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jeudi 5 mars 2026

Le cuivre utilisé par les agriculteurs bio est plus dangereux que le glyphosate

Temps de lecture : 2 minutes

Contrepoints s’est régulièrement élevé contre l’interdiction – en l’absence d’alternatives – du glyphosate, autorisé partout en Europe et dans le monde et dont la toxicité n’est pas prouvée.

Celle du cuivre, en revanche, est de plus en plus démontrée. Utilisés, parfois de façon immodérée, notamment dans l’agriculture bio, les traitements à base de cuivre sont dangereux pour ceux qui les manipulent ou les épandent (troubles digestifs, atteintes hépatiques, effets pulmonaires, neurologiques ou sanguins). Ils déciment les micro-organismes utiles présents dans le sol, et sont néfastes pour la faune aquatique lorsqu’ils se retrouvent dans les cours d’eau du fait du ruissellement ou de l’érosion.

Ils sont, par ailleurs, souvent employés préventivement de façon systématique contrairement aux produits de synthèse dont l’action plus ciblée et curative permet de n’intervenir qu’en cas de nécessité. Or, au contraire de ces derniers et des fongicides organiques modernes, le cuivre tend à rester dans le sol et à s’accumuler. Par exemple dans les « sols viticoles, les concentrations de cuivre sont généralement 5 à 20 fois supérieures à la normale. À long terme, ces niveaux deviennent toxiques, non seulement pour les vers de terre et les micro-organismes, mais aussi pour les plantes elles-mêmes. Le cuivre finit donc par freiner la croissance des cultures… et menace la fertilité des sols qu’il était censé protéger. »

C’est pourquoi, en juillet 2025, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a rejeté 31 demandes d’autorisation de mise sur le marché de produits à base de cuivre, dont 20 utilisés notamment par les viticulteurs bio. Quant aux produits autorisés, ils sont soumis à de nouvelles restrictions d’usage.

En ce début novembre, la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB), France Vin Bio et la Confédération nationale des producteurs de vins à appellations d’origine contrôlées (CNAOC) sont montés au créneau pour demander la révision de la décision de l’Anses. D’ici là, ils exigent des dérogations car, comme le prétend la CNAOC, « Le cuivre reste la seule alternative pour se protéger du mildiou ». Des arguments qui ne sont pas sans rappeler ceux sur le glyphosate !

Cette affaire montre que le bio, comme nous l’affirmons régulièrement, n’est pas aussi vertueux qu’il le prétend. L’emploi du cuivre semble vraiment problématique pour l’environnement. On aurait aimé que tous les écologistes de France, mobilisés contre le glyphosate, manifestent aussi contre l’usage du cuivre. Mais nous savons que ce n’est pas la cohérence ni l’honnêteté qui les étouffent…

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22 réponses

  1. Un peu de rationalité dans le « lavage de cerveau » BIO, permet de modérer les ardeurs des consommateurs. Merci

  2. Ce n’est pas ma spécialité mais il me semble que le glyphosate n’est pas un néonicotinoïde, contrairement à ce que laisse entendre le début de l’article

    1. Oui, vous avez raison. Merci à vous et à tous ceux qui nous ont signalé cette malencontreuse « coquille » que nous avons immédiatement corrigée.

    2. Effectivement Glyphosate et néonicotinoïdes n(ont rien à voir.
      la similitude est que les deux produits sont contestés par de lames de fond comme « Sauver la planète » « Arrêtez l’ agrobusiness » « Tueurs de biodiversité » qui sont complétement déconnectés de la réalité. Comme vous le dites le cuivre n’est pas meilleur que ces produits

  3. Il me semble que les producteurs de betteraves s’élevaient plutôt contre l’interdiction des néonicotinoïdes que du glyphosate.

  4. bonjour
    Le glyphosate n’est pas un néocotinoide
    le premeir est un herbicide, les seconds sont des insecticides.

  5. Glyphosate et neocotinoïde: pas du tout la même famille.
    Glyphosate :
    • Herbicide systémique non sélectif.
    • Utilisé pour détruire les plantes en perturbant une voie métabolique essentielle (voie du shikimate).

    Néonicotinoïdes
    • Insecticides systémiques.
    • Utilisés pour lutter contre les insectes ravageurs en agissant comme agonistes des récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine.

  6. Attention : le glyphoste est un desherbant et les neonicotinoides sont des insecticides.
    Sur le fond : le cuivre est tellement polluant que cela conduit certains viticulteurs à sortir du bio

  7. Naturellement que le cuivre est plus dangereux que le glyphosate mais, dans votre article, vous mélangez tout:
    -Le glyphosate, désherbant non sélectif n’est pas un néonicotinoïde qui est un insecticide.
    -Le cuivre est un fongicide de contact qui est lessivé à la première pluie et doit être renouvelé, provoquant son accumulation dans le sol, alors que le produit systémique est absorbé par la plante qui l’éliminera au fil du temps(voir délai d’utilisation avant récolte) pour ne plus être présent à la maturité.
    -Enfin, les betteraviers n’ont pas réclamé pour l’utilisation du glyphosate(toujours herbicide) mais pour conserver l’imidaclopride(néonicotinoïde donc insecticide contre les pucerons).

  8. Le glyphosate n’est pas un néonicotinoïde, c’est un sel organique biodégradable en conditions biodégradantes (un sol vivant riche en champignons saprophytes). Le cuivre est un métal naturel indispensable en tant que oligo-élément mais très toxique en surdosage et accumulation. Tant que le surdosage est modéré, on peut le bloquer avec du calcaire et du sulfate de fer.
    L’hypocrisie du discours bio vient de la confusion entre « naturel donc forcément sans danger » et « chimique donc forcément polluant ». L’amiante est une roche naturelle redoutable par ses propriétés physiques. Le phosphate naturel est beaucoup plus riche en cadmium que le superphosphate qualifié « d’engrais chimique » et pourtant le premier fut autorisé en bio.
    Le glyphosate est un désherbant indispensable pour l’agroécologie. Le cuivre est un fongicide. Les néonicotinoïdes sont des insecticides. Les maladies fongiques et virales (celles ci transmises par les pucerons) restent les moins difficiles à traiter par les techniques agroécologiques et des molécules bio-recyclables. Les discours simplistes sont incompatibles avec l’agronomie et la biologie.

  9. Un complément aux commentaires précédents : le cuivre utilisé depuis des siècles, tant en bio qu’en agriculture conventionnelle est un anti-fongique. Il agit donc contre les champignons… Le glyphosate n’y peut rien, c’est un herbicide, et les néonicotinoïdes sont des insecticides. Cet article induit des CONFUSIONS très nombreuses. Il peut être un bon contre-exemple pour tous les étudiants en BTS agriculture.
    Donc, en agriculture, comme dans tous les domaines de nos sociétés devenues très techniques, cet article est juste un pourvoyeur de confusions qui évitent les vraies questions : pour la santé humaine, choisir le cuivre ou un fongicide de synthèse ? De qui dépendons nous pour le fabrication des diverses alternatives? Et enfin, la question centrale en agronomie comment progresser pour se passer progressivement des traitements curatifs, en implémentant des solutions préventives. N’oubliez pas vos « angles morts » argumentaires, et privilégiez toujours l’approche multi-critères à l’attaque frontale de certains de nos citoyens qui tentent comme la plupart des agriculteurs de vivre au sein d’une société bien complexe !

  10. De toutes les façons, les agriculteurs nous empoisonnent en prétendant travailler pour notre bien-être. Tant que le rendement est la base de la vie agricole, ça ne peut pas changer.

    1. C’est d’ailleurs à cause de ces empoisonnements agricoles que, en 2024, l’espérance de vie atteint 85 ans chez les femmes et 80 ans chez les hommes, contre respectivement 82 et 74 ans voici 30 ans….

  11. Du fait de la suppression de l’homologation de matières actives, les agriculteurs sont confrontés à de nouveaux défis pour lutter contre les mauvaises herbes. Alors, ils innovent : de plus en plus d’outils de désherbage mécanique ou thermique ultraperformants, quoique coûteux, apparaissent sur le marché. Dans quelques années, l’usage des herbicides chimiques aura beaucoup diminué et peut-être disparu, pour le plus grand bien de l’homme et de la nature.

    Voilà la démarche qu’il faut encourager plutôt que de se complaire dans une guèguerre bio /anti-bio stérile.

  12. Les autorisations de mise sur le marché ne sont pas des courses à l’échalote.
    Il n’y a pas de moins bonne ou de plus mauvaise solution, surtout si l’on tente en vain de comparer les mérites d’un herbicide avec ceux d’un fongicide.
    Si l’EFSA a reconsidéré les risques posés par le cuivre et ses sels, et impose de nouvelles restrictions, cela concerne tous les emplois. Avec les sels de cuivre, l’agriculture dite « bio » s’attribuait sans raison une dérogation à sa doctrine « pas de synthèse ». Pan sur le bec !

  13. Il n’y a aucun résidu de traitements de cuivre dans les sols,avec les traitements de cuivre modernes.Il y en avait en revanche,lorsque les vignerons fabriquaient eux même la bouillie avec les sels de cuivre et la chaux. A cette époque là seulement,il y avait des accumulations de cuivre et de chaux. Rep.

  14. Les écolos sont une secte qui sèment la peur et la culpabilité pour exister. En Allemagne l’utilisation du glyphosate est permise, par contre le nucléaire est interdit !!! Les gruenen sont de moins en moins crédibles.

  15. 20 réponses dont la plupart parlent de néonicotinoïdes, alors que le sujet de l’article est le cuivre, dont on retrouve des traces de plus en plus inquiétantes dans les sols arrosés avec un produit très populaire et dont le nom n’apparaît ni dans l’article, ni dans ces 20 réponses : la bouillie bordelaise.
    Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Bouillie_bordelaise : C’est un mélange d’eau, de sulfate de cuivre et de chaux. …. C’est un traitement préventif contre le mildiou utilisé dans les vignobles européens depuis 1885 et qui depuis a souvent conduit à des accumulation conséquentes voire écotoxiques de cuivre dans les sols de vignobles[2] ou dans les zones humides[3]. à leur aval.

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