L’Union européenne et l’Arménie ont tenu mardi leur tout premier sommet, illustrant la volonté des Européens d’aider ce pays du Caucase à s’éloigner prudemment de la Russie, son allié historique. « Nous vivons tous dans un contexte géopolitique volatil et, dans cet environnement difficile, le tout premier sommet UE-Arménie ne pouvait pas être plus opportun », a déclaré à Erevan la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, lors d’une conférence de presse aux côtés du Premier ministre arménien Nikol Pachinian. Les dirigeants européens et arméniens ont ainsi signé plusieurs accords dans différents domaines comme les transports, l’énergie, la sécurité ou le soutien à l’économie.
Désormais, « l’UE appelle les entreprises à investir en Arménie. C’est aussi un fait historique, car nous n’avions encore jamais entendu un tel appel, un tel message« , s’est félicité M. Pachinian. « L’Arménie peut devenir un hub régional pour les nouvelles routes commerciales mondiales, en particulier dans le domaine crucial des matières premières critiques. Et l’Europe est prête à vous soutenir », a encore assuré Mme von der Leyen.
Lundi, Erevan avait aussi accueilli le 8e sommet de la Communauté politique européenne, rendez-vous qui rassemble deux fois par an des dizaines de dirigeants de toute l’Europe, à l’exception de la Russie et du Bélarus. En toile de fond de cet étalage de soutiens, se pose la question d’une potentielle future demande d’adhésion de l’Arménie à l’UE, sur laquelle les autorités du pays avancent cependant très prudemment. L’an dernier, l’Arménie a adopté une loi déclarant officiellement son intention de se porter candidate à l’UE, dans la continuité d’un partenariat noué en 2017.
Mais Erevan n’a pas encore sauté le pas pour le moment, tandis que Moscou a prévenu qu’il serait « impossible » au pays d’adhérer à l’UE, vu ses liens très étroits avec l’économie russe. Alliée de longue date à la Russie, notamment pour des raisons de sécurité, l’Arménie abrite une base militaire russe et reste membre d’alliances économiques et sécuritaires avec Moscou.
L’Arménie prend ainsi ses distances avec une Russie qui était pourtant depuis des siècles un allié historique mais qui a refusé de venir à son secours de la deuxième guerre du Haut Karabakh, il y a deux ans, malgré le traité d’assistance militaire liant Erevan et Moscou. Illustration supplémentaire de la capacité du Kremlin à répulser les anciennes républiques soviétiques, à l’exception désormais quasi unique de la Biélorussie. Petit détail, toutefois, à propos des proclamations de soutien économique, voire de fourniture d’armes, des pays européens ? Par où seraient censés passer ces marchandises et équipements ? L’Arménie est entourée de pays hostiles, Turquie, Azerbaïdjan, en sus d’une Russie désormais inamicale, d’une Géorgie alignée sur Moscou. Seul allié, faute de mieux ; l’Iran.
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2 réponses
« …mais qui a refusé de venir à son secours de la deuxième guerre du Haut Karabakh, il y a deux ans, malgré le traité d’assistance militaire liant Erevan et Moscou. »
Cet abandon demeure impardonnable aux yeux des Arméniens. D’autant que l’Azerbaïdjan maintient des vues expansionnistes sur ce qui reste du pays, notamment vers le grand lac Sevan. L’Europe enverrait-elle des troupes défendre l’Arménie en cas de nouvelle attaque ?
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2 réponses
« …mais qui a refusé de venir à son secours de la deuxième guerre du Haut Karabakh, il y a deux ans, malgré le traité d’assistance militaire liant Erevan et Moscou. »
Cet abandon demeure impardonnable aux yeux des Arméniens. D’autant que l’Azerbaïdjan maintient des vues expansionnistes sur ce qui reste du pays, notamment vers le grand lac Sevan. L’Europe enverrait-elle des troupes défendre l’Arménie en cas de nouvelle attaque ?
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