Contrairement à ce que peut faire croire le titre, cet ouvrage n’est pas une histoire de l’impôt. D’autres l’ont fait, parmi lesquels l’auteur même dans Une histoire sociale de l’impôt (2010). Non, c’est une histoire du rejet de l’impôt, depuis la Révolution jusqu’à aujourd’hui, même si, seulement une dizaine de pages sont consacrées à la période depuis 1970.
Contrairement à ce que peut faire croire le titre, cet ouvrage n’est pas une histoire de l’impôt. D’autres l’ont fait, parmi lesquels l’auteur même dans Une histoire sociale de l’impôt (2010). Non, c’est une histoire du rejet de l’impôt, depuis la Révolution jusqu’à aujourd’hui, même si, seulement une dizaine de pages sont consacrées à la période depuis 1970.
Ce sera peut-être – espérons-le – dans un autre volume car il serait dommage de ne pas revenir sur la période marxisante de la France au début des années 1980 et le réveil de la société civile.
L’auteur retrace en détail l’histoire de cette contestation en commençant avec la « réhabilitation » de l’impôt en 1789 lorsqu’il n’était pas vraiment question de défendre les impôts de l’Ancien Régime. C’est alors que le prétexte de la redistribution fait son apparition sans pour autant convaincre beaucoup. Finalement, la Révolution et l’Empire vont donner naissance à un « régime fiscal mixte » avec des contributions indirectes et une centralisation administrative ainsi qu’une proportionnalité de l’impôt direct.
« Le Journal des économistes » est particulièrement actif dans la lutte contre la pression fiscale. Il dénonce régulièrement le « fonctionnarisme » de la France et son étatisme. En 1895, on peut lire dans le « Journal » que « Tout Français naît fonctionnaire. Vivre aux dépens du budget, s’épargner les luttes et les ennuis d’une carrière hérissée d’obstacles, porter un collet plus ou moins brodé, avoir une part, si infime soit-elle, d’autorité, obéir à des chefs et commander à des subordonnés, se laisser vivre dans la douce perspective d’une retraite assurée, tel est le rêve de l’immense majorité de nos contemporains ». Ce n’était qu’en janvier 1895…. C’est à cette époque que font apparition les premières Ligues des contribuables (Fédération française des contribuables, la Ligue des contribuables fondée par Jules Roche, le Comité de défense et de progrès social animé par Georges Picot et Anatole Leroy-Beaulieu (le frère de l’économiste) dont le but est de dénoncer les dangers du socialisme et du collectivisme). Le spectre de l’introduction d’un impôt progressif sur le revenu accentue les tensions. Dans les années 1880, les économistes libéraux (Gustave de Molinari, Yves Guyot) réunis dans le cadre de la Société d’économie politique sont tous hostiles à cet impôt qu’ils apparentent à de la « volerie graduée » et qui mènerait à ce qu’une seule minorité de contribuables payerait l’impôt. On ne saurait mieux dire.
On ne peut que regretter le balayage en seulement quelques pages de la période d’après 1945 et même pas la citation d’une association comme Contribuables Associés, l’héritière des Ligues du XIXe siècle. De même, quel dommage le parti-pris de l’auteur qui apparaît à (presque) chaque page : l’impôt c’est bien, les contestataires sont surtout des excités et ceux qui ne veulent pas se saigner pour le fisc sont forcément des fraudeurs. Un historien ne devrait pas se muer en justicier fiscal.
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