Journal d'actualité libéral
|
samedi 10 octobre 2026

Les lunettes sont-elles aussi dangereuses que les cigarettes ?

Temps de lecture : 2 minutes

Les lunettes et les aides auditives sont-elles subitement devenues aussi dangereuses pour la santé que le tabac ? C’est la question que l’on se pose immanquablement en apprenant que le gouvernement veut d’interdire toute publicité pour ces dispositifs médicaux.

Lunettes et aides auditives vont ainsi rejoindre les produits dont la publicité est strictement proscrite : les médicaments sur ordonnance, les actes médicaux et de chirurgie esthétique, les produits financiers hautement spéculatifs et le tabac bien sûr. Seront-elles plus sévèrement encadrées que les armes à feu ?

Les assureurs complémentaires seraient derrière cette interdiction, affolés qu’ils sont, non par la dangerosité des produits (nous voilà rassurés), mais par l’envolée des remboursements. Depuis l’instauration du 100% Santé, les dépenses des complémentaires pour les lunettes et les audioprothèses sont passées de 7,4 milliards d’euros (Md€) en 2019 à 10,1 Md€ en 2023. Pour les assureurs, il n’y a pas de doute, c’est la publicité qui encourage la « surconsommation ».

Les opticiens et lunetiers s’opposent évidemment à la mesure. Ils nient le fait que la publicité puisse avoir un effet sur la consommation d’un produit qui n’est délivré que sur prescription médicale. Comme le dit Patrice Camacho (Krys Group), cité par Les Échos, « Interdire la publicité ne fera pas disparaître les besoins visuels et auditifs des Français ». La publicité, au contraire, en mettant en évidence des offres concurrentes et les promotions, permet de réguler les prix. On peut aussi penser qu’elle incite à consulter un spécialiste, ce qui est bénéfique pour la santé des Français.

Les médias voient aussi l’interdiction d’un mauvais œil. Elle les priverait de 165 millions d’euros (M€) d’investissements publicitaires, dont 68 M€ pour la seule télévision. Soit 3% de son chiffre d’affaires.

Cette mesure devrait voir le jour rapidement : l’arrêté ministériel est attendu d’ici la fin du mois de septembre. Apparemment la promotion des substituts aux lunettes que sont les verres de contacts resterait possible. On se demande néanmoins où va s’arrêter cette folie prohibitionniste.

Quand on pense que l’Alliance contre le tabac (ACT) veut interdire la cigarette dans les films car elle inciterait à fumer, on en vient à craindre que les lunettes soient un jour, elles aussi, visées. Que donnerait, par exemple, un film sur les Beatles avec un John Lennon sans lunettes ? Et un film avec Woody Allen où il serait dépourvu de ses légendaires besicles, alors que l’acteur et réalisateur est, au contraire, une formidable publicité pour une consommation raisonnable : il porte le même modèle depuis l’adolescence !

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


15 réponses

  1. Le problème des lunettes est certainement plus grave qu’il n’y parait tant pis pour ceux qui en ont besoin, parce que les glandus Républicains sont obligés de suivre la mode et de changer les lunettes aussi vite que le téléphone. Reste que dans ce domaine des lunettes les merdias audiovisuels en porte une fois de plus une lourde responsabilité en l’occurrence les principaux intervenants qui change de lunettes selon leur humeur et la mode. Rien n’arrive par hasard.

  2. Le problème vient surtout des offres des opticiens qui promettent 1 ou 2 paires de lunettes « gratuites », idem pour les dispositifs d’audition « gratuits » pour un deuxième équipement.

    1. La 2e paire permet d’avoir des lunettes de soleil à sa vue, en quoi est-ce aberrant ? Une année ce sont des lunettes de piscine que j’ai prises, quand on est bien myope c’est plutôt utile dans un bassin croyez-moi.

  3. Trop de fonctionnaires = trop de sottises. Ils n’aiment pas s’ennuyer, mais tout ce qui est utile a déjà été fait, alors que voulez vous qu’ils fassent ?

  4. Si ce gouvernement d’incompétents pouvait s’occuper sérieusement de faire des économies et de la dette plutôt que de s’occuper de ce qui ne le concerne pas directement ce serait déjà un grand pas de fait. Pourtant il y en a un à faire : supprimer toutes les subventions diverses et « avariées »données par tous les niveaux de l’administration (état, régions, départements, « métropoles, communes avec l’argent du contribuable), les aides à des pays qui n’en ont pas besoin, réformer l’AME, vérifier l’utilité de toutes les agences d’état, contrôler les MNA (ceux qui n’en sont pas), interdire les subvenions à des ONG qui ont un « chiffre d’affaire » (Greenpeace par exemple). Cette liste n’est pas exhaustive.
    J’ai tout un tas d’exemple à disposition.

    1. Dit autrement, vous proposez de mettre au chômage ceux qui cotisent actuellement pour votre retraite ou bien vos clients si vous travaillez dans le privé, bravo!

  5. Il me semble que le problème ne concerne pas tant les opticiens et les lunettes que l’obtention d’un rendez-vous avec un ophtalmologiste ! Et là, ce n’est pas gagné !

  6. « Quand on pense que l’Alliance contre le tabac (ACT) veut interdire la cigarette dans les films »

    Il fut un temps où tout acteur mâle se devait d’avoir une clope au bec en permanence dans toutes les scènes de films….sans doute sous le haut patronage des cigarettiers et de la Seita. On passe d’un extrême à l’autre…

    1. La différence, c’est que la première question que va vous poser un opticien est « de quoi avez-vous besoin? » mais « quelle est votre mutuelle? » pour identifier les verres lui offrant les meilleurs marges sans que vous n’ayez un euro à payer

  7. Pol-Pot l’a dit : « toute personnes qui porte des lunettes est un intellectuel impérialiste… il faut déporter les porteurs de lunettes au goulag »… ah ah ah ! Notre république devient une farce…

  8. La publicité grand public des produits pharmaceutiques est en principe interdite. parce qu’ils sont dangereux? Exception majeure: les vaccins qui, selon ce critère, ne le seraient pas! Un bilan objectif de leurs coûts (publicité comprise) et intérêt (santé) serait instructif!

  9. Personne, ici, pour remarquer que ces sont les assureurs, et donc des acteurs PRIVÉS qui ont réclamé et obtenu la mesure ? L’État, toujours l’État… L’État n’est ici coupable que de son péché préféré, la faiblesse… mais il y en a d’autres à blâmer envers qui, étrangement, je ne sens ici que peu d’animosité…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.