Le bureau de l’Unédic a adopté, mardi 3 mars 2026, les prévisions financières de l’assurance chômage à l’horizon 2028. Pour l’année en cours, le solde serait déficitaire de 2,1 milliards d’euros (Md€). Il aurait été bénéficiaire de 2 Md€ sans les prélèvements de l’État (4,1 Md€). Nous le savons le gouvernement, quel qu’il soit, incapable de réduire ses dépenses, se plaît à ponctionner les organismes qui s’efforcent de gérer correctement leur budget, corrompant ainsi l’ensemble de la société.
Mais il paraît que ces pratiques délétères sont terminées. Selon Jean-Eudes Tesson, vice-président de l’Unédic, l’État a annoncé qu’il n’y aurait pas de prélèvements en 2027. C’est pourquoi l’organisme paritaire prévoit un solde positif de 2,8 Md€ en 2027 et de 4,8 Md€ en 2028. A vrai dire, nous avons du mal à le croire, non seulement parce que le gouvernement pourrait ne plus être là l’année prochaine, mais aussi parce que le Premier ministre Lecornu a montré qu’il savait ne pas tenir ses promesses.
Toujours est-il qu’il n’y a pas de quoi se réjouir car la dette de l’Unédic, qui devrait être de 61,5 Md€ cette année, resterait élevée en 2028 à 53,9 Md€. Les économies attendues sur les ruptures conventionnelles pourraient alléger la facture d’1 Md€ supplémentaire (à condition que le chômage ne reparte pas fortement à la hausse comme cela semble être le cas).
L’accord visant à durcir les conditions d’indemnisation des ruptures conventionnelles est critiqué par l’économiste Pierre Cahuc dans Les Échos parce qu’il pourrait avoir des répercussions sur les finances publiques. Il craint, en effet, que le texte entraîne des dépenses supplémentaires en matière de minima sociaux, de politiques de formation, d’aides à la création d’entreprise ou de dépenses fiscales. Il défend, par conséquent, le transfert de l’expertise de l’Unédic « vers la sphère publique » et « l’intégration des règles d’assurance chômage dans le cadre des lois de finances ». Pourtant les lois de financement de la Sécurité sociale montrent bien qu’elles ne permettent en rien de tenir les objectifs de dépenses (Ondam), ni de tenir compte de leurs conséquences, par exemple les déremboursements, sur les aides publiques.
Plutôt que de nationaliser l’Unédic, il faudrait privatiser l’assurance chômage. La perte d’emploi peut tout à fait être prise en charge par des assureurs privés, en concurrence les uns avec les autres. Assureurs qui, pour dépenser le moins possible, recourraient sans doute à des agences d’emploi privées pour aider les assurés à retrouver rapidement un travail. On pourrait alors supprimer aussi France travail (ex-Pôle emploi).
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