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mercredi 11 mars 2026

L’État, l’actionnaire parasite par excellence ?

Temps de lecture : 2 minutes

Le député LFI Aurélien Le Coq a eu ses « 15 minutes de célébrité » comme disait Andy Warhol quand il a déclaré à l’Assemblée nationale qu’un actionnaire du CAC 40 était un parasite « qui empêche que l’argent retourne dans l’économie réelle ».

Une telle définition ne s’applique-elle pas d’abord à l’État ? Comme nous l’apprend le dernier rapport d’activité de l’Agence des participations de l’État (APE), l’État a perçu 2,469 milliards d’euros (Md€) de dividendes en 2024. Un argent qui, loin d’alimenter l’économie réelle, est versé dans le budget général de l’État et contribue donc à la gabegie.

L’État est aujourd’hui encore actionnaire de 86 entreprises, d’Areva à Thalès, en passant par, Airbus, La Poste, Orange, Renault, Safran, etc. Au 30 juin 2025, la valeur de son portefeuille était estimée à 209,1 Md€.

L’APE se vante d’avoir « recentré le portefeuille de participations de l’État en définissant sa doctrine d’intervention et ses priorités stratégiques sur trois axes » dont le premier est la performance. Le rapport d’activité précise que, depuis 2017, l’agence cherche « systématiquement à rendre les entreprises de son portefeuille plus performantes sur les plans opérationnels et financiers ».

Qu’en serait-il s’il n’y avait pas eu ce recentrage sur la performance ? Car, comme chacun peut le calculer, le rendement du portefeuille de l’État n’est que de 1,18%, soit moins que le Livret A (1,7%), et moins que l’inflation (2%) en 2024. Et surtout bien loin des 5 à 7% que rapporte un placement diversifié en actions sur le long terme.

Si les participations de l’État rapportent si peu, c’est peut-être à cause du troisième axe de la stratégie de l’APE qui consiste à veiller « à ce que les entreprises soient exemplaires dans les critères sociaux, environnementaux et de gouvernance ». En transformant les entreprises en militantes de la RSE, l’État les détourne de leur mission (produire au prix le plus compétitif les biens et les services dont nous avons besoin) et les affaiblit.

Il serait peut-être temps que l’État se sépare petit à petit de ses participations. Cela rendrait un grand service aux entreprises et à leurs clients, mais aussi aux finances publiques.

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6 réponses

  1. Bonjour
    Comment l’auteur de l’article peut comparer le seul rendement des dividendes des participations de l’Etat, certes faible avec 1.18%, avec le rapport d’un portefeuille diversifié de 5% à 7% qui dans ce dernier cas inclut non seulement les dividendes mais également la plus value au travers de la revalorisation de l’actif concerné.
    Cette comparaison est biaisée car elle occulte la revalorisation des participations de l’Etat notamment au travers de l’évolution des cours de bourse pour ce qui concerne les actifs cotés.

    1. En-dehors de cette question de performance, je crois qu’il faut s’en poser une autre : est-ce le rôle de l’Etat d’être actionnaire d’une entreprise de téléphonie, ou d’une entreprise de production de voitures ? Pour moi dans un monde concurrentiel la réponse est clairement : Non.

  2. Non, monsieur, quand la presse spécialisée parle de rendement des actions, elle ne prend pas en compte la plus value au travers de la revalorisation de l’actif concerné comme vous l’écrivez.
    Regardez donc le palmarès de Bourosorama, vous verrez que BigBen Interactive a rapporté 33,33% en 2024 (rapport entre le dividende versé par action et le cours de l’action), Béneteau 18,04%, Carrefour 8,82%, Renault 6,46%, Sanofi 4,59%, Danone 2,75%, LVMH 2,26%… et plein d’autres 0%. Bine sûr, vous pouvez espérer gagner plus avec l’augmentation du cours de l’action… mais pour cela il faut vendre au bon moment.
    https://www.boursorama.com/bourse/actions/palmares/dividendes/page-6?DividendFilter%5Bmarket%5D=SRD&DividendFilter%5Bsector%5D=&DividendFilter%5Bvariation%5D=5&DividendFilter%5Bfilter%5D=&pagination_73875333=

  3. Une fois n’est pas coutume, j’ai pris conscience à la lecture de l’article que je ne suis pas forcément d’accord avec la conclusion, il ne me paraît pas forcément anormal qu’un état participe, à travers un fond souverain, au capital d’un certain nombre d’entreprises.
    Par contre, ce qui me fatigue, c’est d’entendre toujours les mêmes personnes pleurer, quand je sujet des dividendes est abordé, que « les actionnaires se gavent au détriment des travailleurs » en oubliant fort opportunément que leur très cher État, source de tout bienfait, n’est pas étranger au total des dividendes versés (ses administrateurs insistent peut-être auprès du CA pour augmenter le montant des dividendes…?), et en profite largement.

  4. En tant qu’ancien pétrolier, je suis frappé par le fait que les entreprises nationales ont servi de caisse noire aux partis (et parfois aux personnes) au pouvoir, alors qu’elles avaient été créées dans un but d’indépendance nationale.
    Les plus connues sont celles du Venezuela, du Mexique et de l’Algérie. Et, chez nous, et dans une mesure heureusement bien moindre : Elf
    Ces entreprises ont été tellement pillées par les gouvernements qu’elles ne sont plus en état de poursuivre normalement leurs activités, que la production baisse, que l’on appelle au secours des entreprises étrangères privées etc.

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