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mercredi 14 octobre 2026

Les enseignants privilégient plus que le reste de la population l’égalité des chances 

Temps de lecture : 2 minutes

Selon le sondage Ifop pour Ecolhuma, « Les attentes des Français et des enseignants à l’égard de l’École », 52 % des enseignants, contre 40 % des Français, citent la justice scolaire parmi les deux promesses prioritaires que l’École devrait porter à l’horizon 2035.

Cet écart de 12 points met en lumière une différence de priorités entre ceux qui travaillent au sein de l’institution et le grand public. Là où les Français placeraient d’abord la maîtrise des savoirs fondamentaux au premier plan, suivi de la promesse d’émancipation d’une voie librement choisie, les enseignants accordent plus d’importance à la réduction des inégalités scolaires. Le sondage, publié par l’Ifop, montre ainsi que l’objectif assigné à l’École ne se résume pas aux apprentissages, mais renvoie aussi, pour les professeurs, à une exigence plus forte de justice scolaire entre les élèves.

L’un des désamours d’une partie des Français avec leur école tient peut-être à cette différence de vision. Là où les parents attendent de l’école qu’elle forme d’abord des élèves aux savoirs leur permettant d’acquérir une autonomie une fois adultes, les enseignants privilégient une vision plus égalitariste, la réduction des inégalités étant beaucoup plus citée comme raison de choix par les enseignants que par le grand public (44% contre 26%). Faut-il y voir une explication de l’inflation du volume horaire que prennent les parcours éducatifs obligatoires au détriment de l’enseignement des fondamentaux ?

L’écart de perception s’inverse entre les professeurs et la population générale quant à leur avis sur l’objectif d’amener 80 % d’une classe d’âge au niveau du bac. Les professeurs sont ici plus majoritairement pessimistes et considèrent pour la plupart d’entre eux que « cet objectif a dévalorisé la valeur du bac et a renforcé la compétition scolaire dans l’enseignement supérieur » et qu’il « a conduit à l’effondrement du niveau général de l’enseignement pour permettre au plus grand nombre d’accéder au bac ».

Cette contradiction entre désir et réalité devrait certainement poser la question des objectifs de la politique de l’éducation, et remettre au centre le mérite, l’effort et l’acquisition de savoirs solides pour tous, afin de réconcilier à la fois les professeurs et les Français autour de la noble mission qui leur est confiée.

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