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lundi 29 juin 2026

Les « spécialistes » français de la taxation des richesses s’exportent en Californie et font des émules au Parlement européen

Temps de lecture : 4 minutes

Gabriel Zucman n’a pas (encore) réussi à faire adopter sa « taxe » en France ? Qu’à cela ne tienne : il fait du forcing en Californie et auprès du Parlement européen.

Notre pays exporte de moins en moins et il importe de plus en plus. Mais, outre  Airbus, le secteur du luxe et les vins fins, nous pouvons aussi compter sur nos « spécialistes de la taxation des richesses ».

La « taxe Zucman »

Dieu sait si on a entendu parler de la « taxe Zucman » ! Invité quotidiennement sur les ondes du service public de l’audiovisuel, l’économiste s’est fait une réputation qui n’a presque plus rien à envier à celle de son mentor, le néocommuniste Piketty. En dépit du battage médiatique, aucune proposition d’« impôt plancher sur le patrimoine des ultra-riches » n’a été adoptée par le Parlement en 2024 ou en 2025. Gageons toutefois que tous les candidats de gauche et d’extrême gauche l’inscriront dans leur programme présidentiel en 2027, en se disputant l’honneur de l’amener au plus haut. Et ce, d’autant plus si une mesure de taxation des richesses était instaurée en Californie cette année.

Dans le viseur, les milliardaires californiens

Compte tenu de la baisse des financements fédéraux, le syndicat des travailleurs dans la santé a proposé en Californie l’instauration d’une taxe sur la fortune des milliardaires dont le produit financera  la santé des plus démunis. C’est là où nos sommités françaises sont intervenues. Emmanuel Saez et Gabriel Zucman, enseignants à Berkeley, ont aidé à formuler la proposition qui devrait être soumise à l’approbation des Californiens début novembre, le jour même où se tiendront les élections fédérales de mi-mandat. Nous verrons là si  la procédure référendaire, dont la plus grande partie de notre classe politique chante les louanges (du moins dans l’opposition ou avant les élections…), est vraiment la panacée tant vantée…

Il s’agit précisément d’une taxe unique de 5 % sur la fortune nette des milliardaires californiens, sans exonération possible, mais étalée sur cinq ans (et cinq ans seulement, mais on sait ce qu’il en est en matière de fiscalité où l’exceptionnel tend à devenir la règle…). Deux cent cinquante personnes se trouvent visées et bien entendu les promoteurs de la proposition en attendent monts et merveilles : 100 milliards de dollars de recettes.

Les deux « spécialistes » français livrent leurs recettes  

Emmanuel Saez et Gabriel Zucman ont donné à Libération (8 juin 2026) un long entretien qui vaut le détour, tant par la faiblesse que par la naïveté de leur argumentation, particulièrement celles du second.

Emmanuel Saez allègue avec angélisme le fait que  « Les milliardaires ont connu une telle explosion de leurs richesses qu’il suffit (sic) de les taxer pour trouver les fonds nécessaires ». Les sciences économiques et fiscales sont si simples !

Gabriel Zucman l’a surpassé. Il qualifie leur duo de « spécialistes de la taxation des richesses » : voilà un beau métier ! Il déroule l’argumentation qu’il n’a cessé d’utiliser lors des débats français de 2024-2025 : la fortune des personnes les plus riches a « explosé » et pourtant il s’agit de « la classe sociale la moins imposée ». Aussi convient-il d’œuvrer à l’adoption d’une « taxe adaptée à la réalité du XXIe siècle et à laquelle il est impossible d’échapper. »

Tout de même, n’y aurait-il pas un risque pour la pérennité de la Silicon Valley ? Les milliardaires ne vont-ils pas voter avec leurs pieds ? « Absurde », répond notre économiste rouge. D’ailleurs, « les arguments de fond contre le texte sont d’une pauvreté affligeante. » Et que va-t-il se passer le 3 novembre ? Gariel Zucman est optimiste comme tout utopiste d’extrême gauche qui se respecte : « Un pays va le faire, va démontrer que ça marche, que ça rapporte de l’argent, et ensuite ça fera tache d’huile ». Il s’agirait plutôt de savoir si ça ne fera pas tache tout court, mais nos lecteurs auront noté l’insigne profondeur de l’argumentation.

Pour finir, Gabriel Zucman ne pouvait faire l’impasse sur son « bébé », la célébrissime « taxe Zucman » qui lui vaudra peut-être « le Nobel ». Il va de soi qu’elle n’est nullement enterrée. En effet, il y a une « demande populaire et démocratique considérable », et d’ailleurs « la proposition d’impôt plancher de 2 % (le taux retenu dans la proposition française) est minimaliste ».

Mauvais, incontestablement mauvais !

Deux points nous frappent, à lire Gabriel Zucman et son compère. D’abord, à l’image des socialistes qui les ont précédés, ils négligent la nature humaine. Les petits idéologues qu’ils sont brandissent des chiffres monumentaux en termes de ressources induites. La réalité, c’est que ces impositions sont des miroirs aux alouettes parce que les contribuables sont toujours plus intelligents que les hommes politiques, la bureaucratie et leurs affidés.

Ensuite – mais ces deux constatations sont liées – ils illustrent parfaitement l’opinion de Friedrich Hayek pour qui « Il serait un mauvais économiste, celui qui ne serait qu’économiste ». Pas de doute, nos deux économistes sont mauvais.  Comme toujours, l’entretien ne comporte aucune incidente en matière de droits de l’homme. Les milliardaires sont réduits au rang de personnes taillables et corvéables à merci, de simples variables d’ajustement pour procurer des recettes supplémentaires qui, au demeurant, disparaîtront aussi vite des caisses de l’État qu’elles y sont entrées. C’est oublier que, milliardaires ou pas, les patrimoines et les revenus appartiennent par principe aux individus, et non pas à la puissance publique. La contribution commune n’est légitime que pour financer les actions légitimes de l’État. Malheureusement, les règles classiques de la fiscalité et des finances publiques ont depuis longtemps disparu sous les coups de boutoir des adeptes de la distribution des richesses et de leurs séides, non pas des économistes mais des « spécialistes de la taxation des richesses ».

Une « taxe Zucman » européenne ?

En dépit du caractère indigent et liberticide de sa « taxe », Gabriel Zucman fait des émules. C’est avec consternation que nous avons appris par un article récent (La Tribune, 20 juin 2026) qu’une délégation européenne avait fait le voyage en France en quête de nouvelles recettes communautaires. Au programme, entre autres, une rencontre avec l’Insoumis Eric Coquerel, président de la commission des Finances, et une visite à l’Observatoire  international de la fiscalité, dirigé par… Gabriel Zucman.

Un membre de cette délégation, le député italien de gauche Pasquale Tridico, président de la sous-commission des affaires fiscales et économiques au Parlement européen, a déclaré qu’il convenait « d’identifier de nouvelles sources de revenus européens » et il a dit tout le bien qu’il pensait de l’instauration d’une « taxe Zucman » au niveau communautaire. Le danger n’est donc pas seulement hexagonal, il existe aussi à Bruxelles et à Strasbourg, où les socialistes de tous les partis sévissent.

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