« En France, l’ascenseur social est en panne ». Combien de fois avons-nous entendu cette phrase sortir de la bouche des femmes et des hommes politiques de tout bord ?
Personnellement, j’ai toujours trouvé l’expression malheureuse et lui préfère celle d’escalier social qui rend mieux compte des efforts à faire. Mais là n’est pas notre propos. Il est dans le fait que l’ascension sociale, en France (hors Mayotte) en 2023-2024, est loin d’être en panne comme le révèle l’Insee dans une note parue cet été.
En effet, la mobilité ascendante, chez les femmes comme chez les hommes, est plus fréquente que la mobilité descendante ou l’immobilité dans la classe d’emploi (prenant en compte à la fois le niveau de qualification de l’emploi exercé et le statut professionnel, indépendant ou salarié).
Ainsi 48% des femmes sont en mobilité sociale ascendante par rapport à leur mère, et 39% des hommes par rapport à leur père.
Bien sûr, quand on examine les chiffres dans le détail, on remarque des disparités parfois importantes selon le sexe et le statut professionnel (salarié ou indépendant). C’est ainsi que les salariés, femmes comme hommes, sont plus souvent en ascension sociale que les indépendants. Ces derniers ont, à caractéristiques comparables, 40% de chances en moins d’être en mobilité sociale ascendante que les salariés. Pour les micro-entrepreneurs, c’est même 60% de chances en moins.
On remarque aussi la forte ascension sociale des femmes : 52,6% des salariées (contre 48,1% si l’on prend en compte aussi les indépendantes) sont en mobilité ascendante par rapport à leur mère.
Si l’ascension sociale n’est pas bloquée en France, elle pourrait cependant s’améliorer. Comme l’a montré une étude de l’OCDE (qui date malheureusement un peu), il faut en moyenne six générations aux enfants de France nés dans le décile le plus pauvre pour se rapprocher du revenu moyen alors qu’il ne leur en faut que cinq aux Etats-Unis, et 4,5 en moyenne dans l’OCDE.
Cette étude montrait surtout que la mobilité sociale ascendante n’était pas le fait de la redistribution publique, mais plutôt de la liberté : la plupart des pays classés devant la France ont des prélèvements obligatoires moins élevés qu’elle (en proportion du PIB).
En résumé, pour que l’escalier social soit moins pénible et plus rapide à gravir, il faut un système fiscal et réglementaire qui ne prive pas chacun des fruits de son travail. Mais aussi un système scolaire efficace qui ne cultive pas l’envie et le ressentiment.
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3 réponses
Pour réussir,il faut être « pantophile » ,comme l’était Diderot.Le travail évite l’ennui,le besoin et le vice (Voltaire).Work hard play hard.
Dans les années 70, le taux de mobilité sociale descendante était de 7% et à cette époque, il fallait 15 ans pour doubler son niveau de vie alors qu’il en faut à présent 80… La principale raison vient du fait qu’au niveau collectifs les boomers nés avant 1955 ont systématiquement veillé à fermer la porte derrière eux…
Comme est belle et chargée de sens votre dernière phrase !-
Le système scolaire n’est hélas pas seul à « cultiver et le ressentiment » de ceux qui en sortent sans savoir lire ni écrire correctement en la langue de ce Pays. S’intéresser à tout ressemble à ne s’intéresser à rien d’utile.
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3 réponses
Pour réussir,il faut être « pantophile » ,comme l’était Diderot.Le travail évite l’ennui,le besoin et le vice (Voltaire).Work hard play hard.
Dans les années 70, le taux de mobilité sociale descendante était de 7% et à cette époque, il fallait 15 ans pour doubler son niveau de vie alors qu’il en faut à présent 80… La principale raison vient du fait qu’au niveau collectifs les boomers nés avant 1955 ont systématiquement veillé à fermer la porte derrière eux…
Comme est belle et chargée de sens votre dernière phrase !-
Le système scolaire n’est hélas pas seul à « cultiver et le ressentiment » de ceux qui en sortent sans savoir lire ni écrire correctement en la langue de ce Pays. S’intéresser à tout ressemble à ne s’intéresser à rien d’utile.