La plupart des partis politiques ne jurent que par le référendum, expression de la volonté populaire, même si les votations référendaires sont rarement organisées. Faut-il vraiment que les consultations de ce type se multiplient ?
L’actualité référendaire nous amène, de manière très différente, en Italie et en Algérie. Giorgia Meloni a perdu son pari en échouant à faire adopter par le peuple italien sa réforme constitutionnelle controversée de la justice les 22 et 23 mars. De l’autre côté de la Méditerranée, le régime dictatorial algérien a, lui, évité le référendum en faisant voter le 25 mars directement par les deux chambres du Parlement (et à l’unanimité !) une révision constitutionnelle qui renforce les pouvoirs présidentiels.
A l’approche de l’élection du chef de l’État dans notre pays, les propositions référendaires fleurissent. Au risque de mécontenter nombre de nos lecteurs, nous témoignons d’un fort scepticisme sur ce type de mesures.
La Constitution de 1958 et les référendums
Rappelons tout d’abord que plusieurs dispositions de notre Constitution prévoient la possibilité d’user d’un référendum. Les plus connues se trouvent aux articles 11 et 89. Originellement, l’article 11 était un pouvoir partagé du président de la République (partagé et non propre car, du moins dans le texte, la décision présidentielle suppose, suivant les cas, une proposition du gouvernement ou une proposition conjointe des deux chambres du Parlement). Depuis une réforme constitutionnelle de 2008, un référendum peut aussi être organisé à l’initiative des membres du Parlement et des électeurs, mais dans des conditions tellement complexes que l’hypothèse est peu probable (effet voulu par les auteurs hypocrites de la réforme : prévoir la possibilité d’un référendum, mais s’assurer de son impossibilité pratique !).
Quant à l’article 89 de la Constitution, il est l’unique disposition du titre XVI justement consacré à « la révision de la Constitution ». Nous n’entrerons pas dans les détails, mais les plus anciens se souviendront des polémiques sur l’utilisation gaullienne de l’article 11 pour contourner la procédure de l’article 89 aux mains initiales des assemblées.
Référendum et populismes
La mode est au « peuple ». Ce qui est amusant, c’est qu’il n’est pas conçu de la même manière à l’extrême droite et à l’extrême gauche. Pour celle-là, le peuple est celui des « patriotes ». C’est le peuple des « Français de souche », à l’encontre des immigrés bien évidemment, mais aussi des Français de fraîche extraction. C’est le peuple contre les élites dites européistes, mondialistes, américanisées. Pour l’extrême gauche, le peuple est celui des « opprimés ». C’est le peuple des prolétaires, des immigrés, de la « Nouvelle France », des décoloniaux, des wokistes. C’est le peuple contre les élites, voire contre une élite unique, celle(s) des riches, des Blancs de souche, des exploiteurs ou de leurs descendants.
Que le populisme soit de droite ou de gauche, il en appelle logiquement au peuple français qui ne peut qu‘exprimer son bon sens en votant « bien » et qui doit pouvoir se prononcer plus ou moins fréquemment par le truchement du mécanisme emblématique de la démocratie pure : le référendum. Certes, l’objet des référendums ne serait pas le même suivant les extrêmes, ou du moins pas toujours. A l’extrême droite, il porterait sur l’immigration par priorité, plus largement sur l’ouverture des frontières et sur la coopération internationale, notamment sur les questions communautaire et européenne. A l’extrême gauche, il porterait sur les impôts à infliger aux riches et, en définitive, sur le spectre le plus large qui soit dans le cadre d’une république dite bolivarienne à la solde d’un dictateur néocommuniste.
Le caractère indispensable du référendum
Même si cela a pu arriver dans l’histoire de France, un changement de Constitution serait impensable sans que les Français se prononcent directement. Il en va de même pour les réformes majeures. En ce sens, les révisions constitutionnelles consécutives à la signature des traités européens successifs ont été manifestement défectueuses. En effet, si la procédure qui a suivi le traité de Maastricht a été convenablement menée (peut-être parce que le vote de la révision constitutionnelle a été positif…), il n’en a pas été de même du traité établissant une Constitution pour l’Europe. On se souvient que, rejeté en 2005 par référendum relatif à la révision constitutionnelle, le texte modifié qui est devenu le traité de Lisbonne a été accepté en Congrès en 2008 parce que Nicolas Sarkozy a refusé qu’il soit soumis à référendum.
Le caractère dangereux du référendum
Il n’en demeure pas moins que les référendums nationaux (nous ne nous prononçons pas ici sur la question des référendums au niveau local) sont loin d’être la panacée telle que nous la présentent les populistes de tout poil.
Il y a déjà une raison purement technique qui l’explique s’agissant de notre pays. Le fait que, en pratique, les référendums soient le monopole d’un président de la République tout puissant (quand il dispose d’une majorité à l’Assemblée nationale) par le biais de l’article 11 est déjà problématique. Les Français ont tendance à se prononcer non pas tant sur le texte en cause (car il doit s’agir d’un projet de loi et non d’une question, contrairement à ce que beaucoup croient) que sur la personne qui décide du référendum. Dans ce cas, il s’agit d’un plébiscite.
Mais il y a beaucoup plus important. Il ne faut pas oublier que les libéraux sont avant tout… des libéraux, et non pas des démocrates. Et s’ils sont démocrates, ils sont libéraux démocrates. Or, un référendum traduit ce qu’on nomme la souveraineté populaire. Autrement dit, un référendum fait l’objet d’une décision de la majorité des votants. Une majorité qui peut gravement errer et porter atteinte aux droits des minorités, à commencer par la plus petite d’entre elles : l’individu. D’autant plus qu’un référendum exige une réponse simple, par oui ou par non, alors même que les sujets sont le plus souvent très complexes, ce qui avive les risques de manipulation de l’opinion.
De plus, le résultat d’un référendum est censé exprimer la volonté du peuple, alors même qu’il s’agit presque toujours d’une minorité des inscrits. Le dernier exemple italien l’atteste : la participation, d’ailleurs assez élevée pour l’Italie, a été d’à peine plus de 55 %. Et en Suisse, les référendums rassemblent fréquemment moins de la moitié des inscrits. Les votes étant le plus souvent serrés, cela signifie en fait que les décisions sont prises par une majorité qui regroupe 20 à 30 % des électeurs. C’est que les citoyens apprécient de pouvoir se prononcer de temps à autre, mais qu’ils se lassent vite, hormis une minorité plus ou moins versée dans la politique.
Politique, le mot est lancé. Là encore, le libéral ne peut que tiquer. On oublie que l’extension du champ référendaire étend par là même le champ du politique. C’est là où des considérations de nature utilitariste peuvent être développées. De deux choses l’une. Soit le champ du référendum est contrôlé par la justice constitutionnelle, ce qui est le cas, par exemple, en France pour l’article 11 comme en Italie, si bien que les gouvernants ne peuvent pas faire n’importe quoi. Soit le champ du référendum n’a pas de limite, ce qui est le cas en France pour l’article 89, mais aussi pour l’article 11 lorsque ce dernier est utilisé de manière gaullienne (en évinçant donc la procédure parlementaire). Dans ce dernier cas, le chef de l’Etat est libre de demander aux Français de se prononcer directement sur n’importe quel texte. Supposons que le nouveau président de la République issu d’un parti d’extrême gauche – appelons-le Vladimir Illitch Mélenchon – décide de proposer aux Français l’adoption d’un texte qui spolie le 0,1 % des plus riches. Que pensez-vous qu’il arrivera ? Supposons que son successeur et hériter – appelons-le Boris Mélenchon – décide de proposer aux Français un texte qui spolie le 1 % des plus riches. Que pensez-vous qu’il arrivera ?
La démocratie doit être représentative par principe
N’en déplaise aux populistes, le mécanisme de l’élection est le meilleur, en tout cas le moins mauvais. La démocratie représentative démontre que la division du travail s’applique également au domaine politique. Quant aux citoyens, ils doivent pourvoir voter selon le mécanisme de la démocratie directe au plan national (encore une fois, nous ne traitons pas ici du plan local) sur les questions les plus importantes (grandes révisions constitutionnelles, questions internationales majeures) et seulement celles-là, sous peine de démagogie et de mise en danger des libertés, par définition individuelles.
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17 réponses
En Suisse le référendum est un contre- pouvoir contre une lois votée par un parlement fédéral, cantonal ou communal. Ce sont les citoyens qui décident d’en organiser un. Le gouvernement fédéral en organise quand il veut modifier la constitution. Il est obligé de consulter les electeurs.
Les droits des minorités sont bien moins violés que les initiatives populaires pour y inscrire des lois dans la constitution. C’est souvent utiliser par la gauche ou l’extrême gauche pour imposer des lois coercicives. Les faibles participations des électeurs suisses s’expliquent par le nombre de votations par année tant sur le plan fédéral, cantonal ou communale. Et en plus les élections. En France les municipales s’organisent à l’entier du pays sur deux week-ends. En Suisse pour les municipales chaque canton organise ses propres dates dans l’année. De même pour les élections des gouvernements et parlements cantonaux.
En somme, avec la démocratie représentative vous approuvez un fonctionnement qui se rapproche de celui des sociétés privées, dont la direction élue par les actionnaires.
On pourrait aller plus loin dans ce raisonnement, dans ces sociétés le droit de vote est proportionnel à la quantité d’actions détenues…
La démocratie representative se caractérise notamment par des élections régulières ( 1 citoyen = 1 bulletin de vote) donc strictement rien a voir avec une société privée
Oui, il faut multiplier les référendums bien conçus avec des débats largement partagés. Il faut faire confiance au peuple, ce qu’un parti libéral devrait faire, il me semble ?
Le référendum est l apanage des partis populistes car rien n est plus facilement manipulable surtout sur des sujets hautement inflammables, nous avons eu le grand débat post GJ, convention citoyenne pour le climat…..ou la gesticulation a été promue, mais aucune action tangible n est advenue
Les gaulois vivent au-dessus de leur moyen, donc on bosse plus pour dégager plus de valeur pour le pays ( retraite 67 ans, 40h hebdo….)
Si la solution consiste à multiplier les Référendum Bidon nul besoin d’en faire l’abstention sera énorme. Maintenant qu’il y ait un ou deux Référendum d’exception et d’importance ce sera oui à condition de ne pas arriver à la finalité Européenne du crétin nommé Sarko Ier
Le referendum est une illusion qui semble donner aux Français la maîtrise de leur destin mais qui est tellement bidouillable à volonté dans la question posée et l’interprétation du résultat, à cause de sa réponse binaire, qu’il en devient dangereux. Même en supposant que les votants répondent à la question posée, ce qui ne sera pas toujours le cas.
Déjà hier j ai proposé un commentaire à Monsieur Delsol au sujet de sa présentation des résultats des élections municipales.
Celui que je vous propose aujourd’hui serait a peu près de la même teneur.
En effet, dans un premier temps vous justifiez l inutilité des référendums au prétexte que seulement 20 à 30% prennent les décisions puisque la participation est faible. Avez vous effectuer une lecture précise du résultat des municipales ? Le niveau d abstention est encore record . Et on constate que les élus le sont en moyenne grâce au vote d adhésion de 20% des inscrits et de 10% supplémentaire en report de voix . Soit pas un nombre équivalent à celui que vous décrivez pour le référendum.
Par ailleurs vous craignez sans me dire que les votes soient des votes sanctions compte tenu du faible niveau d esprit politique en moyenne des français.
Alors peut être que le premier sujet est là.
Comment mieux informer , comment favoriser les conditions d une prise de décision éclairée ?
Le citoyen qu il vote ou non doit être responsable de sa décision. Aujourd’hui malheureusement le système encourage à l irresponsabilité. Car il est bien plus aisée de convaincre 20% de votants que 50%.
Enfin le premier référendum a organiser pourrait porter sur les conditions d accès a l organisation d un référendum car je suis d accord avec vous aujourd’hui les dés sont pipés.
Je vous souhaite une bonne journée
Quel que soit le mode d’expression populaire, la clé se situe dans l’éducation (et non le bourrage de crane) l’information (par des médias honnêtes et non propagandistes) et la qualité des représentants (des pas des rentiers de la fonction publique ou des braillard qui n’ont jamais rien crée).
Avant tout il faut régler ces trois problèmes.
En suite, la question ne se posera même plus…
Un sujet redondant !
Les politiques n’en veulent pas car ils ont peur.
Les français ne savent pas l’utiliser car ils en ont jamais eu l’occasion à part le fameux sur l’Europe qui a été dévoyé par un vote contre le gouvernement de l’époque !
Mais il reste indispensable si on veut avancer.
Un sujet bien expliqué est un sujet bien compris et le vote sera alors pertinent…
Et même s’il est mal compris, peu importe. Ce sera le choix des citoyens. Et ils ne tarderont pas à voir et à comprendre les effets de ce qu’ils ont voté. C’est très pédagogique, et le coup d’après ils anticiperont un peu plus, voire amenderont d’eux-memes leurs propres décisions.
Mais tout ceci sera leur décision, plutôt que celles de politiciens ayant promis « blanc » et ayant ensuite fait « gris » ou pire « noir » une fois élus !
L’irresponsabilité de la majorité des électeurs (ça ne coûte apparemment rien de voter n’importe quoi quel que soit le sujet) disqualifie a priori tout referendum, surtout d’initiative populaire: et il est suspect s’il émane du gouvernement. L’élection du Président de la République au suffrage universel prétendument « direct » est tout autant un leurre.
Le taux moyen de participation aux référendums en Suisse voisine avec les 45 %
Nous sommes bien loin d une expression populaire
Le franchouillard pense que les difficultés récurrentes du pays proviennent des institutions ( manque de référendum, trop d élus et d élite, 6 eme République……) mais surtout pas de lui……Le déni de réalité est une grande constante en France
Je partage complètement cette méfiance envers l’outil référendaire qui amène la quasi certitude du pire alors que le système actuel laisse encore une chance au « moins pire » (je n’ose pas écrire « le meilleur » car il y a belle lurette en France que les meilleurs ont quitté la politique).
Dans un pays où une gauche communiste et marxiste jusqu’à la moelle n’a pas fait son aggiornamento et se réclame encore de Robespierre et menace d’emporter le pouvoir grâce à ses idiots utiles socialo-centristes (de Faure à Philippe en passant par l’abominable Hollande), oui, le referendum est dangereux. A éviter !
Faut-il que les consultations de ce genre se « multiplient », demandez-vous ? Je n’avais pas remarqué que tant de référendums avaient été organisés ces dernières années.
En vérité, je n’avais pas encore le droit de vote lorsque le dernier a été tenu… Mais j’imagine que cette saine méfiance vis-à-vis du peuple qui vote systématiquement « contre » et « mal » vous convient parfaitement, monsieur Feldman…
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17 réponses
En Suisse le référendum est un contre- pouvoir contre une lois votée par un parlement fédéral, cantonal ou communal. Ce sont les citoyens qui décident d’en organiser un. Le gouvernement fédéral en organise quand il veut modifier la constitution. Il est obligé de consulter les electeurs.
Les droits des minorités sont bien moins violés que les initiatives populaires pour y inscrire des lois dans la constitution. C’est souvent utiliser par la gauche ou l’extrême gauche pour imposer des lois coercicives. Les faibles participations des électeurs suisses s’expliquent par le nombre de votations par année tant sur le plan fédéral, cantonal ou communale. Et en plus les élections. En France les municipales s’organisent à l’entier du pays sur deux week-ends. En Suisse pour les municipales chaque canton organise ses propres dates dans l’année. De même pour les élections des gouvernements et parlements cantonaux.
En somme, avec la démocratie représentative vous approuvez un fonctionnement qui se rapproche de celui des sociétés privées, dont la direction élue par les actionnaires.
On pourrait aller plus loin dans ce raisonnement, dans ces sociétés le droit de vote est proportionnel à la quantité d’actions détenues…
La démocratie representative se caractérise notamment par des élections régulières ( 1 citoyen = 1 bulletin de vote) donc strictement rien a voir avec une société privée
Oui, il faut multiplier les référendums bien conçus avec des débats largement partagés. Il faut faire confiance au peuple, ce qu’un parti libéral devrait faire, il me semble ?
Le référendum est l apanage des partis populistes car rien n est plus facilement manipulable surtout sur des sujets hautement inflammables, nous avons eu le grand débat post GJ, convention citoyenne pour le climat…..ou la gesticulation a été promue, mais aucune action tangible n est advenue
Les gaulois vivent au-dessus de leur moyen, donc on bosse plus pour dégager plus de valeur pour le pays ( retraite 67 ans, 40h hebdo….)
Si la solution consiste à multiplier les Référendum Bidon nul besoin d’en faire l’abstention sera énorme. Maintenant qu’il y ait un ou deux Référendum d’exception et d’importance ce sera oui à condition de ne pas arriver à la finalité Européenne du crétin nommé Sarko Ier
Dans un pays normal c’est la moindre des choses que de pouvoir s’exprimer par référendum sur les sujets majeurs qui risques de détruire le pays
Le referendum est une illusion qui semble donner aux Français la maîtrise de leur destin mais qui est tellement bidouillable à volonté dans la question posée et l’interprétation du résultat, à cause de sa réponse binaire, qu’il en devient dangereux. Même en supposant que les votants répondent à la question posée, ce qui ne sera pas toujours le cas.
Bonjour Monsieur Feldman,
Déjà hier j ai proposé un commentaire à Monsieur Delsol au sujet de sa présentation des résultats des élections municipales.
Celui que je vous propose aujourd’hui serait a peu près de la même teneur.
En effet, dans un premier temps vous justifiez l inutilité des référendums au prétexte que seulement 20 à 30% prennent les décisions puisque la participation est faible. Avez vous effectuer une lecture précise du résultat des municipales ? Le niveau d abstention est encore record . Et on constate que les élus le sont en moyenne grâce au vote d adhésion de 20% des inscrits et de 10% supplémentaire en report de voix . Soit pas un nombre équivalent à celui que vous décrivez pour le référendum.
Par ailleurs vous craignez sans me dire que les votes soient des votes sanctions compte tenu du faible niveau d esprit politique en moyenne des français.
Alors peut être que le premier sujet est là.
Comment mieux informer , comment favoriser les conditions d une prise de décision éclairée ?
Le citoyen qu il vote ou non doit être responsable de sa décision. Aujourd’hui malheureusement le système encourage à l irresponsabilité. Car il est bien plus aisée de convaincre 20% de votants que 50%.
Enfin le premier référendum a organiser pourrait porter sur les conditions d accès a l organisation d un référendum car je suis d accord avec vous aujourd’hui les dés sont pipés.
Je vous souhaite une bonne journée
Landret Tony
Merci pour votre intéressant commentaire
Quel que soit le mode d’expression populaire, la clé se situe dans l’éducation (et non le bourrage de crane) l’information (par des médias honnêtes et non propagandistes) et la qualité des représentants (des pas des rentiers de la fonction publique ou des braillard qui n’ont jamais rien crée).
Avant tout il faut régler ces trois problèmes.
En suite, la question ne se posera même plus…
Un sujet redondant !
Les politiques n’en veulent pas car ils ont peur.
Les français ne savent pas l’utiliser car ils en ont jamais eu l’occasion à part le fameux sur l’Europe qui a été dévoyé par un vote contre le gouvernement de l’époque !
Mais il reste indispensable si on veut avancer.
Un sujet bien expliqué est un sujet bien compris et le vote sera alors pertinent…
Et même s’il est mal compris, peu importe. Ce sera le choix des citoyens. Et ils ne tarderont pas à voir et à comprendre les effets de ce qu’ils ont voté. C’est très pédagogique, et le coup d’après ils anticiperont un peu plus, voire amenderont d’eux-memes leurs propres décisions.
Mais tout ceci sera leur décision, plutôt que celles de politiciens ayant promis « blanc » et ayant ensuite fait « gris » ou pire « noir » une fois élus !
L’irresponsabilité de la majorité des électeurs (ça ne coûte apparemment rien de voter n’importe quoi quel que soit le sujet) disqualifie a priori tout referendum, surtout d’initiative populaire: et il est suspect s’il émane du gouvernement. L’élection du Président de la République au suffrage universel prétendument « direct » est tout autant un leurre.
Le taux moyen de participation aux référendums en Suisse voisine avec les 45 %
Nous sommes bien loin d une expression populaire
Le franchouillard pense que les difficultés récurrentes du pays proviennent des institutions ( manque de référendum, trop d élus et d élite, 6 eme République……) mais surtout pas de lui……Le déni de réalité est une grande constante en France
Je partage complètement cette méfiance envers l’outil référendaire qui amène la quasi certitude du pire alors que le système actuel laisse encore une chance au « moins pire » (je n’ose pas écrire « le meilleur » car il y a belle lurette en France que les meilleurs ont quitté la politique).
Dans un pays où une gauche communiste et marxiste jusqu’à la moelle n’a pas fait son aggiornamento et se réclame encore de Robespierre et menace d’emporter le pouvoir grâce à ses idiots utiles socialo-centristes (de Faure à Philippe en passant par l’abominable Hollande), oui, le referendum est dangereux. A éviter !
Faut-il que les consultations de ce genre se « multiplient », demandez-vous ? Je n’avais pas remarqué que tant de référendums avaient été organisés ces dernières années.
En vérité, je n’avais pas encore le droit de vote lorsque le dernier a été tenu… Mais j’imagine que cette saine méfiance vis-à-vis du peuple qui vote systématiquement « contre » et « mal » vous convient parfaitement, monsieur Feldman…