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mardi 9 juin 2026

L’Arménie confirme son virage vers l’Ouest et tourne donc le dos au Kremlin

Temps de lecture : 2 minutes

Au grand dam de Moscou, au vu des réactions sur les télévisions russes, le parti du Premier ministre arménien Nikol Pachinian a largement remporté les élections législatives de dimanche. Après dépouillement dans tous les bureaux de vote, le parti Contrat civil de M. Pachinian devance nettement son adversaire, l’alliance Arménie forte de l’homme d’affaires russo-arménien Samvel Karapetian, avec respectivement 49,8% et 23,3% des voix. Le taux de participation s’est élevé à 59%.

Revendiquant « une victoire historique » à l’issue du scrutin dimanche, Nikol Pachinian a promis de « poursuivre la course en vue du rapprochement avec l’Occident », avec une possible adhésion à l’Union européenne, tout en affirmant vouloir maintenir des liens forts avec la Russie. Le Kremlin, qui n’a pas lésiné sur les restrictions sur les exportations arméniennes avant le scrutin, a menacé Erevan de graves conséquences, évoquant un sort « comparable à celui de l’Ukraine ». La Russie est le principal partenaire économique de l’Arménie. La principale difficulté géopolitique de l’Arménie est qu’elle est… enclavée entre des régimes hostiles, ou peu recommandables ; sa frontière avec une Turquie qui refuse de reconnaître le génocide arménien de 1916-17, est fermée depuis des décennies, l’Azerbaïdjan, ex république soviétique musulmane et turcophone, a annexé le Haut Karabah région peuplée d’Arméniens, et la Géorgie est plutôt alignée sur Moscou. Le seul pays avec qui l’Arménie s’entend bien est l’Iran, pays paria aux yeux des Occidentaux.

Le parti de M. Pachinian a remporté suffisamment de sièges pour former le prochain cabinet des ministres. Cependant, il a échoué à s’assurer la majorité écrasante nécessaire pour faire passer des amendements constitutionnels, réclamés par l’Azerbaïdjan comme condition préalable pour un accord de paix définitif.

M. Pachinian avait présenté le scrutin comme un choix entre une paix durable, quoique controversée et encore incertaine, avec l’Azerbaïdjan et une nouvelle « guerre catastrophique » avec Bakou. La défaite face à l’Azerbaïdjan et la perte du Karabakh avaient jeté un froid dans les relations avec la Russie, garante historique de la sécurité de l’Arménie face au monde turc depuis sa conquête du Caucase au XIXe siècle.

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