David Cayla est un économiste et membre des « Economistes atterrés », que nous préférons appeler atterrants, un regroupement d’économistes antilibéraux qui a aujourd’hui du plomb dans l’aile du fait de ses déchirements internes, mais dont les membres ont toujours une aura auprès de beaucoup de nos médias. Le maître de conférences a donné un entretien substantiel à L’Humanité Magazine qui permet de faire le point sur le protectionnisme et, partant, l’inflation, selon ce courant viscéralement antilibéral.
David Cayla affirme d’abord que le retour en grâce du protectionnisme en France a été causé par la désindustrialisation et l’angoisse que cette dernière a générée, sans évidemment donner les causes profondes de cette désindustrialisation, à savoir un interventionnisme tous azimuts dû au socialisme, puis à l’écologisme.
Il expose ensuite ce que serait un bon protectionnisme par opposition au mauvais protectionnisme trumpien : « un protectionnisme mis en œuvre dans le cadre d’une bonne politique industrielle et d’une bonne politique en général ». C’est ce qu’il appelle le « protectionnisme intelligent ». Il serait, si l’on comprend bien, le fait d’un État stratège avec des hommes politiques (de gauche et de gauche radicale) omniscients. D’ailleurs, assure-t-il, « il existe des secteurs dans lesquels le protectionnisme est indispensable », à commencer par le secteur numérique, l’industrie automobile et l’agriculture. Il faudrait des « solutions européennes ou gratuites » (« gratuité » payée par qui ?!) dans le numérique, une industrie de voitures électriques pour remplacer les importations chinoises, l’instauration d’une « préférence locale » en matière agricole. Bref, un interventionnisme accru.
Pas un mot non plus sur le vol (et de fait l’impôt déguisé) que constitue l’inflation
Mais tout de même, demande benoitement le journaliste, tout cela ne va-t-il pas « faire flamber la facture pour les ménages » ? Pas grave, répond notre économiste atterrant ! « Une politique protectionniste entraîne un renchérissement des prix », ce qui est assumé car, au lieu de favoriser les intérêts des consommateurs comme le fait le libre-échange, « le protectionnisme rééquilibre les choses » (notre économiste se garde bien de dire que le protectionnisme favorise les producteurs au détriment des consommateurs et, plus précisément, qu’il favorise certains producteurs au détriment de tous les autres !).
« Cessons de diaboliser l’inflation », ajoute-t-il, car « le pari (sic) protectionniste, c’est que la hausse des prix s’accompagne d’une hausse de l’emploi et des salaires, permettant de compenser le renchérissement ».
On ne peut être qu’édifié par la « mise en berne » des droits de l’homme : pas un mot bien évidemment sur la violation de la liberté d’échanger ! Pas un mot non plus sur le vol (et de fait l’impôt déguisé) que constitue l’inflation, alors même qu’une monnaie devrait être stable !
Illustration de couverture © X
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10 réponses
L’atterré, »maître de conférence » fait de la pub pour ces bouquins,rien d’autre à retenir.Encore un ,prêt à affirmer que la dette maîtrisée de la France est un signe de richesse et de puissance.
Bonjour,
une des grandes difficultés dans l’évaluation de la politique économique conduisant à une relocalisation des activités industrielles (vues localement comme « désindustrialisation ») est de pouvoir (ou ne pas pouvoir prendre en considération (au moins deux éléments :
– une partie des partenaires agissent en dehors du cadre d’une économie libérale et donc la régulation par la liberté de localisation ne fonctionne pas ou fonctionne mal ; c’est le cas de la Chine notamment);
– quels que soient les effets de cette politique (et surtout s’ils sont socialement négatifs), le libéralisme repose sur un pacte qui intègre un engagement de solidarité qui pèse alors lourdement sur les finances publiques.
A méditer.
MW
OK
Y a t’il un seul véritable économiste en France ou n’avons nous que des marxistes inconscients de ce qui se passe dans le monde? Toutes les économies étatistes ont lamentablement échoué. Pas une seule n’a fonctionné.
Que de baratin de la part de ce monsieur dont je crois pouvoir affirmer sans grande crainte de me tromper qu’il n’a jamais travaille dans une entreprise , qu’il n’a jamais eu à embaucher ou licencier un collaborateur , qu’il n’a jamais construit un budget et moins encore un plan de financement .
Pauvre ignorant , souhaitons qu’il ne tombe pas du haut de son hautaineté , il se ferait mal.
Embaucher ou licencier en France est facile, sous réserve bien entendu d’y mettre le prix.
Je considère le libre-échange utile lorsqu’il nous permet d’importer ce que nous ne produisons pas ; néfaste dans le cas contraire.
Par conséquent, un protectionnisme intelligent consisterait tout simplement à ne pas permettre à des produits importés de concurrencer efficacement nos produits locaux, de quelque manière que ce soit. L’idéal serait de ne tout simplement pas les laisser entrer ; mais une taxation qui réduise drastiquement voire annule l’écart de prix est aussi une bonne solution.
Les libéraux hurlent aussitôt à ce genre de propositions qu’il s’agit d’une entrave à la concurrence… comme s’il n’existait déjà dans aucun pays, pour la majorité des produits considérés, une concurrence interne… Il suffira simplement de veiller à ce que ne naisse aucun monopole à l’intérieur des frontières.
Pour prendre l’exemple le plus flagrant dont souffre la France, notre production agricole est devenue excessivement dépendante de ses exportations parce qu’elle a totalement perdu le marché intérieur face à la concurrence étrangère : c’est une situation absurde qu’il ne serait pas idiot d’inverser. Plutôt que de trembler au moindre renversement de politique étrangère sur la scène internationale comme c’est le cas aujourd’hui.
Le protectionnisme, « intelligent » ou pas, est une violation des droits de l’homme, Monsieur.
La Chine a heureusement (pour elle) conjugué Communisme social et Capitalisme économique. Choix bâtard qui l’enrichit mais qui prive son peuple de la moindre liberté individuelle. Quelle chance nous avons de n’être pas Chinois mais pauvres.
Pour être intelligent le protectionnisme ne peut découler que du choix d’ acheteurs convaincus de Patriotisme. On ne saurait l’organiser mais on peut , moralement, en bénéficier.