Dans une certaine indifférence mondiale, il est vrai déjà absorbée par la guerre Israël/Iran, ou Ukraine/Russie, un signe positif, enfin ; le Premier ministre arménien Nikol Pachinian est arrivé vendredi à Istanbul dans le cadre d’une visite rarissime en Turquie, ennemi historique de son pays depuis plus de 100 ans, avant une rencontre « dans la soirée » avec le président turc Recep Tayyip Erdogan. L ‘Arménie et la Turquie n’ont jamais établi de relations diplomatiques et leur frontière commune est fermée depuis 1993. On ne dénombre que deux visites de travail de chef d’Etat, ou de gouvernement arménien en Turquie depuis 1945, et encore ces visites n’avaient pas le rang de « visite d’Etat, en 2009 et 2023 avant celle de ce vendredi. Inversement, aucun chef d’Etat, ou de gouvernement turc ne s’est rendu en Arménie sur cette période.
L’Arménie, pour qui jusqu’à 1,5 million de personnes ont été assassinées par les Turcs entre 1915 et 1916, qualifie es atrocités de génocide , ce qui est reconnu comme tel à ce jour par 34 pays, dont les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, le Brésil et la Russie. Pour sa part, la Turquie rejette formellement ce terme et estime le nombre de morts arméniens entre 300.000 et 500.000.
La Turquie reprochait aussi à l’Arménie d’occuper depuis 1993 le Haut Karabak, une enclave peuplée essentiellement d’Arméniens mais accordée à l’Azerbaïdjan par Staline en 1920. Ankara a soutenu son proche allié, l’Azerbaïdjan, une dictature musulmane et semi-turcophone, dans son conflit de longue date avec l’Arménie pour le contrôle de la région montagneuse du Karabakh. L’Azerbaïdjan a reconquis cette région en deux conflits rapides et Erevan a dû se résoudre à renoncer officiellement à toute prétention sur ce territoire.
Bakou a en effet repris partiellement cette enclave lors d’une nouvelle guerre à l’automne 2020, puis entièrement lors d’une offensive éclair en septembre 2023, provoquant la fuite de plus de 100.000 Arméniens du Karabakh. Jeudi, à la veille de la visite de M. Pachinian, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev s’était lui aussi rendu en Turquie pour s’entretenir avec M. Erdogan,
En mars, Bakou et Erevan avaient annoncé s’être entendus sur un « accord de paix », mais le texte n’a toujours pas été signé, l’Azerbaïdjan ayant dressé une liste de demandes supplémentaires. Plus tôt cette année, le chef du gouvernement arménien a annoncé que l’Arménie mettrait fin à sa campagne pour la reconnaissance internationale des massacres d’Arméniens en tant que génocide — une concession majeure à la Turquie qui a suscité de nombreuses critiques dans son pays. En 2023, Nikol Pachinian avait assisté à l’investiture de Recep Tayyip Erdogan à Ankara, son unique voyage en Turquie jusqu’à aujourd’hui, après la reprise des vols commerciaux entre les deux pays interrompus pendant près de deux ans.
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2 réponses
« Plus tôt cette année, le chef du gouvernement arménien a annoncé que l’Arménie mettrait fin à sa campagne pour la reconnaissance internationale des massacres d’Arméniens en tant que génocide »
L’Arménie ne peut hélas compter sur AUCUN soutien international (ni en Occident ni dans le « sud global »). Tous les acteurs internationaux sont en faveur de petit état gazier azerbaïdjanais. Seule l’Inde semble avoir opéré récemment un rapprochement avec l’Arménie, en signant des contrats de fournitures d’armement modernes au petit pays chrétien.
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2 réponses
« Plus tôt cette année, le chef du gouvernement arménien a annoncé que l’Arménie mettrait fin à sa campagne pour la reconnaissance internationale des massacres d’Arméniens en tant que génocide »
Un Macron arménien si je comprends bien….
L’Arménie ne peut hélas compter sur AUCUN soutien international (ni en Occident ni dans le « sud global »). Tous les acteurs internationaux sont en faveur de petit état gazier azerbaïdjanais. Seule l’Inde semble avoir opéré récemment un rapprochement avec l’Arménie, en signant des contrats de fournitures d’armement modernes au petit pays chrétien.