer un espace d’expression qui lui échappe. Le 12 mai, c’était au tour du député Ensemble Paul Midy de déposer une proposition de loi visant à « garantir le respect de l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion sur les réseaux sociaux ». L’Arcom aurait donc accès aux algorithmes des plateformes comme TikTok, X ou Instagram pendant les campagnes électorales pour s’assurer du type de contenu diffusé. L’administration, qui ressemble plus à une autorité garante de la pensée unique que du pluralisme, se verrait ainsi confier de nouveaux pouvoirs pour surveiller l’exposition des utilisateurs à certaines opinions.

Le député s’est défendu. Il aurait été alerté par de nombreux parents qui s’inquiètent de ce que voient leurs enfants sur les réseaux sociaux : « Leurs enfants ne suivent pas Jean-Luc Mélenchon, ne soutiennent pas La France insoumise, et pourtant son contenu revient très régulièrement dans leur fil. » Au prétexte que certains jeunes verraient trop souvent des vidéos de M. Mélenchon sur TikTok, il faudrait donc que l’administration s’immisce dans les systèmes algorithmiques d’entreprises privées ? Qui décidera demain du bon équilibre idéologique dans un fil d’actualité ?

Cette obsession du contrôle révèle surtout le malaise des politiciens qui constatent chaque jour la perte d’influence des médias traditionnels, subventionnés et contrôlés par l’État. Pendant des décennies, quelques grandes chaînes, radios et journaux structuraient le débat public. Les réseaux sociaux, désormais la principale source d’information chez les 15-30 ans, ont bouleversé cet équilibre en permettant à des voix dissidentes, marginales ou simplement alternatives de s’exprimer sans passer par les filtres habituels.

Les arguments pour les censurer sont toujours les mêmes : enjeux démocratiques, lutte contre les « fake news » (comme si l’État était un exemple à suivre en la matière)… Dans la continuité des projets européens pour contrôler les grandes plateformes numériques, cette proposition de loi s’inscrit dans une tendance plus large : celle d’un pouvoir qui considère la liberté d’expression comme un risque à administrer.

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7 réponses

  1. Les réseaux ont pris le pas sur les ostrogoths de la téloche, formatés au formole, tels des psittacidés déréglés et moches.

  2. Le voleur qui crie « au voleur » est vieux comme le monde…
    – Les menteurs ont inventé la fake news.
    – Les islamistes ont inventé l’islamophobie.
    – Les fasciste (LFI) ont inventé les Antifas.
    Etc.
    Et tous les medias tombent dans le panneau.

  3. La liberté d’expression étant garanti dans la Constitution, il est facile de faire supprimer toute loi visant à la supprimer !

  4. En plus de fleurer bon la censure dont la gauche est si friande (le « centre », ce n’est jamais que de la gauche au ralenti), la mesure serait en pratique inopérante.

    En effet, toucher aux algorithmes des plates-formes, ça n’empêche pas l’utilisateur d’aller chercher manuellement le contenu qu’il souhaite et, donc, de continuer à consommer le même contenu politique qu’avant ; ce sera juste moins pratique.

    Là où je tiens à vous contredire, en revanche, c’est que cette proposition ne vient pas de « l’État » : elle vient d’un élu de la représentation nationale qui parle, donc, a fortiori, au nom de ses électeurs. Ce qui serait d’autant plus vrai si ladite proposition se voyait adoptée. Et implique qu’il existe bel et bien, dans notre pays, un ensemble d’individus, pour vous être agréable, qui considère qu’il faut que le reste des individus ne puisse pas penser différemment de lui. Les lois et les institutions chargées de les faire et de les faire appliquer (dont les tribunaux dont vous omettez souvent de mentionner la responsabilité) n’étant que l’outil dont ils se servent pour arriver à leurs fins.

    Le problème ne vient pas d’en haut comme vous le dites, il vient bel et bien d’en bas et du désir de totalitarisme qui sommeille en chaque Homme.

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